Israël : le souvenir de Rabin terni par le culte de son assassin

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           Israël : le souvenir de Rabin terni par le culte de son assassin

Article paru dans "Le Figaro", le 24/10/07

L'extrême droite radicale a lancé une campagne nationale pour faire libérer Yigal Amir.
LES PARTISANS de Yigal Amir, l'assassin de Yitzhak Rabin, ne reculent devant rien. Ils ont choisi la date anniversaire de la mort de l'ancien premier ministre israélien pour lancer une campagne de mauvais goût réclamant la libération anticipée de leur héros. La polémique ainsi provoquée jette une ombre sur les commémorations du douzième anniversaire de la mort du père des accords de paix israélo-palestiniens d'Oslo, qui ont lieu aujourd'hui, selon le calendrier hébraïque (il a été tué le 4 novembre 1995).
 
Le comité de soutien de l'assassin a réalisé une vidéo appelant les autorités à le libérer « au nom des droits de l'homme » et de la « réconciliation nationale ». « Si pour la paix Israël est prêt à libérer des terroristes, au nom du même principe, nous exigeons la libération de Yigal Amir », affirme Itamar Ben Gvir, militant de la branche la plus radicale de l'extrême droite israélienne et responsable du comité de soutien. Yigal Amir a abattu Rabin de trois balles dans le dos, à l'issue d'un rassemblement pacifiste à Tel-Aviv.
 
La classe politique israélienne s'est élevée contre les revendications du comité de soutien. Hier, le ministre de la Sécurité intérieure, Avi Dichter, s'est dit choqué par le débat sur une libération anticipée de l'assassin, condamné à la perpétuité, affirmant qu'Amir restera « en prison comme une momie, jusqu'à sa mort ». Selon un récent sondage, 28 % des Israéliens et 46 % des ultra-religieux sont pourtant favorables à une libération en 2015, alors que 59 % y sont opposés.
 
L'enfant du meurtrier pourrait naître aujourd'hui
 
Révoltée, la police a rendu publics, hier, les enregistrements des interrogatoires d'Amir, dans lesquels il avoue avoir abattu Rabin pour « le neutraliser politiquement ». « Dieu m'en garde », a-t-il répondu lorsque les policiers lui ont demandé s'il avait des regrets.
 
La polémique est d'autant plus vive qu'Amir, un extrémiste juif religieux âgé de 37 ans, a été autorisé par la Cour suprême à concevoir une descendance en prison. Sa femme, Larissa Trimbobler, qu'il a épousée alors qu'il était déjà détenu et dont la grossesse pourrait arriver à terme dès aujourd'hui, a décidé de faire déclencher l'accouchement afin que la naissance de son enfant coïncide avec la mort de Rabin. « Je lui dirai que son père s'est sacrifié, pour le salut de son peuple », a-t-elle expliqué.
 
Hier, le quotidien de droite Maariv se réjouissait du sursaut de révolte provoqué par l'affaire, alors que, douze ans après, les manifestations pour Rabin ne mobilisent plus les foules : « Il ne reste rien de l'héritage Rabin. Les accords d'Oslo sont morts. Personne au sein de la classe politique n'a hérité de son sens du leadership, ni de son intégrité. »

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