Israël: sauver la mer morte en n'achetant plus ses produits dérivés

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Saline sur les côtes de la mer Morte, le 11 janvier 2017.

Située entre Israël, la Cisjordanie en territoire palestinien et la Jordanie, cette mer qui est en réalité un lac salé de 810 km². C'est un écosystème unique au monde. Depuis les années 1970, elle a perdu le tiers de sa surface.

Imaginez une étendue d’eau, bleue comme du cobalt, ourlée de concrétions de sel et bordée d’escarpements rocheux. C’est le point le plus bas de la planète : 430 mètres sous le niveau de la mer avec ses eaux huit fois plus salées que celles la Méditerranée.

Mais la mer Morte est en danger car depuis les années 1970 elle a perdu le tiers de sa surface.

Julie Trottier qui est directrice de recherche au CNRS est spécialiste de l’eau et dans un entretien pour la revue 6 mois, elle raconte pourquoi la mer Morte rétrécie inexorablement au point qu’elle pourrait ressembler dans quelques décennies à une triste flaque boueuse.

Comment expliquer ce processus ?

Julie Trottier raconte que pendant des millénaires, l’eau s’évaporait de manière naturelle. La mer Morte se remplissait d’eau douce par le fleuve Jourdain via le lac Tibériade. Et puis en 1960 cet équilibre a été rompu lorsqu’Israël a créé une gigantesque voie d’eau dans le but de « verdir le désert ». Pour y parvenir, l’écoulement naturel vers le Jourdain a été empêché par un barrage édifié au sud du lac.

Et puis à la même époque la Jordanie a construit de son côté un canal pour puiser l’eau d’un affluent du Jourdain afin d’exploiter les sels de la mer Morte. 

Résultat : ces deux infrastructures ont eu pour effet d’accélérer l’évaporation de l’eau entraînant depuis une baisse du niveau de la mer d’1,20 mètre chaque année en moyenne.

Et par endroit c’est la désolation. Certaines plages ressemblent aujourd’hui à des villages fantômes. L’un des symptômes les plus alarmants de cette sécheresse, est la multiplication des cratères. Car l’eau en reculant laisse derrière elle un terrain truffé de poches de sel. Et au contact de l’eau douce, ces crevasses peuvent brusquement s’effondrer et avaler tout ce qui se trouve à la surface. La mer Morte pourrait donc à moyen terme devenir un désert de sel. 

Est-ce qu’il y a des solutions pour sauver la Mer Morte ?

Il y a un projet israélo-jordanien totalement pharaonique qui est dans les cartons depuis un moment et qui consisterait à construire un canal de 180 kilomètres pour renflouer la mer Morte avec l’eau de la mer Rouge.

Mais ce chantier audacieux, estimé à près de 10 milliards de dollars, ne trouve pas de financement et se révèle dangereux pour la mer Morte qui pourrait voir sa précieuse composition minérale bouleversée par le déversement de saumure. L’objectif de sauver ce lieu mythique reste donc encore un vœux pieux.

En attendant, Julie Trottier conseille de faire un geste utile pour la mer Morte en arrêtant d’acheter les produits cosmétiques provenant de là-bas et qui participent à sa disparition progressive.

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