L'Alyah comme sur des roulettes : Petites réflexions avant Yom Kippour

Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
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Alyah comme sur des roulettes, pensées et réflexions juives yom kippour

Chana Tova Oumetouka vé Gmar Hatima Tova à tous,

Je ne sais pas comment vous vivez ces 10 jours de repentance, de retour - Asséreth Yemei Techouva -, mais pour ma part, il s'agit toujours d'une période bien étrange.

Je suis mitigée entre un sentiment de dévotion envers Hachem, à espérer, lui demander avec ferveur qu'il entende mes prières et me pardonne aussi pour ce que je n'ai pas fait, ce que j'ai mal fait, ou encore, ce que j'ai fait mal croyant bien faire.... ; et un sentiment de rébellion qui me pousse à penser que c'est bien hypocrite de ma part tout ce manège.

Si je ne change pas véritablement quelque chose dans mon attitude envers le Roi du monde, envers moi-même, à quoi me sert-il de me rapprocher de Lui ? Si, une fois tout ça finit, je retombe dans ma routine d'hier, la même que l'année précédente et des années passées, à quoi bon jouer la comédie de la Téchouva ?

Mais, je dois bien avouer que depuis que j'ai fait mon Alyah, le temps s'est accéléré. En France, je me laissais vivre, presque passivement. Vivre en Eretz a bousculé mon rythme cardiaque.

Ma tête est passée au moulin à broyer, et je me sens encore à l'état de façonnage.

En 5 ans de vie en Israël, il me semble avoir vécu 10 ans en condensé. En tout cas et pour preuve, mon physique en témoigne. Oh mais, je ne me lamente pas, et ne pleure encore moins sur mon sort. J'ai choisi, j'ai voulu, j'ai avancé, reculé, sauté à pieds joints, suis tombée en chute libre et continue encore à me relever et voler en parachute.

Quand je regarde mes enfants faire une partie de Mario Bross, j'ai l'étrange sentiment de ressembler à ce petit plombier qui a presque mon âge d'ailleurs, et continue à traverser les plateformes Nintendo de plus en plus sophistiquées. Et même quand le petit bonhomme est Game Over, il se relève, et ça continue pour une nouvelle chance.

Veuillez me pardonner pour ce syllogisme si grossier, mais mon quotidien de maman impact forcément sur ma réflexion. Il est celui qui m'a le plus marqué ces derniers jours. Je me sens définitivement comme Mario Bross, à évoluer dans les différents niveaux du jeu, parfois devant recommencer à zéro, ou remportant une bataille décisive qui me donne la clé d'une nouvelle porte pour de nouvelles aventures.

Et quelques fois, non soyons un peu honnêtes, surtout en ce moment, je me sens épuisée et contrariée de me voir stagner au même niveau, sur le même plateau que je crois connaître par coeur et que je ne parviens pourtant pas à passer. Qu'est-ce donc qui m'échappe ?

Et voilà le jugement -dhin- de Rosh Hashana qui est passé. Pourtant, pendant ces jours prochains de Repentance, et ce, jusqu'à Yom Kippour, nous pouvons encore changer la donne. Inverser la tendance ou bien la renforcer.

On espère tous une Gmar Hatima Tova, d'être tamponné favorablement afin d'être inscrit dans le Livre de la Vie avec nos familles et amis en bonne santé, et dans la joie... On prie pour être épargné par de trop lourdes épreuves.

Finalement, Je me sens comme ce Mario Bross, qui, tous les ans, reçoit une nouvelle chance. Et forcément je Le remercie pour tout le bon qu'il m'a apporté, et parfois même le mal qui m'a enseigné des choses essentielles ; même si je ne sais pas toujours comment venir à bout de certains traumatismes. J'essaye en tout cas. La Emouna, la foi,  demeure la véritable clé.

J'ai conscience que c'est déjà bien de savoir ce qu'on ne veut plus, et encore mieux ce que l'on veut. Mais sait-on pour autant comment parvenir à changer les choses. Vous ne vous sentez-vous jamais coincés ? Pourtant, il ne s'agit que d'une fausse croyance. A savoir maintenant si mes voeux vont m'être exaucés ? Seul Hachem le sait.

Je voudrais vous faire part de la petite réflexion de la semaine. Soyez indulgents à mon égard, je suis malade depuis plusieurs jours (y-aurait-il un sens d'ailleurs à être malade en cette période ? Tout a un sens, mais presque tout m'échappe actuellement, mon cerveau est lessivé), et je perds sans doute les pédales, ou pas.

Notre monde est construit sur la notion manichéenne du Bien et du Mal. C'est tout du moins ce qui paraît. Combien de fois ai-je entendu à des cours de Torah des auditeurs demander "pourquoi ceux qui se conduisent le plus mal ne rencontrent presque pas de difficultés"... Vous l'avez compris, il ressort de ce questionnement un sentiment d'injustice.

Et la réponse est souvent la suivante : "nous ne sommes pas dans les comptes d'Hahem". D'ailleurs, on leur rappelle que c'est leur rapport aux Mitsvot qui leur fera gagner une place au Gan Eden... Et bien, je trouve ce genre de discours bien réducteur.

Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas pratiquer les Mitsvot, au contraire.  Seulement, cette forme de discours revêt un caractère punitif et dont le connotation est aussi proche de la culpabilité  caractéristique de la culture chrétienne.

Autant vous dire que j'ai du mal avec ce type d'énonciation qui vise à dire au plus grand nombre quelque chose de vrai avec des raccourcis trop faciles qui portent atteinte finalement à notre Torah et je crois bien, en éloigne plus d'un de la noble pratique du Judaïsme.

En ces jours si spéciaux, je réalise qu'une notion entrevue en cours de Philo sur le Mal est finalement commune avec notre enseignement. Le bien et le mal n'existent pas fondamentalement. Oui bien sûr, le Ying et le Yang, les nuances...

Mais il semblerait que l'inconscient collectif s'accorderait sur l'idée selon laquelle l'indigence matérielle permettrait de sortir de l'indigence spirituelle. Notre capacité à affronter les épreuves, la souffrance serait la réponse pour nous mener sur la voie des justes.

Autant dire que ça ne doit pas envie. Qu'en pensez-vous ? Pas très séduisant tout ça.

Combien de fois, ai-je entendu des sous-entendus de Rav et Rabbanite qui exprimaient qu'à demi-mot que le mal n'existe pas vraiment. Qu'à un niveau supérieur, il forme une unité avec le bien, mais ce n'était pas pour nous...

Tout ceci, est un peu décousu, beaucoup, oui je vous l'accorde, pour vous dire que je réalise que seul prévaut notre cheminement personnel.

Le mal nous sert de miroir pour mieux comprendre ce sur quoi nous devons travailler dans cette vie. Notre état de conscience nous appartient et personne ne peut ou ne doit juger son prochain, se comparer à lui.

Nous recevons le lot d'épreuves qui nous incombe. Seul existe donc notre aptitude à façonner le mal plutôt que le bien ou vis-vers-ça.

Dans ce cheminement, très long, on parle d'une vie, d'une ou plusieurs missions, on monte et on descend, et c'est dans ce mouvement naturel sans doute que l'on gravit des marches parallèles. Chuter est l'ascension la plus fulgurante. Après, nous ne pourrons remonter que différemment.

A la suite d'une rafale d'épreuves, j'ai éprouvé de la colère, du ressenti. Pourtant, entre l'étude de la Torah et ma pratique des Mitsvot, je croyais avoir bâtit un bouclier magique qui me protégerait de toute souffrance. Quelle idiote. Mais en  tant que pratiquante novice, j'ai commis l'erreur de prendre certains enseignements au premier degré.

De vous à moi, j'ai de plus en plus le sentiment de ne rien comprendre et en même temps de me rapprocher de Lui. Mon seul véritable ennemi est le doute, celui-là même qui me ronge pour un oui ou pour un non. Je voudrais cette année combattre cet Amalech et parvenir à croire en mes choix en toute humilité. C'est peut-être le travail de toute une vie, mais ça serait chouette de commencer à m'atteler à cette tâche.

Je vous écris cette étrange chronique cette semaine avec de la fièvre. J'ai fait le test du Covid hier à la maison, j'espère que tout ça sera derrière moi bientôt si D. veut.

Je ne voulais pas rater notre rendez-vous hebdomadaire pour autant. Je n'ai pas la force de me relire, et je vous avoue que je me demande si toute cette succession de mots a du sens.

En tout cas, je souhaite qu'Hachem vous offre le meilleur pour vous et les vôtres et la Refoua Chelema de nos malades. Gmar Hatima Tova à tous.

Amen

Hava Mélanie Oz

 

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