Israël : des immigrants soumis à des tests ADN pour déterminer leur judéité

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Israël : des immigrants soumis à des test ADN pour déterminer leur judéité

Une tempête politique a éclaté la semaine dernière lorsque le le ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, a admis que des centaines de milliers de personnes qui immigraient en vertu de la loi sur le retour n'étaient pas juives au regard de la loi juive. Il a ajouté que cela posait des difficultés dans le cas où elles souhaitaient se marier.

Il y a deux semaines, Ynet a révélé qu’au cours de l'année écoulée, près de 20 couples dans lesquels l'un ou les deux conjoints étaient issus de l'ex-Union soviétique avaient été invités à effectuer un test ADN afin de prouver leur judéité comme condition préalable à l'enregistrement de leur mariage.

Aryeh Deri a d'abord nié l'existence de ces tests, mais le grand rabbin David Lau l'a admise. Cependant, il a affirmé qu'il ne s'agissait que de cas particuliers et isolés et que les tests avaient été effectués sans contrainte. Mais divers témoignages et protocoles découverts par Ynet et Yedioth Ahronoth révèlent une image différente.

Selon le tableau qui ressort des débats dans les tribunaux régionaux de nombreuses villes et des demandes récentes de l’organisation Atim, qui s'occupe de fournir assistance et conseils relatifs aux services religieux en Israël, il semble que dans au moins 20 cas, recensés au cours de l'année écoulée, les candidats au mariage ont été invités à s'inscrire pour subir un test ADN. Les témoignages montrent qu'il s'agit d'un processus long et fastidieux, parfois humiliant.

Dans un de ces cas, on a demandé à une jeune femme venue au rabbinat avant son mariage pour s'enregistrer de présenter le test ADN de sa mère et de sa cousine afin de vérifier que sa mère n’avait pas été adoptée.

Bien que la judéité de la grand-mère ne suscite aucune inquiétude, le rabbinat insiste néanmoins sur les tests génétiques, en partie à cause de retard dans la délivrance de l'acte de naissance de la mère de la requérante. On lui a dit que si elle refusait, sa demande de mariage serait refusée.

Dans une autre affaire, la personne souhaitant ouvrir un dossier de mariage a été placée sur une liste "mariage en attente" après avoir refusé de procéder à un examen de judéité, ce qui lui était demandé en raison de contradictions apparentes dans les documents concernant le judaïsme de sa grand-mère.

Deri et Lieberman. Un cas qui a provoqué une tempête politique (Photo: Yair Sagi)

Deri et Lieberman. Un cas qui a provoqué une tempête politique (Photo: Yair Sagi)

Dans un autre cas dans lequel la question de la judéité d'une jeune femme avait été soulevée, il était écrit que, pour que le tribunal puisse déterminer que la requérante était bien juive, on lui ordonnait, ainsi qu'à sa mère, "un examen de tissus, y compris un examen mitochondrial, afin de s'assurer que la requérante était bien la fille biologique de sa mère".

On lui a demandé de passer les tests au centre médical Sheba à Tel Hashomer exclusivement même si sa mère âgée avait des difficultés à se déplacer jusque là-bas. D'autres cas et témoignages se sont accumulés, et tous montrent la même image - les candidats sont tenus de subir des tests afin de pouvoir s'inscrire comme juifs ou se marier.

En réponse à l'article, Avigdor Lieberman a déclaré: "Les tests ADN révèlent une discrimination flagrante et un racisme de la part de l'establishment ultra-orthodoxe à l'égard des immigrants de l'ancienne Union soviétique. Je demande aux rabbins en chef Rabbi David Lau et Yitzhak Yossef, qui ont donné l'autorisation pour ces tests dégradants, de démissionner immédiatement. "

"Il est inconcevable que l'État qui a fait venir les immigrants en Israël soit celui qui doute de leur judéité", a déclaré le rabbin Shaul Farber, président de l'organisation Itim, qui aide les immigrants à prouver leur judéité devant le grand rabbinat.

"Les immigrants, qui ont lutté pour préserver leur identité juive dans la diaspora face à la montée de l'antisémitisme, se voient obligés de prouver cette identité même dans un pays qui est censé être leur protecteur et leur foyer".

Le juge en chef du tribunal rabbinique d'Israël, David Lau, grand rabbin d'Israël, a répondu: "Malheureusement, il existe des immigrants qui, malgré leur éligibilité à la loi du retour, ne sont pas définis comme juifs selon la loi juive.

Une personne a qui l’on demande de prouver sa judéité a le devoir de le faire devant le tribunal - et les tribunaux ont pour instruction d'agir avec discernement dans toutes les affaires, pour faciliter le processus.

Dans des cas isolés, il arrive que des personnes prétendent savoir qu'elles sont juives, mais ne disposent pas des documents qui confirment leurs propos. Dans un tel cas, le tribunal peut, uniquement pour aider le demandeur, lui proposer un test ADN pour renforcer sa demande. Mais personne n'a jamais été obligé de s’y soumettre. Les tests ADN ne servent pas à clarifier la judéité conformément à la loi juive, mais contribuent simplement au processus d'enquête. "

Source : Ynet

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