Israël : Vous voulez divorcer ? Prouvez que votre mari a la gale

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Israël : Vous voulez divorcer ? Prouvez que votre mari a la gale

Il est tôt le matin devant le tribunal rabbinique et nous accompagnons une cliente pour discuter de son action en divorce. Au cours des 20 dernières années, elle a vécu avec un homme violent. Elle a enfin repris courage et s'est séparée de lui. Depuis la séparation, plus de deux ans se sont écoulés. Elle est revenue aux audiences à maintes reprises, seulement pour apprendre que le tribunal n’avait aucun moyen de l’aider. Plus de deux ans d’impuissance, de frustration et d’anxiété. La discussion recommence.

"Je veux divorcer", dit-elle.

"Mais je l'aime", dit le mari.

"Mais elle ne t'aime pas", dit le dayan.

"Mais je l'aime", dit le mari. "Je ne veux pas lui donner le divorce".

Cela a donc duré presque une heure. En fait, cela a duré plus de deux ans. Le tribunal rabbinique peut, au mieux, menacer, avertir, réprimander, mais tout cela ne change rien au fait qu’il ne peut rien faire. La seule personne dont tout dépend est le mari lui-même.

Une des raisons de divorces est de prouver que votre mari a une maladie contagieuse

Une des raisons de divorce est de prouver que votre mari a une maladie contagieuse

Une autre discussion, cette fois une action en divorce devant le Beit Din Harabani Hagadol (Haute Cour de justice rabbinique). Les juges du tribunal régional ont déjà rejeté la demande et jugé que l'époux ne devrait pas être forcé de divorcer. L’épouse a fait appel devant la Haute Cour et a ajouté de nouvelles informations: Depuis qu'elle a décidé de divorcer, son mari a commencé à la traiter avec violence, et un acte d'accusation a même été déposé contre lui.

Et que dit le Beit Din? Au lieu de dire que maintenant, alors que l’épouse a prouvé la violence de son mari, il faut accélérer le divorce, le tribunal donne une interprétation plus originale et moins logique: la violence est justifiée, c’est la faute de l’épouse.

Après tout, votre mari ne vous aurait jamais battue si elle ne l’aviez pas énervé en engageant une procédure de divorce contre lui, a déclaré le tribunal à l’épouse effarée. Vous avez demandé le divorce, vous ne devriez pas être surprise qu'il soit nerveux. En d'autres termes, non seulement ce n'est pas une raison pour obtenir un guet, mais il est également très logique qu'il vous frappe.

Dans cette affaire, la Grande Cour a suivi la décision du tribunal régional et a rejeté la demande de divorce de l’épouse. "Il est tout à fait possible que l'incident (la violence) se soit produit après la présentation de la demande de divorce et du litige qui a suivi, et s’il n’y avait pas eu de demande de divorce, on imagine que l'événement susmentionné n'aurait pas eu lieu."

Il semble que les choses parlent d'elles-mêmes: non seulement la violence n'est pas nécessairement une cause de divorce, mais si vous avez le malheur d'ennuyer votre mari comme dans le cas de cette malheureuse femme, la violence que vous essuyez est vraiment de votre faute.

La violence n'est pas une cause de divorce, mais une mauvaise odeur, oui

Dans l'État d'Israël de 2019, une femme qui souhaite divorcer ne peut pas le faire seule: les sources juives contiennent une liste longue et pas nécessairement pertinente de "motifs de divorce" qu'une femme peut essayer de prouver devant un tribunal.

Si ces motifs sont avérés, le tribunal peut contraindre un mari à accorder le guet à sa femme par le biais d’une peine d'emprisonnement ou d'autres sanctions. Dans tout autre cas, le tribunal peut ordonner, crier ou se mettre en colère - mais il ne peut pas forcer.

Alors quels sont ces motifs? Voici une liste partielle fixée par la loi juive: un mari répandant une odeur nauséabonde ou atteint d'une maladie contagieuse comme la lèpre, la gale ou des furoncles purulents, un mari exceptionnellement violent - et un mari adultère uniquement s'il met en danger sa femme en étant atteint du sida ou d’une autre maladie sexuellement transmissibles.

De manière surprenante, l’adultère de l'homme sans crainte de contracter de maladie, ni la violence (à moins qu'il ne s'agisse d'une violence très grave), ne semblent être des raisons très logiques et très fondamentales pour mettre fin à un mariage.

Le tribunal peut intervenir dans de tels cas et "obliger" le mari à accorder un guet - mais cette décision n'aura de sens que si le mari décide de l’accomplir. Et ça dépend de lui seul.

Source : Israel HaYom

Vos réactions

  1. yossef.toledano@hotmail.fr'TOLEDANO

    Nous vivons une époque où nous voulons tout mais sans jamais respecter les règles du jeu en faisant appel à différents référentiels (la loi divine et la liberté des mœurs) pour brouiller les cartes et se permettre l’inconcevable de s’attaquer aux lois divines.
    Je rappelle que le bet din n’est que le représentant de la torah et ne peut qu’appliquer la loi qui se trouve être une loi divine et non écrite par les hommes.
    Se moquer, mépriser, ou remettre en cause les lois du guett reviennent à remettre en cause les lois de notre torah, et donc de D… lui-même.
    Pour simple rappel, toutes les femmes au moment de se marier sont heureuses de se présenter sous la houppa et elles ont raisons puisqu’elles suivent les préceptes et règles et valeurs de nos pères, mais arrivées au guett, elles veulent obtenir des choses qui ne répondent plus à nos lois et se justifient dans leur de façon déplacée de parler en ridiculisant nos lois divines.
    Pourtant la torah elle-même n’oblige personne à contracter le mariage religieux pour fonder une famille, et auquel cas, la femme peut trouver la liberté de se libérer de son mariage sans être concernée par le guett.
    Le problème est qu’elle veut bénéficier de toutes les garanties que la torah a mise en place pour elle en tant qu’épouse, et ce contrat est composé par la loi divine elle-même, y compris les règles de sortie par le guett avec toutes ses règles.
    C’est pourquoi, elle doit faire son choix depuis le début : soit fonder une famille sur la base d’un mariage religieux ou se suffire d’un mariage civil ou sur rien du tout… !
    Qu’on arrête à présent de ridiculiser notre torah car les options sont multiples et chacun sait choisir son chemin. Bien entendu qu’après, il faut l’assumer !

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