Israël : un autre volet dans la série de la disparition de bébés dans les années 50

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Israël : un autre volet dans la série de la disparition de bébés dans les années 50

Pendant près de 60 ans, les membres de la famille Mukhtar du Moshav Avital, dans la vallée de Jezreel, ont pensé que l'aînée de la fratrie, Tikva, était décédée à l’hôpital d'Afula.

Mais les informations qui leur sont parvenues il y a quelques années ont révélé un mystère qui a provoqué un traumatisme tragique chez ses frères encore en vie. Et malgré l’abondance d’archives et des documents apparemment clairs - l'État ne peut pas résoudre le mystère.

Le bébé, Tikva Mukhtar, dont le numéro de carte d'identité était 053452793, est officiellement décédé quelques heures après son arrivée à l'hôpital HaEmek avec une fièvre. Mais maintenant, sa famille a obtenu une série de documents qui font clignoter une loupiote rouge autour de l'annonce officielle de sa mort.

Premièrement, il s’avère qu'il y a deux ans, l'État lui a délivré un certificat de personne âgée. En outre, le courrier provenant du système d’assurance nationale qui lui était destiné a été déposé pendant un certain temps dans la boite aux lettres d’une homonyme. En outre, elle est toujours inscrit au registre des électeurs de l'État d'Israël et, surtout, un document de l'Institut national des assurances indique que la même Tikva, apparemment décédée en 1956, est sortie des frontières israéliennes en 1995.

Comment est-ce arrivé? Son frère Yona a déclaré : "On l’a enlevée à l’hôpital et son nom ainsi que son numéro d’identité ont été modifiés. Elle est en vie, elle vit dans le pays et ce dernier m’empêche de la voir. Je ne veux pas de compensation de la part de l'Etat ... Je promets de ne pas poursuivre l'État en justice pour ce qu'ils ont fait. Je veux juste rencontrer ma sœur".

"Elle n'a pas passé la nuit"

Aziza et Habib Mukhtar ont immigré d'Irak en Israël et se sont installés au Moshav Avital, près d'Afula. Tikva, leur fille aînée, est née le 13 février 1956 à l'hôpital Haemek d'Afula. Le 24 juillet de la même année, ses parents l'ont emmenée à l'hôpital pour une fièvre. On leur a demandé de la laisser la nuit en observation. Au matin, Habib est venu récupérer sa fille et on lui a dit qu'elle n'avait pas survécu.

Son frère Yona raconte qu'au début, sa mère avait refusé de le croire. "Elle a pleuré pendant des jours et des nuits, elle a pleuré des larmes de sang", dit-il. "Elle disait:" Et ma fille, où est-elle? A-t-elle des vêtements, de la nourriture ? Est-elle jetée dans la rue ? Où est ma fille?" Pour la rassurer, mon père lui disait qu'elle était morte.

Malgré l’abondance d’archives et des documents apparemment clairs - l'État ne peut pas résoudre le mystère.

Malgré l’abondance d’archives et des documents apparemment clairs - l'État ne peut pas résoudre le mystère.

Le temps a passé et pendant des décennies, la famille a cru que Tikva était morte à l'hôpital, mais quelque chose s'est passé durant l'hiver 2015. Habib est décédé et l'une des personnes en deuil s'est tourné vers Yona et lui a dit: "La fille de tes parents n'est pas morte et je peux te le prouver. Dans deux semaines des élections auront lieu pour la Knesset. Va au Moshav Avital, elle apparaît dans la liste des électeurs avec le numéro d'identification sous lequel elle est née".

Yona s’est rendu au village mais une recherche selon le numéro d'identification a montré qu'elle n'était pas venue voter. À ce stade, il a découvert qu'une autre femme appelée Tikva Mukhtar habitait sur place. Il est allé la voir et il a découvert que depuis des années, du courrier destiné à sa sœur lui parvenait par erreur.

"Dans l'un des documents figure le code secret de ma sœur à l'Institut national des assurances (Bitoua'h Leoumi)", dit-il. "Sur le site il est dit qu’en 1995, elle a quitté le pays. Il y a deux ans, elle a reçu un certificat de senior du bureau de l'égalité sociale. Si elle a quitté le pays en 1995, comment est-il possible qu’elle reçoive toujours des bons de paiement et un certificat de senior?"

Il y a un document ici indiquant qu'elle a quitté le pays. Que dit la police de l'immigration?

"Ils disent qu'ils n'ont pas ce papier. Comment peut-il en être ainsi? Ils n'ont pas de trace de ceux qui ont traversé la frontière ? Mais en 1995, si quelqu'un quittait le pays avec un chien, ils enregistraient même la couleur de la laisse. L'établissement coopère simplement pour cacher ce qui s’est passé, mais il n’y a plus rien à cacher. C’est clair. Ils ont volé des bébés »

Qu'on dit les parents au fil des ans?

"Ils savaient qu'elle était morte. Ils n'avaient aucune autre preuve. Les médecins ont dit qu'elle était morte, et c'était tout."

En larmes, il ajoute: "L’État ne me laisse pas voir ma sœur avant de fermer les yeux. Je suis à la fin de ma vie, je suis malade du cœur, je souffre de diabète, j’ai de la tension et du cholestérol. J’ai servi 25 ans dans la sécurité. Mes enfants sont à l'armée. Ma grande fille et mon gendre au ministère de la Défense. Et l'Etat ne me permet pas de voir ma sœur. Sa mère est morte de chagrin à 41 ans. Son frère fait une crise cardiaque à l'âge de 41 ans. Je ne veux rien d'elle, seulement la ramener dans sa famille biologique. "

Comment vit-on dans cette ignorance?

Je n’ai plus de vie. J’ai subi un pontage coronarien qui n’a pas fonctionné et il n’y a rien à faire. Je ne sais pas combien de temps il me reste. C’est comme suspendre une personne par les pieds et lui dire «attends». Pourquoi ne puis-je pas rencontrer ma sœur ? Elle est vivante, elle est en Israël. Tous les documents en témoignent.

L’Autorité de la Population a répondu que selon leurs dossiers, Tikva était bien morte en 1956.

L’Institut des assurances a transmis : "Le Bitoua’h Leoumi reçoit les informations relatives aux naissances et aux décès du ministère de l’Intérieur. Dans ce cas, en 2018, le ministère de l'Intérieur nous a informés que Mme Mukhtar était décédée en 1956. Toutes les lettres envoyées jusqu'à la réception de la mise à jour concernant Mme Mukhtar étaient des actions automatiques découlant des informations contenues dans le registre de la population ".

Le ministère de l'Égalité sociale indique que le traitement de ce genre de cas n’est pas de son ressort :  " Le ministère de l'Égalité sociale envoie à chaque personne âgée à l’approche de l'âge de la retraite un certificat de sénior. Les données utilisées par le ministère aux fins de la délivrance des certificats sont obtenues auprès du registre de la population. Nous examinerons la question avec l'Autorité de la Population. "

Source : Ynet

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