Je suis revenue sur mon lieu de naissance, Auschwitz

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
L’émouvant récit d’Angela Orosz-Richt, née à Auschwitz

Son témoignage, complet a été enregistré par le Congrès juif mondial.

« Je ne peux pas vous pardonner, Herr Gröning ! »

« Quand j’ai entendu parler de ce procès par mon avocat et ami Heinrich Rothmann, en janvier 2015, je visitais Auschwitz, mon lieu de naissance, pour la première fois en 70 ans. Je n’étais pas prête à témoigner. Après avoir vu la couverture médiatique du procès et entendu des arguments convaincants de mon avocat, je me suis ravisée et me tiens devant vous aujourd’hui. Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler de la souffrance de ma famille et de centaines de milliers de juifs hongrois qui ont été emprisonnés à Auschwitz, où plus de 90 % d’entre eux ont été assassinés.

Un kilo à la naissance

Je suis née à Auschwitz, je pesais un kilogramme. J’ai survécu pour une raison. Je survis pour une raison.

J’ai une mission : parler pour ceux qui ne peuvent parler eux-mêmes. Pour porter le flambeau et raconter l’histoire de ma mère et celle de l’Holocauste des juifs d’Europe.

Pour me lever et pointer un doigt accusateur sur les responsables de l’inhumanité dans laquelle je suis née. Ceux qui ont aidé, regardé et profité de la terreur. Ceux dont vous êtes, Herr Gröning.

L’Europe est à nouveau devenue un endroit dangereux quand on est juif. Nous devons encore rappeler aux gens ce qui est arrivé pendant l’Holocauste. Personne n’est la même personne, après avoir survécu à Auschwitz.

Aucun de ceux qui ont vécu l’horreur n’ont eu un sommeil tranquille, une nuit confortable. Ma mère n’a jamais pu prendre une douche à cause de ce qui lui était arrivé. Elle a passé sa vie à boîter, avec une jambe droite noircie, en raison d’un os qu’elle a trouvé dans sa soupe. Elle était tellement heureuse d’avoir ce petit os… jusqu’à ce qu’un SS la voie et la frappe. Toute sa vie, elle a porté ces cicatrices. À la fois physiques et psychologiques.

Aujourd'hui encore, l'antisémitisme

J’ai très peur pour mes enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants. Quand tout cela est arrivé, il y a plus de 70 ans, le monde a gardé le silence. Maintenant, une fois encore, nous voyons l’antisémitisme, partout et ouvertement. Et le monde est à nouveau silencieux.

Deux de mes petites-filles portent le nom de ma mère. Elles vont raconter son histoire aux générations futures. Mon petit-fils est ici, dans cette salle d’audience, de sorte que, quand il fondera sa propre famille, il puisse leur dire les horreurs de l’Holocauste. Alors, notre héritage de souffrance ne sera pas oublié.

Des coups à la porte

Mon histoire commence avec ma mère, une femme instruite de Budapest. Son père était un architecte ; à ce jour, vous pouvez toujours trouver son nom sur les bâtiments de cette ville. Sa mère était femme intelligente et sophistiquée d’une famille cultivée. Ils avaient des nounous françaises, et ma mère parlait parfaitement français, hongrois, slovaque et allemand.

Après avoir terminé l’école secondaire, elle n’a pas pu aller à l’université, parce que les juifs n’ont plus été autorisés à faire des études supérieures. Au lieu de cela, elle a obtenu un emploi en tant que nounou pour un très jeune orphelin. Dans Sarospatak, elle a rencontré mon père et en mars 1943, ils se sont mariés. Ils ont eu une vie heureuse jusqu’en 1944, lorsque les nazis ont envahi la Hongrie.

Le lendemain de la Pâque, en avril, il y a eu des coups à la porte. C’était la milice locale hongroise qui était pire que la police, selon ma mère.

Mes parents ont été forcés de quitter leur maison dans Sarospatak et parqués sur un train de bétail, qui les a conduit au ghetto, à Satoraljaujhely. Ils n’avaient même pas de pain. À partir du milieu du mois d’avril jusqu’au 22 mai, ils ont passé leurs derniers jours ensemble dans ce ghetto surpeuplé. Puis ils ont entassés de nouveau dans un train. Le voyage a duré trois jours. Le 25 mai, ils sont arrivés dans l’enfer d’Auschwitz.

J’ai entendu dire que vous, Herr Gröning, décrivez l’arrivée à Auschwitz de façon ordonnée. Pour les juifs là-bas, cela n’a pas été le cas. C’était très traumatisant.

Ma mère, avec moi dans son ventre, a été battue. Les SS avaient des fouets et des mitrailleuses ; ils criaient « Tout le monde dehors ! Schnell ! » « Laissez vos bagages dans le train." Il y avait des SS, vos collègues, Herr Gröning, dans des miradors. Ils pointaient des mitrailleuses et des projecteurs sur nous, en regardant le chaos. De là-haut, la folie a pu sembler ordonnée, mais en bas, elle ne l’était pas. Jusqu’à son dernier jour, ma mère a eu peur des chiens qui aboient, à cause de ce jour-là.

« Vous saviez ce qui se passait »

Peut-être vous souvenez d’elle, Herr Gröning. Elle était belle, brune avec les yeux gris-vert.

Tout ceux qui sont venus à Auschwitz se trouvaient dans cette ligne jusqu’à ce qu’ils soient séparés, par le docteur Mengele. À gauche ont été envoyées les femmes qui ont montré des signes de la grossesse, les enfants de moins de 15 ans, les personnes âgées et fragiles.

C’était ceux qui devaient être tués ce jour-là. Toutes les personnes de plus de 40 ans ont aussi été envoyées à gauche. On leur a dit : «  Enlevez vos vêtements ; vous allez prendre une douche. »

Et ils y ont cru. Ces juifs ne se sont pas douchés : ils ont été gazés. Avant d’avoir été parqués dans des chambres à gaz, leurs biens avaient été recueillis et menés à l’entrepôt.

Mourir asphyxié avec le gaz Zyklon B, un pesticide, est une mort douloureuse. Cela peut prendre 20 minutes de mourir comme cela, avec la bouche écumante et des saignements sur diverses parties du corps.

C’est une mort horrible, Herr Gröning, et vous saviez ce qui se passait. Pour cette raison, pour le reste de sa vie, ma mère n’a plus jamais pu prendre de douche. Juste des bains. Après de nombreuses années, elle ne pouvait toujours pas à croire qu’il avait de l’eau sortant de la douche, pas du gaz.

Elle n'était plus Vera, elle était 6075

Mes parents ont été envoyés vers la droite, ce qui signifiait un sursis temporaire avant la mort. Quand cela a été son tour de voir le docteur Mengele, ma mère lui a dit qu’elle était enceinte, en espérant qu’il serait compatissant et lui permettrait de rester avec son amie.

Elle avait déjà été séparée de mon père et n’allait plus jamais le revoir. Mengele l’a traitée de « dumme gans«  [poule stupide], lui ordonnant d’aller à droite. Elle était un « bon stock », en bonne santé et assez forte pour le travail forcé.

La même chose est arrivée à mon père, mais il n’a pas survécu aux conditions inhumaines du camp et il est mort d’épuisement. Non, ce n’est pas juste : il a été assassiné par l’épuisement. Contraint de travailler jusqu’à son dernier souffle. 

Dans une interview avec sa petite-fille pour un projet d’école, ma mère a décrit ce qui est arrivé ensuite. « Après l’arrivée dans le camp de travail, je me suis faite tatouer. À partir de ce moment-là, je n’étais plus Vera, j’étais 6075, totalement rasée, vêtue d’un uniforme et chaussée de sabots de bois. Les têtes rasées, les tatouages étaient des symboles de notre déshumanisation, toute notre dignité nous a été enlevée, on n’était plus des êtres humains  ».

Ma mère a été affectée à l’équipe de nuit dans l’entrepôt du camp qui contenait les effets personnels des victimes. Son travail était de trier les choses de valeur que les victimes juives avaient apporté avec elles de la maison. Ce sont les objets de valeur vous avez recensés, Herr Gröning, le comptable d’Auschwitz. Tous ces biens, ils ont été contraints de les laisser derrière eux quand ils ont été forcés de quitter le train.

Le train a ensuite été déchargé et tout a été envoyé à l’entrepôt. Ils ont appelé ce dépôt Canada, car il était aussi riche en stock que le Canada l’est en ressources naturelles. Ma mère devait trier et séparer tout en tas : chaussures, linge de maison, vêtements. Puis les objets de valeur.

Il fallait voir s’il y avait des bijoux cousus dans une doublure ou de l’argent caché au fond d’une valise. Les SS qui les supervisaient ont pris tout ce qu’ils ont trouvé. Si les prisonniers travaillaient trop lentement, ils étaient battus.

Quand elle était enceinte de cinq mois, ma mère a été transférée à la caserne 2, où elle a été assignée à un Aussenkommando qui a travaillé à l’extérieur du camp. Là, elle a fait un travail lourd, la construction de routes et des travaux dans les champs. Elle m’a raconté : "Quand nous trouvions des plantes dans les champs ou des aliments pour les animaux, c’était une fête pour nous. Comme si nous avions trouvé un trésor."

Plus tard, ma mère a été affectée à un poste à la cuisine. Là, elle a réussi à grappiller quelques pelures de pommes de terre, c’est sans doute ce qui m’a sauvé la vie, moi qui étais encore dans son ventre. Le reste de son alimentation quotidienne était composée de Ersatzcoffee (un Erastz de café) le matin, une soupe parfois tiède d’herbes pour le déjeuner et une tranche de pain pour le dîner.

Objet de laboratoire humain

Ma mère a été forcée de faire un travail physique très dur. Elle a fini par signaler : « Je suis enceinte. » En vertu des règles d’Auschwitz, cette confession signifiait qu’elle serait envoyée à la chambre à gaz immédiatement. Au lieu de cela, elle a été envoyée dans une caserne à Camp C. Là, elle a pris soin des enfants, en particulier de jumeaux qui ont été utilisés pour des expériences médicales par Mengele et ses collègues qui se disaient les médecins. Parmi ces enfants figuraient Eva Kor et sa sœur jumelle. Eva a témoigné dans cette cour le mois dernier à ce sujet.

Plus tard, ma mère est devenue un objet de laboratoire humain pour l’équipe Mengele. En octobre, alors qu’elle était enceinte de 7 mois, l’équipe du professeur Carl Clauberg l’a choisie pour des expériences de stérilisation. Ils ont injecté une substance brûlante dans son col. Juste derrière, dans son utérus, était le fœtus. Moi. Ces injections ont été terribles, douloureuses. Une injection et le fœtus était déplacé vers la gauche… Le jour suivant, une autre injection, le fœtus était déplacé dans l’autre direction. Ils ont joué à ce jeu pendant un certain temps.C’est à cause de ces expériences que je n’ai pas de frères ou sœurs.

Mais j’ai survécu. Après avoir fini d’observer les effets de l’injection de produits chimiques caustiques dans le col de l’utérus de ma mère, ils l’ont renvoyée dans sa caserne où elle a été « oubliée », heureusement, par l’Ange de la Mort. Comme elle était peu nourrie, j’étais minuscule et la grossesse n’était pas visible. Sans cela, nous aurions toutes les deux été tuées.

A huit mois de grossesse, ma mère a vu arriver une femme médecin hongroise - éventuellement Gisella Perl - qui a travaillé sous Mengele et connaissait la grossesse de ma mère. Elle a proposé à ma mère un avortement. Elle lui a dit : « Quand vous aller accoucher, nous ne savons pas comment va réagir Mengele. S’il est de bonne humeur, seul votre enfant va mourir. Mais si Mengele est de mauvaise humeur, vous irez tous les deux à la chambre à gaz. Vous êtes si jeune, vous pourriez sauver votre vie. "

Ma mère a promis qu’elle y réfléchirait, et lui donnerait une réponse le lendemain. Cette nuit-là dans un rêve, elle a vu sa mère suppliant« Veruska, le fœtus est un enfant déjà, presque prêt à sortir, fait confiance en Dieu. N’avorte pas.  » Le lendemain, elle a donné sa réponse au médecin : un non catégorique.

À cette époque, il y avait une autre femme qui avait donné naissance à un enfant. Mengele lui a avait lié les seins, désireux de voir combien de temps le bébé vivrait sans être nourri. Peu de temps après, la mère et le bébé ont été assassinés.

Ma mère n’est pas sûre de ma date de naissance. Tout ce qu’elle savait, c’est que, trois jours plus tard, les SS ont célébré Noël. Donc, s’ils l’ont célébré le 24, mon anniversaire est le 21 décembre et s’ils l’ont célébré le 25, je suis née le 22.

Le jour où je suis née, ma mère a dit à sa Blockaelteste, qui était prisonnier de la Tchécoslovaquie, que le travail avait commencé. Comme son père était médecin, la Blockaelteste savait un peu ce qu’il fallait faire. Elle a réussi à obtenir un peu d’eau chaude et une paire de ciseaux. Elle a dit à ma mère d’aller jusqu’à la couchette supérieure. Elle l’a aidée à accoucher.

Voilà comment je suis venue au monde. J’étais tellement mal nourrie que je pesais un kilo et j’ai été incapable de pleurer. Ce fut la seule raison pour laquelle j’ai survécu.

Trois heures après l’accouchement, ma mère a dû me laisser seule dans la couchette et aller à l’extérieur pour l’appel nominal. A ce jour, je suis étonnée que ma mère ait été capable de faire cela. Quel courage, quelle force incroyable d’être en mesure.

C’était en décembre, il faisait un froid glacial et elle n’avait que des haillons pour vêtements. Ma mère a dû se tenir debout pour l’appel pendant un long moment. Pendant tout ce temps, elle priait pour que je sois encore en vie quand elle reviendrait à la caserne.

Le 27 janvier 1945, Auschwitz était libéré. Ce jour-là, un autre enfant est né. Son nom était Gyorgy Faludi. Nous sommes les seuls nés à Auschwitz, pour autant que je sache, qui ont survécu. La mère de Gyorgy n’avait pas assez de lait pour allaiter son fils, alors ma mère nous a alimenté tous les deux. Ce fut le début d’une longue amitié entre ces deux mères.

Après la libération, ma mère a rencontré M. Polgar, père de Tibor Bolgar, qui a témoigné devant cette cour le mois dernier. M. Polgar a rappelé à ma mère que le bébé avait besoin d’un certificat de naissance. Ma mère ne s’intéressait pas du tout à la paperasse, mais il a insisté et est entré dans la ville d’Auschwitz pour obtenir le document qui prouve mon lieu de naissance.

Ma mère ne pouvait retourner en Hongrie avec moi en novembre 1945. Après un long séjour dans le camp DP russe de Sluzk, ma mère est revenue à Budapest pour trouver un médecin qui pourrait nous aider. J’étais très malade. En novembre, j’avais presque un an et je ne pesais que 3 kg. Tout bébé normal né avec 3 kg. Ma mère est allée de médecin à médecin, mais aucun d’entre eux n’avaient l’espoir de pouvoir me sauver.

Ma mère était la seule à être convaincue que je vivrais. Les gens pensaient qu’elle avait perdu son esprit à Auschwitz et que j’étais une poupée, parce que je ne pouvais pas bouger.

J’avais un drôle de regard. Je ressemblais à une poupée de chiffon. Un médecin m’a tenu à l’envers comme un poulet, et a dit que si je levais la tête il y avait une chance que je puisse survivre. Je l’ai fait !

Il s’est occupé de moi pendant plusieurs années, jusqu’à ce que mes os soient assez forts pour marcher. L’héritage d’Auschwitz, de la famine et des carences de ma mère, n’a jamais disparu complètement. Je suis toujours petite, aujourd’hui.

Pourtant, dans cette folie, de nombreux miracles se sont produits. Ma mère était affamé mais a eu du lait pour me soigner. Un miracle.

Auschwitz est la tombe de mon père

Aujourd’hui, ce serait l’anniversaire de mon père, le Dr Tibor Bein. Il était un avocat réputé, assassiné dans son arrivée au camp, à l’âge de 32 ans.

Herr Gröning, je suis sûre que vous visitez les tombes de vos parents, de votre épouse... Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas me rendre sur la tombe de mon père dire une prière, parce qu’il n’a pas de tombe. Ses restes ont été brûlés et ses cendres dispersées autour Auschwitz, peut-être dans l’enceinte du camp, peut-être à la pelle dans la forêt ou utilisés comme engrais sur les champs environnants. Auschwitz est la tombe de mon père.

Rien n’efface l’inhumanité et le cauchemar

Quand je suis retournée à Auschwitz, en janvier 2015, je me suis promenée comme dans une transe. J’ai eu des difficultés à respirer. Je craignais que chaque pas que je faisais soit sur la tombe de quelqu’un. Soixante-dix ans de chaleur, de pluie et de neige n’éliminent rien. Rien ne peut effacer l’inhumanité et le cauchemar de ce qui se passait là-bas.

Nous, les juifs, venons de fêter la fête de Shavouot. Dans ma synagogue, soixante-dix ans après la guerre, on entend encore pleurer pendant cette prière. De nombreux membres de la communauté sont des survivants de l’Holocauste hongrois. Nous pleurons tous encore pour ceux que vous nous avez pris, Herr Gröning. Nous n’oublions pas et nous ne pouvons pardonner.

Comment pardonner?

Herr Gröning, comment puis-je pardonner ? Comment puis-je oublier ? Bien après la guerre, ma mère semblait avoir mis les horreurs d’Auschwitz dans le fond de son esprit. Elle a vécu comme une personne heureuse et aimante, mais quand elle s’est vue mourir d’un cancer à l’âge de 71 ans, à Toronto, les cauchemars sont revenus. Elle a vu Mengele debout à la porte de sa chambre d’hôpital. Aucune quantité de morphine ne pouvait le faire disparaître. Elle est morte le 28 janvier, car le 27 janvier était la journée la libération d’Auschwitz et elle a dit qu’elle ne voulait pas mourir ce jour-là.

Pour cela et pour tout le monde que vous avez assassiné, je ne peux pas vous pardonner, Herr Gröning !

Le passé est présent

Cela rend impossible pour moi d’oublier ou de pardonner ceux qui étaient responsables de Auschwitz, les nombreux camps de concentration à travers l’Europe et les meurtres de six millions de juifs. Six millions de personnes innocentes tuées uniquement parce qu’ils étaient juifs. »

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi