Israël: la pression monte sur Olmert pour qu'il démissionne

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JERUSALEM ,le 08/05/08- Les appels à la démission du Premier ministre israélien Ehud Olmert, soupçonné d'avoir reçu des pots-de-vin, se multipliaient vendredi mais l'intéressé, déjà mis en cause dans plusieurs autres affaires, s'accroche à son poste.

Ces appels proviennent aussi bien de partis d'opposition, de droite comme de gauche, que du parti travailliste associé au pouvoir, alors que la presse doute des chances pour M. Olmert de regagner la confiance des Israéliens bien qu'il ait montré par le passé une étonnante capacité de survie politique.

Le quotidien Maariv donne le ton: "Pourquoi devrions-nous croire cette fois en Olmert lorsqu'une fois de plus, il s'empêtre dans des affaires impliquant de très grosses sommes d'argent?".

Le quotidien à grand tirage Yédiot Aharonot relève pour sa part "l'impact sur l'opinion de la multiplication des enquêtes" visant M. Olmert, tout en rappelant que les trois précédents chefs de gouvernement israéliens, Ariel Sharon, Ehud Barak et Benjamin Netanyahu ont tous fait l'objet d'accusations semblables. Aucune de ses enquêtes n'a débouché sur une inculpation formelle, mais Omri Sharon, le fils d'Ariel Sharon, purge actuellement une peine de prison pour un motif semblable.

L'Autorité palestinienne, engagée dans d'intenses négociations avec le gouvernement Olmert, a exprimé sa crainte que la crise politique en Israël n'entraîne une "escalade des opérations militaires contre les Palestiniens" et "mette le processus de paix entre parenthèses".

La Maison Blanche a déclaré de son côté que les ennuis judiciaires de M. Olmert étaient une affaire intérieure israélienne ne changeant rien au programme de la visite du président George W. Bush en Israël la semaine prochaine.

Le secrétaire général du parti travailliste, Eytan Cabel, a estimé vendredi que M. Olmert devrait renoncer à ses fonctions, estimant que "cette nouvelle enquête était la goutte d'eau qui fait déborder le vase, vu l'accumulation des affaires" de corruption pesant déjà sur le Premier ministre.

Le chef du groupe parlementaire du Likoud, Gideon Saar, a réclamé pour sa part la "démission du gouvernement et la tenue d'élections anticipées". Vu la "gravité des soupçons qui pèsent sur Olmert, il n'est pas en mesure d'assumer ses fonctions", a-t-il dit. Dans une annonce dramatique jeudi soir à la nation, M. Olmert a rejeté des soupçons portés contre lui, tout en admettant avoir reçu des contributions financières.

"Je n'ai jamais perçu de pots-de-vin. Je n'ai jamais mis un sou dans mes poches", a-t-il proclamé, tout en reconnaissant avoir reçu des "contributions financières" pour différentes campagnes électorales de la part d'un homme d'affaires juif américain, Morris Talansky, 75 ans, vivant à New York. Il a insisté sur le fait que ces fonds n'étaient "pas illicites".

"Si la justice décide de m'inculper, je démissionnerai", a-t-il cependant assuré à la suite de la publication officielle des soupçons de corruption pesant sur lui.

Selon un communiqué du ministère de la Justice, M. Olmert est soupçonné d'avoir reçu de M. Talansky des "sommes importantes" et "non autorisées" pendant une longue période "alors qu'il était maire de Jérusalem puis ministre du Commerce et de l'Industrie".

Cet homme d'affaire est soupçonné d'avoir recueilli de diverses sources des sommes d'un montant de plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide qui ont été versées à M. Olmert. Ces sommes ont servi à financer ses campagnes électorales pour la mairie de Jérusalem en 1993, ainsi qu'en 1998, 1999 et 2002, dans le cadre du parti de droite Likoud.

M. Olmert qui devrait être bientôt à nouveau interrogé, après un premier interrogatoire le 1er mai, fait l'objet de trois autres enquêtes de police portant sur des soupçons de transactions immobilières frauduleuses d'une part, et de nominations politiques abusives alors qu'il était ministre de l'Industrie et du Commerce, de l'autre.

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