La commission sur les sectes découvre 18 enfants

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                      La commission sur les sectes découvre 18 enfants

PARIS - Plusieurs membres de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes ont découvert mardi au cours d'une visite inopinée dans une communauté biblique 18 enfants "coupés du monde", qui ne vont pas à l'école, ne jouent pas, ne sortent pas et "ne connaissent même pas Zidane", ont-ils dit au cours d'une conférence de presse.

Le président de la commission, Georges Fenech (UMP), le rapporteur Philippe Vuilque (PS), le vice-président Alain Gest (UMP) et le secrétaire du bureau Jean-Pierre Brard (app-PCF) se sont rendus à Tabitha's place, une communauté installée à Sus-Navarrenx, près de Pau (Pyrénées atlantiques) pour enquêter avec l'inspecteur d'académie sur le cas de 14 enfants non inscrits à l'école. Visiblement émus et "secoués" par leur visite, ils ont trouvé 18 enfants, âgés de 6 à 16 ans, qui sont censés être scolarisés sur place. Ils disent avoir constaté que les enfants savaient lire mais qu'ils ne restituaient pas convenablement le sens de ce qu'ils avaient lu. Ils ne sont pas vaccinés, n'ont pas de contacts avec les enfants extérieurs à la communauté, ignorent internet, le cinéma, la télévision et ne sortent qu'occasionnellement pour accompagner leurs parents quand ils vendent sur les marchés les produits du jardin, selon la même source.
 
La petite délégation a pu parler - sans témoin - avec une adolescente de 18 ans qui a un peu décrit les conditions de vie de la communauté. Un médecin scolaire a examiné les enfants et les a trouvés à peu près en forme à part quelques déficiences visuelles. La délégation a aussi posé des questions hors programme scolaire, ce que ne peut pas faire l'inspecteur d'académie. C'est ainsi que les parlementaires ont constaté que les enfants n'avaient pas idée du monde extérieur et qu'ils ne connaissent ni Zidane, ni les Beatles, ni aucun chanteur actuel, qu'ils n'utilisaient pas internet et globalement avaient peur du monde extérieur, dont ils parlent en disant "chez vous".
 
On ignore combien de personnes vivent dans la communauté et leurs liens familiaux. Aucun des adultes ne travaille en dehors de la communauté. Celle-ci vit surtout de la vente de légumes et d'artisanat (mobilier de jardin notamment). Le président de la commission a convenu qu'il était actuellement sans pouvoir face à la situation parce que la communauté se retranche derrière le droit de scolariser les enfants à domicile, ce qui est légal. On ne constate pas de maltraitance physique envers les enfants. Il a indiqué que la commission, qui rendra son rapport le 19 décembre, ferait des propositions pour que "les pouvoirs publics puissent libérer ces enfants de l'enfermement psychologique".
 
Il faut avoir les moyens, estime-t-il, de mieux évaluer le nombre d'enfants qui échappent au système scolaire et de connaître leur situation psychologique. La communauté de Tabitha's Place, également connue sous le nom d'"Ordre Apostolique", fait partie du mouvement fondamentaliste américain Communauté du Royaume du Nord-est des Frères de Plymouth, dont les membres affirment suivre strictement la Bible. Ele est installée dans le manoir de Navarrenx, à Sus, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), depuis une vingtaine d'années et compterait une centaine de personnes.
 
Le mouvement compte douze implantations dans le monde, en référence au 12 tribus d'Israël. Il y en a quatre aux Etats Unis, les autres étant en France, Brésil, Argentine, Royaume-Uni, Canada, Espagne, Australie et Allemagne. Celle de Tabitah se considère elle-même comme la tribu de Ruben. Sur son site internet (www.douzetribus.com), la communauté déclare que ses membres "obéissent à la Bible et s'efforcent de vivre comme la première église". La communauté possède des commerces, restaurants, boulangeries et vend aussi de l'artisanat. Au chapitre "nos conflits juridiques" de son site internet, la communauté signale que "donner au système scolaire une part de responsabilité dans l'instruction de nos enfants serait une infidélité envers Dieu. Toute collaboration avec le système éducatif reviendrait à accepter de compromettre notre conscience".

 

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