Je suis arabe, musulmane, et j’ai choisi d'être officier dans l'armée israélienne

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Je suis arabe, musulmane, et j’ai choisi d'être officier dans l'armée israélienne

Je suis arabe, musulmane, et j’ai choisi d'être officier dans l'armée israélienne

La mère d'Ella Waouya a découvert le secret de sa fille complètement par hasard.

«Je suis revenue de l'entraînement un week-end, et elle est entrée dans ma chambre sans frapper», raconte la jeune femme âgée de 31 ans originaire de Qalansawa. "Elle a regardé l'uniforme, a tourné les yeux vers moi - et elle s'est mise à pleurer et à crier, mais doucement pour que personne n'entende".

Quelles ont été les réactions de vos proches lorsqu’ils ont découvert que vous étiez soldate dans l'armée israélienne?

"Certains d’entre eux ont affiché une franche opposition. Ils m'ont tout simplement dit qu'ils préféreraient ne plus me côtoyer. D’autres ont juste arrêté de répondre à mes appels téléphoniques. D’autres encore m'ont apparemment bloqué sur WhatsApp. Jusqu’à aujourd’hui, je les comprends et je les respecte."

Et lorsque vous rentrez à la maison, vous portez l’uniforme ?

Non, je ne suis pas censée taquiner la population. Au contraire. Je représente maintenant le visage de Tsahal dans ma communauté. Et pour cette raison, je dois vraiment montrer que je les respecte. "

L’histoire du capitaine Ella Waouya est l’aventure extraordinaire d'une jeune fille qui est allée à contre-courant et s’est retrouvée dans un environnement très éloigné de celui dans lequel elle a grandi, de la société arabe et de sa famille. Elle se définit comme arabe, musulmane et israélienne et porte fièrement ses insignes militaires d’officier. Une combinaison rare quand on sait d’où elle vient.

Ella s'est portée volontaire pour servir dans l'armée israélienne en 2013, et après avoir occupé le poste de sous-officier dans le domaine des nouveaux médias auprès du porte-parole de Tsahal, elle a suivi un cours d'officier en 2015 - où elle a reçu la médaille d'excellence du président. Elle a ensuite réintégré la brigade, a reçu une nouvelle médaille d’excellence dans les années qui ont suivi et elle est aujourd’hui chef adjointe du département des communications arabes auprès du porte-parole de Tsahal.

Dans le cadre de sa fonction, elle dirige une équipe de soldats, qui parlent tous arabe, qui œuvrent dans la communication et la persuasion dans l'espace numérique et qui tentent de présenter au monde une image différente d'Israël. Leur public cible est constitué de centaines de millions d’arabophones résidant dans les pays qui nous entourent, et les vidéos d'information mettant en vedette "le capitaine Ella" sont devenues une véritable marque qui s’impose davantage jour après jour dans le monde arabe.

Ella présente fièrement des données impressionnantes - des millions de vues, des dizaines de milliers de likes et de commentaires, des milliers de partages.

Qui sont les personnes qui regardent et qui réagissent à vos activités en ligne?

"Les habitants du monde arabe, aussi bien dans les états modérés que dans ceux qui le sont moins"

Vous êtes très connue dans le monde arabe ?

"Si je me trouve à la frontière libanaise, et que soudainement des militants du Hezbollah m'interpellent et m’appellent "Capitaine Ella", cela veut surement dire qu’ils nous connaissent, et qu’ils nous suivent probablement aussi sur Facebook."

Recevez- vous également des messages personnels ?

Oui, cela arrive. Par exemple, il y a un irakien qui m’écrit tous les jours pour me dire qu’il veut m’épouser.

Son père a pardonné. Puis le Coronavirus est arrivé…

Son secret a été découvert après un an et demi de double vie. Rien n’avait préparé les membres de sa famille au choix d’Ella, qui a placé cette dernière face à une communauté qui a eu du mal à digérer une telle démarche. La famille a traversé un long périple au terme duquel a surgi une véritable acceptation. Une longue année et demie s'est écoulée avant que son père lui pardonne sa décision de s'enrôler dans l'armée israélienne et l’adopte à nouveau dans son cœur.

Sa relation avec son père s’est rétablie avant de s’interrompre brutalement. Il a attrapé le Coronavirus et est décédé subitement. «Je n’aurais jamais imaginé que mon père puisse un jour fièrement annoncer à son entourage que sa fille était dans l'armée», explique-t-elle. Cependant, il a appris à les accepter, elle et son choix : "Les lauréats de la récompense du président reçoivent un livret avec les photos de tous les lauréats et un petit texte à propos de chacun d’entre eux. Il l'a toujours gardé dans sa voiture."

«Mon père était fort», ajoute Ella, les larmes lui montant aux yeux. «Ma mère est aussi très forte. Je pleure car mon rêve était, et je l’attendais vraiment, qu’il soit avec moi à la cérémonie de remise de mon insigne de commandant. Le jour où je le recevrai, je me rendrai sur sa tombe et je lui dirai : "Voilà, ta fille l’a eu, et tu peux être fier d’elle."

La mère d’Ella est venue assister à la remise de son insigne de capitaine. Elle s’exprime au sujet de la difficulté qu’elle a eu au début d'accepter l’engagement de sa fille dans l'armée israélienne, mais ajoute qu’aujourd’hui elle soutient ses choix : «Je suis fière d'elle, bien sûr. Ma fille, Dieu soit loué, n'a rien fait de mal. Elle a choisi ce qu'elle aime, elle s'est construite de ses propres mains. "

Je recherche l’égalité, je suis israélien à tous points de vue

Ella est inhabituelle dans le paysage, mais elle n’est pas la seule. Lors d'une conversation, Abu-Eliazen Zabarka, propriétaire d'un café à Qalansawa qui aide de jeunes arabes à s'enrôler a déclaré : « devant les caméras, ils parlent des jeunes arabes qui servent dans Tsahal mais ils ont peur de le révéler publiquement ». Comme Ella, Abu Eliazen voit le futur dans l'État et ses symboles.

«Nous sommes fiers de vous et nous vous soutenons», lui dit-il. Derrière leur conversation se cache le changement dramatique qui se produit sous la surface dans certaines parties de la société arabe en Israël. Cependant, il est difficile de dire que les réponses d'Abu-Eliazen à nos questions représentent l'opinion majoritaire dans la société arabe :

Il y a 10 ans, auriez-vous pu parler ouvertement du service militaire au sein de Tsahal?

"Non. C'était impossible."

Qu'est ce qui a changé?

«Aujourd'hui, vous avez une génération jeune et évoluée. Une génération connectée. L'armée vous offre également de nombreuses options et vous ouvre des portes. Ils apprennent tout aux jeunes que j’aide à s’enrôler. Ils les accompagnent tout au long du chemin. Que recherchent les gens? L’égalité entre un arabe, un juif, un bédouin, un druze et un circassien. La route qui mène à l'égalité passe par Tsahal, par le ministère de la Défense, par la police. C'est comme ça que cela commence. Je vis dans l'État d'Israël. Donc je vis ici sous le drapeau israélien. Je ne mentirai pas et je ne hisserai pas le drapeau palestinien. Je suis israélien à tous points de vue. "

Si vous aviez 18 ans, vous vous enrôleriez?

"Oui".

Dans quoi?

"Dans l'armée, quelle que soit l'unité."

Pourriez-vous être combattant? Servir dans les unités Golani ou Givati?

"Je le pourrais, et je suis fier de l’uniforme de l'armée".

Et si vous aviez besoin d'intervenir dans les territoires?

"Alors j'agirai. Je suis en Israël, n’est-ce pas?"

Israélienne à 100%

Cette semaine, en préparation de Yom Hashoah, jour du souvenir de l'Holocauste, Ella s’est rendue au musée Yad Vashem et a filmé une vidéo à l’attention du monde arabe. Mais après une courte conversation avec elle, il est devenu clair qu’avant de tenter d’éduquer le monde en dehors des frontières d'Israël, il y a un travail d'information et d'éducation à faire ici, chez nous.

«Le sujet de l'Holocauste est important pour moi, car c'est quelque chose que je ne comprenais pas lorsque j’étais enfant», dit-elle. "Je n’imaginais pas ce que cela signifiait. Quand j'étais petite, j'ai entendu parler de l'Holocauste, j'ai entendu parler des nazis, mais de loin. J'ai entendu dire qu'Hitler, par exemple, était un héros, parce qu'il avait assassiné des Juifs".

Que ressentez-vous lorsque vous regardez le drapeau?

"Lorsqu’il y a des cérémonies et que je salue ce drapeau ... c’est peut être difficile à comprendre mais cela me remplit d’émotion, d'amour et d’un sentiment d'appartenance. J'ai parfois les larmes aux yeux quand je le vois ».

Comment vous définissez-vous?

"Je suis une femme, une arabe, une musulmane et une israélienne. C’est ainsi que je me définis. À 16 ans, j'ai reçu une carte d'identité bleue comme tout citoyen de l'Etat d'Israël. Cela signifie que je suis israélienne. Je suis née ici, je vis ici, j'ai étudié ici, je fais tout ici. Je suis israélienne, à tous points de vue, et pour le ressentir encore plus fortement, j'ai choisi de servir dans l'armée israélienne ».

Êtes-vous sioniste?

"Je suis à 100% israélienne. Et très fière de cela." 

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