L'Alyah comme sur des roulettes : comment trouver un chiot labrador en Israël ?

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Notre labrador chocolat Végas a vécu 15 ans. Une merveille de chien, si doux et si tendre avec nous, et les enfants à leurs arrivées dans notre foyer. Il a même fait l'Alyah avec nous. Il m'a semblé que son embarcation a nécessité plus de paperasse qu'à nous quatre réunis. Mais je peux m'estimer heureuse qu'il ait échappé à la quarantaine.

Peut-être le changement de pays, de température, son âge avancé,...,Végas nous a quitté il y a trois ans. La tristesse était immense. Toute une page de notre vie qui se tournait. De quoi nous faire resurgir les beaux souvenirs en France avec lui. Créer un vide immense dans nos coeurs et notre maison.

Ce jour-là, notre décision était irrévocable. Plus jamais de chien, et encore moins un labrador. Il fut le seul, l'unique.

S'il y a bien une leçon que je retiens de l'Alyah, c'est de ne jamais dire jamais, JAMAIS.

Alors, comment puis-je re-signer pour un Labrador ?

Et bien c’est facile, il suffisait que j’emmène ma fille chez sa neurologue.

Cette dernière lui demande si elle a un animal de compagnie. 😱 Mais c’est quoi cette question ?
Enfin, on ne pose pas ce genre de question à une enfant de 9 ans ! Et qui plus est, une gamine qui a eu un Labrador chocolat (elle avait 5 ans à son départ. Je lui ai raconté qu’il partait à la campagne se marier. Il le méritait bien après 15 ans d’💓. Oui je sais, c’était pas hyper intelligent de ma part, mais je ne pouvais pas gérer sa tristesse et la mienne à ce moment-là) et 3 chats sauvages israéliens qui ont répondu à l’appel de la nature (eux ils m’ont bien fatiguée par contre).

Donc, revenons à notre rendez-vous avec la neurologue. Elle me fixe alors et m’explique, devant ma fille bien sûr, que la présence d’un animal, et plus particulièrement d’un chien, est très importante d’un point de vue cognitif pour les enfants épileptiques. Bla, bla, bla, bla, bla, …

Merci Docteur de m’avoir demandé mon avis avant d’en parler devant ma fille.

RAK BE ISRAEL ! (RIEN QU’EN ISRAEL)

Du coup, je m’empresse de demander conseil à son pédopsy qui me confirme que ça peut beaucoup l’aider sur nombre de plans. Il m’achève en m’affirmant que ça sera sans doute un « médicament » pour elle. Voilà, voilà…

On commence timidement à regarder les chiots à l’adoption. Et puis BAM, le confinement commence. Frustration maximale chez une petite fille hypersensible, complètement surexcitée à l’idée de pouvoir serrer son chiot à elle dans ses bras.

Vous pensez bien que devenus israéliens, on ne se laisse pas démonter par si peu.

On tente toutefois de convaincre notre fille de choisir un petit chien que l'on pourrait mettre dans un sac ... Mais NON, rien à faire, il ne peut être que Labrador.
Alors, j'impose ma condition : ce sera une femelle, peut-être moins susceptible de sauter sur tous les chiens de la ville pour affirmer sa domination et marquer son territoire à chaque centimètre carré. Ok, c'est ok, c'est parfait.

Dès lors, on trouve un éleveur privé dans le Sud du pays. Les chiots sont prévus pour bientôt. Mon mari pense s'être entendu avec l'éleveur pour qu'il nous appelle dès sa naissance.
Deux mois passent, et la tension monte entre le confinement et l'attente de sa petite labradorette. Quand mon mari l'appelle pour prendre des nouvelles de la portée, l'éleveur lui balance qu'il n'a plus de chiens. Tous ont été vendus.

On s'était pourtant mis d'accord, il devait nous appeler. Encore une belle erreur de débutant de notre part. Malgré nos cinq ans d'Alyah, comment avons-nous pu nous fourvoyer en comptant sur l'intégrité et la bonne foi de l'éleveur. Nous aurions dû le harceler chaque semaine pour nous rappeler à son bon souvenir.

Action,..., réaction ; voici un adage devenu vérité générale ici. A force de devoir rebondir, on a la sensation physique d'être montés sur ressorts

Bref, on trouve sur Google le site de l'élevage national des Labradors en Israël. Bha oui, on aurait dû commencer par là. Croyez-moi, nous en avons conscience. Il se trouve dans le kibbutz Afikim à Tibériade. L'élevage s'appelle Afikim Kennels.

Dès la premier contact, il nous semble que la dame, Ruthi, est très sérieuse. Elle nous inscrit sur sa liste de femelle pour la prochaine portée prévue en mai dernier.
Mai arrive à petits pas, l'impatiente grandit, et je passe mon temps à dire Salvlanout (patience) à ma petite fille qui se désespère de trouver le temps si long.
"Ma chérie, la maman doit accoucher, et les bébés ont besoin de passer ce temps vital pour eux et leur mère ensemble pendant 8 semaines. On appelle ça le sevrage. etc." Oui, elle comprend le principe, mais ne peut accepter l'idée qu'elle aura dû attendre six mois en tout, c'est si long quand on est impatient.

Bon, ici je vais accélérer un tantinet mon histoire. Un mois après leur naissance, Ruthi connaît enfin le sexe des chiots. Et oh stupeur, il n'y a pas assez de femelles. Nous devons attendre la prochaine portée. Vous n'imaginez pas notre tête, à mon mari et moi. On croyait être septième sur la liste d'attente alors que nous étions que dixième. Comment on va lui annoncer ça ???????

Je craque, je m'énerve et je tente le tout pour le tout : je lui raconte l'histoire de ma fille. Je lui demande si une âme sensible accepterait d'échanger sa place avec la nôtre... Le hessed -bonté- est une deuxième nature chez nombres d'israéliens. Alors, je tente ma chance, je fais ma houtspanit, pour une fois.

Mais l'israélien est aussi celui qui va vous passer devant, quitte à vous bousculer jusqu'à vous faire tomber par terre, où laisser femmes enceintes et personnes âgées debout dans le bus ; sachant de plus, que le bus ici est une sorte d'engin de course qui vous amènera certes à bon port, mais dans un état second, vous rendant vaseux pour tout le reste de la journée. Je comprends pas pourquoi tous les chauffeurs de bus ont besoin de piler à chaque feu rouge, tandis qu'ils pourraient ralentir progressivement pour le bien-être de leurs passagers. Le quoi ? Bien-être ? De quoi elle parle celle-là ? Elle se prend pour la Reine d'Angleterre ou quoi ?

Bon, une petite digression qui en dit long sur la réponse de Ruthi. Elle nous rappellera en Juillet, point barre et raccroche. Je boue, je craque dès que ma fille pleurniche d'impatience à cause de sa fatigue chronique, etc. Je fais appel aux grands moyens, et je mandate mes deux cousines germaines israéliennes depuis trente ans de prendre le dossier en main, chacune à tour de rôle à des moments critiques de l'histoire. Ejection en beauté. "C'est quoi ces gens qui font appeler leur famille pour me parler en hébreu", s'énerve Ruthi.  Ohoh la Ruthi, faudrait pas la contrarier de trop. Alors on attend.... ein ma laassot - que faire d'autre -.

Quand enfin, début Août, elle appelle pour nous annoncer la naissance de la petite femelle et nous avertir qu'elle sera sevrée en septembre, nous jubilons de bonheur. Ruthi est merveilleuse, extraordinaire, elle est réglo, vous rendez-vous compte ? Merci Ruthi, merci d'avoir tenu parole. Merci.

Quand je vous disais l'autre fois qu'on finit par recevoir tout événement heureux comme un miracle ici, tant tout peut être incertain. Merci Ruthi, merci Hechem.

Mais seulement voilà, un matin, tôt, Ruthi appelle. Les enfants dorment encore. A la tête de mon mari, je comprends. La petite chienne est malade, très malade. Elle a attrapé un virus très grave qui est courant au Moyen-Orient, le parvovirose.

Elle meurt quelques heures plus tard, pauvre petit coeur. On se met à pleurer chacun dans notre coin. Toute cette histoire, toute cette attente, on s'est attachés à elle. Notre fille l'avait nommée. On regardait chaque jour sa photo, et on se préparait à elle. Elle était déjà présente dans notre maison à force de parler d'elle, de l'appeler. Je ne voulais rien dire à notre fifille. Sa chienne morte après six mois d'attente interminable ? Non, impossible de lui faire ça... Mais que faire ? Que dire encore ? Sinon prier.

Quelques heures plus tard, Ruthi rappelle. Etrange. Elle a une solution immédiate à nous proposer. Par miracle, un client a annulé sa réservation ce matin même. Un labrador mâle de deux mois est prêt à quitter l'élevage. Sinon, il nous faudrait attendre encore trois mois avec l'incertitude liée aux inévitables aléas de la nature. Minachamaim.

On dit OUI, OUI, Oui et tant pis pour les reniflages d'odeurs et les bastons de mâles dominants. On doit l'éduquer sérieusement celui-là, alors tout ira bien. On s'interroge tout de même sur l'histoire qu'on va bien pouvoir raconter à notre louloute. On choisit l'option la plus invraisemblable. Et ça marche.

"Ruthi s'est trompée chérie, il s'agit d'un mâle et figure-toi qu'on peut aller le chercher demain." Explosion de joie, de pleur, toute la palette des émotions nous gicle à la figure. On est heureux et on compte bien tous en profiter. Force est de reconnaître que ces bêtes nous touchent et quand on est une famille à chien, c'est pour la vie. Alors pourquoi pas partir vivre à la campagne et faire un élevage de labradors ? Plus rien ne me surprendrait en Israël, croyez-moi.

Voici, en images, notre petit voyage à Tibériade.

En prenant cette photo, je ne m'étais pas rendue compte de la poubelle à ciel ouvert. Ca vous choque vous aussi ?

Simba

Entre paysage lunaire, landes anglaises (celles que m'ont inspiré le livre Le chien des Baskerveille de Arthur Conan Doyle), et montages siciliennes. Un paysage à couper le souffle qui émeut toujours par la force de son histoire, par le son du silence qui résonne et bourdonne dans nos oreilles citadines. Nous avons traversé la forêt Suisse qui sentait l'Eucalyptus.

Ruthi s'est révélée être une femme fantastique. Nous n'en doutions pas, mais disons que le premier abord aura été un tant soit peu corrosif.

Elle nous suit par téléphone, nous conseille, répond à la moindre de nos question. Elle est devenue douce, aimable et attentionnée.

Simba 💛  est un labrador magnifique, d'une gentillesse surprenante. Très joueur et rigolo. Il adore sa nouvelle famille et son nouveau copain Cosmo, le chaton noir que nous avons recueilli en juin.

Je vous souhaite à tous un merveilleux chabat emplit de Lumière. Je vous avoue que la lumière de Tibériade a laissé une douce chaleur en moi, et que je songe déjà au jour où nous pourrons y passer quelques jours tous ensemble. Il faudra bien retourner voir Ruthi d'ici les cinq mois de Simba, pour entamer son dressage de chien d'enfant épileptique.😘

PS : oui parce qu'elle nous a avertis, 80 % des personnes qui proposent des cours d'élevage à TLV sont bidons. J'ai opté pour un cours en ligne, 21 jours pour lui apprendre le b.a.-ba  avec Vincent d'Educ dog et le plus dur chez Ruthi.

Mél

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