Raid israélien en Syrie: la thèse du réacteur nucléaire se renforce

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           Raid israélien en Syrie: la thèse du réacteur nucléaire se renforce

WASHINGTON, le 16/10/07 - La thèse de la destruction d'un réacteur nucléaire en Syrie lors d'un raid israélien en septembre semble renforcée par les rares informations qui filtrent sur l'opération alors qu'Israël et son allié américain font preuve de la plus grande discrétion.
La presse, essentiellement américaine et britannique, distille depuis la date de ce raid, le 6 septembre, les hypothèses sur la nature de la cible, mais aussi sur le rôle de la Corée du Nord dans l'affaire, sur le message qu'a voulu envoyer Israël et sur le degré d'implication des Etats-Unis.

Le New York Times, citant des responsables américains et étrangers ayant eu accès à des rapports des services secrets, affirme dimanche que le raid visait un site soupçonné d'abriter un réacteur nucléaire en cours de construction, sur le modèle d'une centrale nord-coréenne.

"Nous ne commentons pas les révélations de la presse", a aussitôt réagi la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, depuis Tel Aviv où elle se trouvait dans le cadre d'une série de rencontres avec des responsables israéliens et palestiniens.

La Maison Blanche, par la voix d'un de ses porte-parole, Tony Fratto, a également refusé de commenter ces informations, dimanche.

Elle avait déjà indiqué fin septembre qu'une consigne de mutisme absolu avait été passée sur le sujet, refusant alors de dire si oui ou non, comme l'affirmait alors le Washington Post, Israël avait partagé avec le président Bush des renseignements selon lesquels du personnel nord-coréen se trouvait en Syrie.

Des révélations sur une éventuelle coopération entre Syrie et Corée du Nord auraient en effet risqué de mettre en péril les efforts américains pour le désarmement nucléaire du régime de Pyongyang.

Dimanche, le sénateur républicain et prétendant à la Maison Blanche John McCain a estimé sur la chaîne de télévision CBS que ces nouvelles révélations soulevaient la question du degré de confiance que les Etats-Unis pouvaient accorder à la Corée du Nord.

Le New York Times affirme par ailleurs que l'administration Bush, informée du projet israélien de frapper cette installation nucléaire, était partagée, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice ainsi que son homologue de la défense Robert Gates se montrant particulièrement réticents, craignant les retombées d'une frappe préventive en l'absence de menace immédiate.

Les sources citées par le quotidien indiquent en effet que le site était dans un état beaucoup moins avancé que le réacteur d'Osirak détruit par Israël en 1981 en Irak, mais qu'Israël a voulu montrer sa détermination à désamorcer tout projet nucléaire dans un pays voisin.

En l'absence de toute explication de la part de l'Etat hébreu sur l'objectif de ce raid, reconnu seulement près d'un mois plus tard par la radio militaire israélienne, il avait d'abord été analysé comme une mise en garde à Damas de ne pas réarmer la milice chiite libanaise du Hezbollah, ou encore comme un message adressé indirectement à l'Iran.

La thèse de la destruction d'installations nucléaires avait en tout cas été très vite avancée dans la presse, sans que soient éclaircis le rôle de la Corée du Nord et le type d'activités nucléaires visées.

Certaines sources indiquaient même que les frappes israéliennes ne visaient pas un site dédié au nucléaire mais à des missiles.

Un reporter israélien s'était rendu dans la zone du raid, affirmant que sa cible était une station de recherche sur les zones arides, tandis que le président syrien, Bachar el-Assad affirmait qu'il avait frappé "un bâtiment militaire désaffecté".

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