Une ONG israélienne dénonce le chantage sur les malades de Gaza

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         Une ONG israélienne dénonce le chantage sur les malades de Gaza

Article paru dans "Le Figaro", le 17/10/07

Depuis qu'Israël a déclaré Gaza « entité hostile », il y a un mois, même les malades dont la survie dépend d'un traitement à l'extérieur n'ont plus le droit de quitter Gaza.
S'ils veulent être soignés en Israël, les Gaziotes doivent collaborer avec les forces de sécurité.
 
LES GAZIOTES n'en finissent pas de payer le prix du coup de force du Hamas, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza le 15 juin dernier. Depuis quatre mois, ils sont soumis à un blocus économique, qui a provoqué leur ruine. Un million et demi de Palestiniens sont hermétiquement enfermés dans cette bande sablonneuse longue de 41 kilomètres sur 12 de large, où ils survivent grâce à l'aide internationale. Et depuis qu'Israël a déclaré Gaza « entité hostile », il y a un mois, même les malades dont la survie dépend d'un traitement à l'extérieur n'ont plus le droit de quitter Gaza.
 
Selon l'ONG israélienne PHR (Physicians for Human Rights), le gouvernement israélien a progressivement durci les conditions de délivrance de permis de sortie pour les malades nécessitant des traitements qui ne sont pas disponibles dans la bande de Gaza. Les rares « privilégiés » qui parviennent à obtenir le précieux sésame n'ont pas la garantie de pouvoir sortir pour bénéficier de leurs traitements. Les patients sont retenus au point de passage d'Erez pendant plusieurs heures. Ensuite, ils sont appelés par le « capitaine », le coordinateur du Shin Bet (service de renseignement intérieur) chargé de recruter des agents.
 
Le « capitaine » leur demande des noms de militants armés et des renseignements concernant les diverses milices de la bande de Gaza. Ceux qui refusent de se soumettre aux questions ou de collaborer avec Israël sont refoulés vers la bande de Gaza sous le prétexte qu'ils représentent une « menace à la sécurité » d'Israël. « Prends des jumelles, Israël est encore loin », s'est vu conseiller, après son refus de collaborer, un malade risquant de devenir aveugle s'il ne subit pas une opération de la rétine.
 
Tirs de roquettes quotidiens
 
La collaboration avec Israël est passible de la peine de mort dans les Territoires palestiniens. « Les patients craignent pour leur santé et sont prêts à tout pour quitter Gaza afin de pouvoir suivre un traitement. Mais ils ont peur de coopérer avec Israël », explique le Dr Ran Yaron.
 
PHR s'est saisi du cas de six patients souffrant de cancer, d'une hépatite, ou nécessitant une opération cardiaque urgente, et dont les jours sont comptés. « Un patient en oncologie ou une jeune fille âgée de 16 ans avec une malformation cardiaque congénitale... ce sont des cas urgents, s'indigne Dr Danny Filk, directeur de PHR. La santé de ces patients se dégrade de jour en jour et les semaines de délais peuvent rendre leur condition irréversible. Il s'agit de l'exploitation de personnes très malades. Ces pressions sont contraires à l'éthique médicale et à la morale. »
 
Les services de renseignements israéliens espèrent ainsi combattre les tirs de roquettes, lancées quotidiennement depuis la bande de Gaza vers le sud d'Israël. Abasourdis par ces nouvelles restrictions, les Palestiniens dénoncent, quant à eux, une nouvelle forme de « punition collective ».

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