Antisémitisme : Hitler en librairie comme Molière, Aragon ou Marc Levy

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Antisémitisme : Hitler en rayon comme Molière, Aragon ou Marc Levy

Bientôt, Hitler en librairie. Ce serait, dit-on, une actualité banale. Son best-seller, "Mein Kampf", traduit en français, va être diffusé dans le courant de l’année par les éditions Fayard. Il était temps, doivent penser les nazis français qui ne comprennent pas un mot d’allemand.

C’est que la première édition traduite en français date de 1934, une seconde édition est sortie en 1938, toutes les deux circulent sans doute en catimini, pratiquement introuvables chez la plupart des bouquinistes honnêtes. Jusqu’ici pas la moindre réédition chez nous. Un long tunnel, de quoi faire languir nos derniers hitlériens.

Mais voilà, on va combler le manque : depuis quatre ans, ce livre appartient au domaine public, il est par conséquent libre de droits d’auteur, et tous les éditeurs du monde peuvent se l’approprier.

Récemment, en Allemagne, lors de sa dernière publication, "Mein Kampf" a connu ce qu’on appelle "un beau succès de librairie" (100 000 exemplaires vendus). Il vient d’être également publié cette semaine en Pologne, le pays d’Auschwitz – on ne sait pas encore si l’ouvrage a été bien accueilli par le public polonais.

En tout cas il se vend encore et toujours dans de nombreux pays comme en Turquie ou en Inde – on dit même qu’il se vend "bien".

 

Pour ceux qui l’ont feuilleté, "Mein Kampf" est une très longue et plutôt ennuyeuse imprécation de l’auteur sur sa vision politique, sur la place de son pays dans le monde et l’organisation de la future société, où il décline toute sa haine contre les ennemis de l’Allemagne, et en particulier les juifs.

Il l’a écrit en 1924, alors qu’il était en prison en Bavière, condamné pour une tentative de coup d’Etat. À l’époque, on ne donnait pas cher de son avenir. L’auteur n’était qu’un hurluberlu qu’on supposait solitaire. On sait ce qu’il advint.

Moins de dix ans plus tard, lui et son parti gagnent les élections démocratiques, prennent le pouvoir en Allemagne, puis instaurent la plus redoutable des dictatures. Moins de vingt ans plus tard, ses troupes se répandent à travers l’Europe, occupent plusieurs pays dont la France, mettent en pratique le génocide des juifs, six millions de morts, et tentent en vain d’envahir l’Union soviétique.

La guerre perdue, cerné dans son bunker, l’auteur se suicide le 30 avril 1945, sans avoir publié d’autres livres.

Des questions naïves viennent à l’esprit. La publication en français de "Mein Kampf" est-elle donc indispensable ? Est-ce un outil historique majeur proposé à la curiosité des foules et à l’édification des générations futures ? Comment sera organisée la promotion de l’ouvrage ?

Combien d’exemplaires seront mis en vente ?

Les éditions Fayard, qui l’an dernier ont retardé la sortie du livre à cause de la situation sanitaire, précisent simplement que la présente édition sera accompagnée "d’un appareil critique, établi par un comité scientifique d’historiens français et étrangers". ça soulage les bonnes consciences.

Tous les arguments sont bons. On peut même affirmer que cette prochaine publication est la preuve que la censure n’existe plus dans nos démocraties (ce qui est faux), que toutes les précautions intellectuelles et historiques ont été prises pour ouvrir les yeux du lecteur.

On va aussi expliquer qu’on peut sans problème acheter le Petit Livre rouge de Mao, cher à l’extrême gauche de jadis, et même les œuvres reliées de Joseph Staline, et que, par conséquent, dans le cadre d’un rééquilibrage idéologique, rien ne s’oppose à vendre de l’Hitler au grand public.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ressens quelque chose de grave, de sinistre, comme un malaise à vomir et plus encore, à l’idée qu’on va librement exposer dans toutes les librairies cette Bible brune porteuse du plus grand crime contre l’humanité. Hitler en rayon, comme Molière, Uderzo, Aragon ou Marc Lévy ? "Mein Kampf", un bouquin comme tant d’autres ?
Trouve-t-on du poison en vente libre dans nos pharmacies ?

Source : Ladepêche

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