Israël : ce n'est pas une blague, ce pain est casher pour Pessa'h

Actualités, Fêtes, Insolites, Israël, Judaïsme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Israël : ce n'est pas une blague, ce pain est casher pour Pessa'h

"Je suis le boulanger, mais le secret de la préparation du pain réside entre les mains de ma femme", explique Yehuda Luchter, 40 ans, musicien et propriétaire de la boulangerie Taffman à Bat Ayin, qui produit des pains cashers pour la Pâque juive (Pessa’h). Une véritable bonne nouvelle pour tous ceux qui ne peuvent passer Pessa’h sans produit de substitution véritable.

Bien qu'il soit considéré comme une graine d'un point de vue botanique, le teff ne l'est pas car il ne fait pas partie des cinq types de graines interdits à la Pessa’h - blé, orge, avoine, seigle et épautre. "Le teff est le grain le plus vieux du monde, il a 3000 ans", explique Yehuda, "et il n'a pas changé depuis, et certains affirment qu'il est originaire d'Israël et est arrivé en Ethiopie avec la reine de Saba.

Aujourd'hui, 95% de sa croissance dans le monde provient d'Éthiopie, où il constitue la composante majeure de l'alimentation quotidienne de la population et possède d'excellentes valeurs nutritionnelles. "Le teff que nous utilisons est une espèce particulière qui provient d’un endroit très spécifique en Éthiopie et j’accompagne moi-même le processus de mouture. En Israël aussi, nous essayons de cultiver du teff, au Kibboutz Sa'ad, mais il est différent de celui qui pousse en Éthiopie".

La personne qui a découvert comment transformer du teffe en pain est Liora, l’épouse de Yehuda qui est montée en Israël dans le cadre de l’opération Salomon. "Un jour, ma femme est venue vers moi avec une miche de pain et m'a dit de la goûter". Le goût était spécial, complètement différent de l'injera, ce que l’on prépare en général avec le teff.

"C’était une question de timing, comme en musique, il y a un moment où le pain lève et ma femme est parvenue à saisir ce moment. Nous avons commencé à vendre du pain sur les étals et tout est parti… comme des petits pains. Nous avons également vendu à la maison à l’occasion de festivals et le stock s’est écoulé très rapidement. Nous avons réalisé que nous détenions quelque chose de nouveau et d’intéressant. "

Yehuda Luchter et son pain de teff

Yehuda Luchter et son pain de teff

Yehuda et Liora ont transformé leur loisir en entreprise, créant une boulangerie qui produit aujourd’hui des centaines de pains par mois. Le pain est approuvé par le rabbinat de Gush Etzion et par le rabbin Shmuel Eliyahu, puisque tous les décisionnaires rabbiniques et érudits s'accordent pour dire qu'il est permis de manger du teff pendant Pessa'h, même lorsqu'il est fermenté, et même lorsqu'il est cuit sous forme de pain.

Étonnamment, les personnes issues du pays qui est à la source du teff  ne le mangent pas pendant Pessa’h. Les Juifs éthiopiens le considèrent comme ‘hametz et ne le consomment pas pendant la fête. Liora elle même s’abstient de consommer les pains et pâtisseries qu'elle prépare.

"Les Juifs éthiopiens sont partis en exil après le Premier Temple. Pour eux, le teff est du chametz. Ils n'en mangent pas du tout pendant Pessa’h. Cependant, si vous demandez à un Éthiopien s'il mange du pain de teff durant la Pâque, il vous dira que ce pain n'existe pas. Vous devrez lui montrer qu'il y a une famille à Bat Ayin qui en produit et même dans ce cas, il n'est pas sûr qu’il y croira car pour lui, le teff est de l’injera et non du pain.

"Le teff ne lève pas même si vous y mettez de la levure. Il n'y avait donc pas de pain de teff en Ethiopie, ma femme l'a inventé. Pour un éthiopien, manger du teff a Pessa’h est impensable, c'est comme si vous disiez à un ashkenaze de manger du riz, il sait que ce n'est pas du ‘hametz, mais il ne le mangera tout de même pas."

"Tout le pain que nous avons préparé pour Pessa'h est déjà vendu", conclut Yehuda. "Et nous nous sentons comme investis d’une mission, parce que notre pain fait du bien au peuple."

Source : Israel HaYom

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi