Jungle des locations en Israël: vous voulez l’appartement, rachetez-nous le canapé

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Jungle des locations en Israël: vous voulez l’appartement, rachetez-nous le canapé

"L'entrée dans l'appartement est conditionnée par l'achat d'un canapé et d'une armoire pour la somme de 1 500 NIS"; "La priorité sera donnée à ceux qui achètent le climatiseur pour 2 000 NIS".

Ces exigences / demandes sont connues de tous ceux qui cherchent un appartement à louer, en particulier dans une zone recherchée comme la ville de Tel Aviv. Il s'agit généralement d'une tentative des résidents qui partent de se débarrasser de l'équipement dont ils n'auront pas besoin (ou ne peuvent pas prendre) dans l'appartement suivant, en faisant assumer une partie des coûts aux locataires suivants.

Et comment forcent-ils ces locataires à acheter ce qui ne les intéresse pas nécessairement ? Le rachat de l'équipement est une condition pour l’entrée dans l'appartement ou l’obtention des coordonnées du propriétaire de l'appartement. Amit de Tel Aviv a déclaré: «J'ai dû acheter une vieille armoire et un vieux canapé pour 1000 NIS, pour que mes coordonnées soient transférées au propriétaire de l'appartement ... Il y avait 20 autres personnes qui visitaient et je le voulais vraiment. Alors j’ai accepté.  J'ai jeté le canapé tout de suite, il était si vieux que je ne comprenais pas comment on pouvait s’asseoir dessus. J'ai utilisé l’armoire quelques années, même si elle était loin d'être neuve. Ensuite je l'ai donnée, car demander de l’argent me semblait impensable".

En fait, dans de nombreux appartements, un cercle de contraintes est crée,  qui oblige tout le monde à acheter de l'équipement dont ils n'ont pas besoin pour des centaines, voire des milliers de shekels. Limor de Tel Aviv: "Nous avons dû acheter des armoires, une table et un salon pour 1200 NIS, et quand nous avons quitté l'appartement, nous avons simplement vendu le même équipement aux locataires suivants, pour 1000 NIS."

Mais puisqu'il n'y a pas d'entente contractuelle entre le locataire sortant et le locataire entrant, les frais sont relativement faciles à éliminer, même si un consentement verbal est donné pour l'achat de l'équipement. Abigail, par exemple, a convenu avec le locataire sortant de lui payer la somme demandée, mais elle a simplement évité de la régler.

Forcés de racheter meubles ou électroménager pour avoir l'appartement

Forcés de racheter meubles ou électroménager pour avoir l'appartement

"Le locataire que j'avais remplacé m'a demandé de payer environ 800 NIS pour les canapés du salon et la machine à laver, et quand je suis entrée, j'ai vu que la machine était moisie et je n’ai pas utilisé le canapé. Il l'a placé comme condition pour entrer dans l'appartement et j'ai accepté. Lorsque j'ai aménagé, il a essayé de me poursuivre en m’envoyant des messages que j'ai simplement évités.

"Nous l'avons vu comme des frais d’agence"

On pourrait penser que ce sont des personnes malintentionnées qui n'existent qu'à Tel Aviv, mais il y a aussi d'autres cas dans d'autres villes. Hila d'Herzliya devait acheter auprès du locataire sortant une armoire pour 4 500 NIS. Daniel de Ramat Gan a été contraint d'acheter un four pour plusieurs centaines de shekels auprès du locataire sortant, et les exemples ne manquent pas dans d'autres villes, en particulier dans le centre du pays.

Dans les cas où la vente représente un montant symbolique ou si c'est seulement pour donner la préférence à la personne qui achètera l'équipement, il est toujours possible de l'accepter. Mais parfois les locataires exigent des paiements disproportionnés pour l'équipement qu'ils laissent dans l'appartement, et profitent principalement de leur position forte face aux personnes en recherche d'appartements afin de leur extorquer des milliers de shekels.

"ne soyez pas injustes!"

L'avocat David Zissu, un expert immobilier, souligne que "en dehors de la réglementation de l'échange et des droits sur la propriété, la loi n'interfère pas dans la relation entre le locataire sortant et le locataire entrant. L'accord entre les deux locataires est soumis au droit commun des contrats. Si le locataire sortant a fixé des conditions, comme racheter des meubles pour des milliers de shekels, cela peut être immoral ou injuste - mais il est douteux que cela soit illégal et les tribunaux traitent, comme chacun le sait, avec la loi.

Si l'accord a été conclu entre deux personnes adultes, le tribunal aura tendance à ne pas intervenir, ni dans le contenu de l'accord, ni dans les termes commerciaux qui s'y trouvent. Un tel accord peut être annulé s'il est signé à la suite d'une coercition ou d'une exploitation. Lorsqu'un prix exorbitant est exigé pour les meubles, on soupçonne qu'il s'agit de frais d’agence déguisés. Dans ce cas, s'il est prouvé qu'il s'agit bien de frais d’agence et non de contrepartie, le locataire entrant peut se défendre sous prétexte que les frais de médiation sont perçus par une personne qui n'est pas un agent immobilier avec une licence.

La loi n'interfère pas dans la relation entre les locataires, mais il y a ceux qui essaient de réglementer ces relations, comme le Comité des locataires en Israël, un mouvement qui a surgi en 2013, créé par la protestation sociale pour améliorer la situation des locataires en Israël.

Itai Netter, chef du Comité des locataires du logement en Israël: «Une des activités du comité est la création de la Convention des locataires qui rassemble déjà environ 20 000 personnes.

«Lorsque le marché locatif est géré comme une jungle, la proie devient elle-même un prédateur.» Il n'y a pas de place pour des comportements non éthiques et immoraux. Au comité, nous nous élevons contre les violations de la clause de «garantie mutuelle» de la Charte des locataires - ne forcez pas le plus faible à dépenser des milliers de shekels seulement parce que vous le pouvez, et ne soyez pas injustes».

Source : globes.co.il

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