Israël: l'ultra-nationaliste Lieberman entre au gouvernement

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
           Israël: l'ultra-nationaliste Lieberman entre au gouvernement

lieb.jpgLe chef du parti ultra nationaliste Israël Beiténou, Avigdor Lieberman, a fait son entrée officielle lundi dans la coalition d'Ehud Olmert, au moment où ce dernier peut être affaibli par l'ouverture d'une enquête de police à son encontre.

Le parlement a entériné dans la soirée l'entrée de M. Lieberman au gouvernement au poste de vice-Premier ministre et ministre des "Affaires stratégiques", chargé du dossier du nucléaire iranien.M. Lieberman a ensuite prêté serment à la tribune.

Il sera le 26ème ministre du gouvernement d'Ehud Olmert, qui pourra s'appuyer sur une assise de 78 députés sur 120 au parlement, une des plus larges de toute l'histoire d'Israël. Le gouvernement israélien avait voté plus tôt en faveur de l'entrée de M. Lieberman au gouvernement avec 22 ministres pour et un contre, le ministre de la Culture travailliste Ofir Pinès-Paz. M. Pines-Paz a annoncé dans la foulée sa démission du gouvernement. "Du moment où le gouvernement a décidé d'intégrer Avigdor Lieberman et Israël Beiténou, qui ont une plateforme raciste, je n'avais pas d'autre choix que de rester fidèle à la voie que j'avais choisie", a-t-il dit.
Le ministre avait tenté en vain dimanche, avec ses partisans, de faire barrage au Comité central du parti travailliste à l'entrée de M. Lieberman au sein de la coalition gouvernementale. Avigdor Lieberman prône un transfert partiel des Arabes israéliens, une communauté de 1,3 million de personnes, vers les territoires palestiniens, ce qui lui a valu d'être traité de "fasciste" et "raciste" par des députés arabes. "C'est un jour noir pour Israël (...) Il révèle le vrai visage du gouvernement d'Olmert", a déclaré à l'AFP le député arabe israélien Ahmed Tibi. "Je suis heureux de ce ralliement, et j'apprécie l'attitude des travaillistes (...) Ces développements vont renforcer notre coopération et donner une large assise au gouvernement", s'est félicité pour sa part M. Olmert.
Le Premier ministre a souligné qu'"il est primordial d'agir sur le front diplomatique, et cela concerne en premier chef le volet palestinien, les immenses efforts au sujet de l'Iran, et l'application de la résolution 1701" de l'ONU, qui a mis fin cet été aux hostilités entre Israël et le Hezbollah. L'arrivée au pouvoir de M. Lieberman marque un tournant à droite du gouvernement formé en mai. Partisan de la manière forte, le chef de Israël Beitenou (11 députés) s'était prononcé en 2001 pour des attaques contre l'Iran et le barrage d'Assouan en Egypte. Il s'est aussi opposé au retrait de la bande de Gaza l'an dernier et au démantèlement d'une centaine de colonies sauvages disséminées en Cisjordanie que les différents gouvernements israéliens se sont engagés à évacuer à de multiples reprises auprès des Etats-Unis.
Ces promesses sont pratiquement restées jusqu'à présent lettre morte. L'accession aux commandes de M. Lieberman intervient alors que M. Olmert est en position de faiblesse après les ratés de la guerre au Liban cet été et d'une série "d'affaires" l'impliquant. Le dernier déboire en date remonte à dimanche lorsque la justice a ordonné à la police d'ouvrir une "enquête préliminaire" sur son éventuelle implication dans des délits liés à la privatisation d'une banque. Le contrôleur de l'Etat, Micha Lindenstrauss, avait examiné il y a dix mois cette affaire qui concerne la privatisation de la banque Léumi, deuxième établissement financier du pays, et recommandé auprès du procureur général Menahem Mazouz d'envisager une enquête criminelle. M. Olmert a déjà été impliqué dans plusieurs enquêtes pour corruption ces derniers mois, mais aucune charge n'a jusqu'ici été retenue contre lui.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi