La peine de mort est-elle une valeur juive?

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La peine de mort rejoint-elle les valeurs juives?

Bien qu'une grande partie de la communauté juive américaine s'oppose à la peine de mort, une question ayant récemment fait les manchettes suite aux cas d'exécutions prévus en Arkansas, soulève que la notion de peine capitale a ses racines dans la Bible et est mandatée par les rabbins de la Torah.

La question a suscité de nouveau un débat en avril lorsque l'État de l'Arkansas a annoncé qu'il prévoyait d'exécuter huit détenus dans le couloir de la mort d'ici la fin du mois,  précipitation justifiée par la prochaine date de péremption du midazolam, l’une des substances utilisées pour mettre à mort les condamnés.

Lundi, la Cour suprême a bloqué deux des exécutions, quelques heures seulement avant qu'elles ne se déroulent. Celles-ci auraient été les premières de l'Etat depuis plus d'une décennie. La bataille juridique sur le sort des condamnés à mort est en cours.

Le rabbin orthodoxe Allen Schwartz de la Congrégation Ohab Zedek sur l'Upper West Side a déclaré que, si la Torah en appelle la peine de mort pour de nombreuses violations, elle est utilisée avec beaucoup de prudence et  sert plus de phénomène dissuasif.

"La Torah dit que si un Juif est mis à mort une fois en l’espace de 70 ans, ce siècle est considéré comme sanglant", a-t-il déclaré. "La peine de mort a été rarement promulguée."

Alors que dans les textes, les crimes comme l'adultère et la violation du Shabat étaient passibles de la peine capitale, aujourd'hui cette peine est principalement réservée au meurtre.

"C'est clairement le pire des péchés", a déclaré Schwartz. "Les personnes dans le couloir de la mort en Arkansas sont là pour avoir pris une vie, pas pour de la vente de drogues. Le pays ne tuerait pas Bernie Madoff pour avoir volé 65 millions de dollars. Il va passer le reste de sa vie en prison certes mais il ne sera pas condamné à mort".

Le rabbin Mark Wildes du Manhattan Jewish Experience, une communauté pour les jeunes juifs à New York, a ajouté que, pour décider d’une exécution, «la loi juive exige tant de poursuites que dans la réalité, c’est presque impossible à réaliser".

Manifestation contre la peine de mort à Little Rock, Arkansas, le 14 avril

Manifestation contre la peine de mort à Little Rock, Arkansas, le 14 avril

"Pour favoriser la peine de mort en tant que juifs, le système juridique américain devrait exiger plus de preuves que celles exigées par le système américain actuel, afin d'assurer un plus haut niveau de certitude", a-t-il déclaré.

Mais selon Schwartz, alors que la peine capitale pourrait être débattue pour les péchés autres que le meurtre, «le vol d'une vie est quelque chose de si grave qu'aucune punition ne peut l'expier».

Néanmoins, les rabbins ont convenu que le risque d'exécuter une personne innocente ne devrait pas être pris à la légère.

En outre, le judaïsme se concentre fortement sur l'idée de la teshuva, la repentance pour ses péchés, une idée qui semble souvent entrer en conflit avec la finalité de la peine capitale.

Le judaïsme croit en le fait de donner autant d'opportunités que possible aux condamnés pour se repentir ", souligne Wildes. "Il n'y a vraiment aucune notion de punir pour punir dans le judaïsme - tout cela permet à la personne condamnée de se réparer spirituellement et de manière éthique".

Bien que la repentance soit une partie indispensable du processus de réadaptation, Schwartz croit qu'elle peut aller de pair avec l'exécution.

"Si quelqu'un a commis un meurtre sans équivoque, une partie de sa teshuva est tuée", a-t-il déclaré.

Si les exécutions en Arkansas ont finalement lieu, elles représenteraient un grand pas en arrière pour les États-Unis. Selon les données publiées la semaine dernière par Amnesty International, le nombre d'exécutions a considérablement diminué dans le pays au cours des dernières années.

En 2016, seulement 20 exécutions ont été effectuées aux États-Unis, le chiffre le plus bas depuis 1991.

Pour la première fois en 10 ans, les États-Unis n'étaient plus l'un des cinq plus gros bourreaux mondiaux, tombant à la septième place. La plupart des exécutions ont eu lieu en Chine, en Iran, en Arabie Saoudite, en Irak et au Pakistan - dans cet ordre.

Source : Jpost

Vos réactions

  1. ingrid.anderhuber@yahoo.fr'Ingrid Israël-Anderhuber

    La peine de mort est-elle une valeur juive ?

    A ce sujet, voyons, à partir d’un exemple BIBLIQUE – je dis bien BIBLIQUE – ce que nous pouvons en dire. Voici donc…

    « Jésus se rendit de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. Il s’assit et les enseignait.
    Alors les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu et disent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
    Moïse, dans la loi, nous a prescrit de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre.
    Comme Ils persistaient à le questionner, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre.
    De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre.
    Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers, et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
    Alors Jésus se redressa et lui dit : Femme, où sont tes accusateurs ? Personne ne t’a-t-il condamnée ?
    Elle répondit : Personne, Seigneur. Et Jésus lui dit : Moi non plus je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus. » (Bible, section « Nouvelle Alliance », Bonne Nouvelle selon Yohanan, chapitre 8)

    [Nota bene : Dans la loi de Moïse, la peine de mort s’appliquait à l’homme comme à la femme surpris en flagrant délit d’adultère. Les DEUX coupables étaient soumis à la même peine. C’était la loi divine. Or, ici, s’il est bien question de flagrant délit d’adultère, et de loi divine, cependant où est l’homme avec lequel la femme a commis l’adultère ? Et ces hommes parlent de devoir appliquer la loi !]

    Ici il est manifeste que la peine capitale est une valeur non pas juive mais divine.
    Et il est également manifeste que des hommes religieux s’arrogent le droit de la détourner à leur avantage…

    Aujourd’hui, dans cet article, il est dit : « Alors que dans les textes, les crimes comme l’adultère et la violation du Shabat étaient passibles de la peine capitale, aujourd’hui cette peine est PRINCIPALEMENT RESERVEE AU MEURTRE. »
    Donc RIEN N’A CHANGE ! Les hommes, des religieux aussi dans le cas de cet article, arrangent la loi à leur gré…

    En conséquence, si effectivement la notion de peine capitale, mandatée aujourd’hui par les rabbins de la Torah, a bien ses racines dans la Bible, cependant seules des consciences visitées par l’ESPRIT DE DIEU, Celui-là même qui animait Jésus, et que Jésus seul donne, sont à même de pouvoir arbitrer JUSTEMENT des condamnations…

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