Israël: la Cour suprême ordonne de modifier la barrière avec la Cisjordanie

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  Israël: la Cour suprême ordonne de modifier la barrière avec la Cisjordanie

JERUSALEM, le 04/09/07 - La Cour suprême d'Israël a ordonné mardi une modification du tracé de la barrière de séparation dans le secteur du village de Bilin en Cisjordanie, symbole de la lutte des Palestiniens contre ce "mur" controversé.

"Le tracé fixé porte un préjudice considérable aux habitants de Bilin", a affirmé la Cour dans un arrêt, demandant au gouvernement d'envisager un tracé alternatif "dans un laps de temps raisonnable". Environ 200 hectares des terres de Bilin, situé à l'ouest de Ramallah, ont été confisqués et des milliers d'oliviers arrachés pour ériger la barrière, selon les Palestiniens.

L'arrêt de la Cour permettra aux habitants du village de récupérer "au moins 100 hectares" de terres confisquées, a affirmé Michael Sfard, l'avocat israélien de la municipalité de Bilin, qui a saisi la Cour suprême il y a environ deux ans et demi.

Des Palestiniens, ainsi que des pacifistes israéliens et étrangers, manifestent chaque vendredi à Bilin, devenu le symbole de la lutte contre le "mur" israélien qui empiète sur les terres palestiniennes.

"Le préjudice résulte de la saisie de terres en vue de la construction de la barrière, et de l'arrachage d'arbres se trouvant sur son tracé. De plus les villageois de Bilin se retrouvent coupés d'une grande partie de leurs terres agricoles à cause du tracé actuel de la barrière", affirme la Cour.La décision d'ordonner la modification du tracé a été prise à l'unanimité des trois juges. Ils avaient été saisis de cette affaire par le maire de Bilin Ahmed Issa Abdallah Yassin. M. Yassin s'est félicité de la décision de la Cour suprême, la qualifiant de "victoire". "Nous allons récupérer une partie des terres qui été confisquées par le mur. C'est une victoire pour nous", a-t-il déclaré. "Nous allons poursuivre notre action jusqu'à l'élimination du mur", a-t-il ajouté.

Selon Me Sfard, cette décision "prouve que le mur à Bilin est utilisé par Israël pour s'approprier des terres et non pour des raisons de sécurité". Il a affirmé que l'Etat israélien entendait grâce à la barrière de séparation "agrandir une colonie voisine de Bilin, Modiin Ilit" dont un nouveau quartier est en construction. L'avocat a précisé que la Cour n'imposait pas dans son jugement un nouveau tracé mais fixait des "paramètres": il ne devra pas englober de terres cultivées palestiniennes ni le quartier en construction de la colonie voisine. "Malheureusement, toutes les terres de Bilin ne seront pas rendues à leur propriétaires", a regretté l'avocat.

Présentée par Israël comme une "clôture antiterroriste", la barrière qui doit s'étendre à terme sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens. Elle empiète sur la Cisjordanie et rend extrêmement problématique la création d'un Etat palestinien viable.

Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l'a fait ensuite l'Assemblée générale de l'ONU. Israël n'a pas tenu compte de ces demandes.

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