Israël: manifestation à Tel-Aviv pour le 12ème anniversaire de l'assassinat de Rabin

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Israël: manifestation à Tel-Aviv pour le 12ème anniversaire de l'assassinat de Rabin

TEL-AVIV, le 05/11/07 - "Ni oubli, ni pardon". Des dizaines de milliers d'Israéliens ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv pour marquer le 12ème anniversaire de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, victime d'un extrémiste juif de droite et religieux.

Douze ans ont passé, mais pour la foule imposante --cent cinquante mille manifestants selon les organisateurs -- la blessure ne s'est pas refermée, d'autant que le meurtrier bénéficie d'une campagne de soutien orchestrée par l'extrême droite.

"Rien n'a changé. La leçon n'a pas été apprise. Aujourd'hui comme hier on entend les voix qui incitent à la violence. Ceux qui ont poussé au crime n'ont pas été poursuivis et cela pourrait se reproduire", a mis en garde à la tribune Yuval Rabin, le fils du Premier ministre, exprimant son indignation des faveurs dont bénéficie l'assassin en prison.

"C'est horrible qu'un juif ait pu commettre un tel acte sur la personne d'un leader aussi formidable uniquement parce qu'il était contre ses idées", confie Shapir Nissani, venue avec de nombreux jeunes de son âge.

David Kandioti, un retraité septuagénaire, brandit une pancarte: "si Rabin était en vie, nous aurions la paix avec nos voisins". Selon lui, "cent ans de prison, ce n'est pas assez pour punir un tel crime".

Pour la première fois, un président de l'Etat d'Israël, Shimon Peres, a pris la parole à la tribune, aux côtés du ministre de la Défense Ehud Barak, devant la place Rabin noire de monde.

"Vous êtes les héritiers de Rabin. Ne flanchez pas et continuez d'aller dans la voie qu'il a tracée, celle de la paix et de la sécurité", a proclamé M. Peres l'ancien compagnon politique de Rabin.

Le ministre de la Défense a assuré pour sa part que le "meurtrier croupira en prison jusqu'à la fin de ses jours".

Au début du rassemblement, les manifestants ont entendu avec émotion les derniers mots de Rabin lors de la manifestation sur la même place de la municipalité au sortir de laquelle il fut assassiné le samedi 4 novembre 1995.

"Je sais qu'il y a une chance de paix et que nous devons la saisir", avait proclamé le leader ce jour là du parti travailliste, ajoutant "le peuple veut la paix et rejette la violence", quelques minutes avant de tomber sous les balles de l'assassin.

Les manifestants ont déroulé des banderoles: "Oui à la paix, non à la violence", et "nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas", ainsi que des pancartes appelant à "Dire enfin oui à la paix".

Le meurtrier de Rabin, Yigal Amir, 37 ans, condamné à la prison à vie, a revendiqué son crime au procès affirmant avoir tué pour empêcher un retrait israélien des territoires palestiniens occupés et "stopper" le processus de paix. Il n'a jamais exprimé de regrets.

La manifestation annuelle prend cette année un relief particulier compte tenu d'une campagne d'extrême droite pour atténuer la peine de l'assassin, présenté comme victime d'une machination.

Yigal Amir a été autorisé à assister dimanche dans la prison où il est détenu à la circoncision de son fils, après avoir pu recevoir des visites privées de sa femme, un privilège qui est refusé à des détenus de sécurité palestiniens.

Dans une vidéo réalisée à 150.000 exemplaires par ses partisans, sa mère Geoulah estime que son acte était "prédestiné" par son nom, Yigal signifiant "sauveur" en hébreu.

Chef d'état-major israélien lors de la guerre des Six Jours, Rabin avait été l'artisan de la victoire de juin 1967 au cours de laquelle l'Etat juif avait conquis la Cisjordanie et la bande de Gaza, le plateau syrien du Golan et le Sinaï, depuis restitué à l'Egypte.

Il s'était vu décerner le prix Nobel de la Paix en 1994, conjointement avec M. Peres, alors ministre des Affaires étrangères, et le dirigeant palestinien Yasser Arafat, après la signature des accords d'Oslo.

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