Israël : un dictionnaire historique de la langue hébraïque

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Israël : documenter le miracle de la langue hébraïque

Gabriel Birnbaum, 66 ans, est un chercheur senior qui a aidé à documenter et à définir chaque mot hébreu de textes anciens tels que les manuscrits de la mer Morte comme de romans contemporains de figures littéraires israéliennes comme Amos Oz.

L'homme chaussé de lunettes, deux stylos dans la poche de sa chemise et une calotte noire sur ses cheveux gris pointe du doigt son écran d'ordinateur et nous explique son projet épique couvrant des générations.

"C'est une tâche gigantesque en cours depuis 1959, et même si une étape du projet numérique a été atteinte, il reste encore beaucoup à faire".

Appelé Historical Dictionary Project par l'Académie israélienne de langue hébraïque, il servira de ressource précieuse pour les chercheurs, les écrivains et les linguistes. Mais il tiendra également lieu d'ancre pour l'hébreu, langue ancienne ressuscitée au 19ème siècle.

Le travail accompli jusqu'à présent est déjà disponible pour le public en ligne.

Pour Birnbaum, qui travaille pour le projet depuis environ 13 ans et est chargé d'écrire les entrées du dictionnaire, les chercheurs «comprennent que nous faisons quelque chose de très important pour le peuple juif».

"Pour la linguistique en général aussi, parce que c'est un énorme projet linguistique en soi", a-t-il ajouté.

Dans son bureau tapissé de livres au siège social du projet à Jérusalem, il a cliqué sur diverses entrées. Le mot hébreu pour table, par exemple, a fait remonter près de 3 000 occurrences, y compris dans le livre biblique de l'Exode, dans une section où D.ieu dit à Moïse de créer un tabernacle.

Bien que de tels dictionnaires historiques existent pour d'autres langues – comme par exemple le monumental Oxford English Dictionary - le statut de l'hébreu peut donner au projet une importance accrue.

Des incarnations antérieures de la langue ont été prononcées par les anciennes communautés juives à l'endroit même où l'Etat moderne d'Israël se situe aujourd'hui. Au fur et à mesure de la fuite en exil des Juifs, l'hébreu, en tant que langue parlée, a commencé à s'effacer, bien qu'elle continua à être utilisée par écrit. Environ 1.700 ans plus tard, à la fin du 19ème siècle, elle a été ramenée à la vie dans le cadre de l’initiative des Juifs sionistes de se réinstaller dans les terres d'où leurs ancêtres ont fui.

Le bâtiment Eliezer Ben Yehuda de l'université Hébraïque de Jérusalem

Le bâtiment Eliezer Ben Yehuda de l'université Hébraïque de Jérusalem

"C'est un miracle", a déclaré Birnbaum, un père de cinq enfants qui a déménagé en Israël depuis la Hongrie à l'âge de six ans.

Au siège du projet, des meubles et des livres d'Eliezer Ben-Yehuda, considéré comme le père de l'effort entrepris pour relancer l'hébreu.

Ben-Yehuda, décédé à Jérusalem en 1922, a commencé à travailler sur le premier dictionnaire hébreu moderne, et ses feuillets manuscrits sont inclus dans la collection.

Environ 25 personnes travaillent actuellement sur le projet. "Quand il a débuté en 1959, nous n'étions que cinq", a déclaré Birnbaum. La plupart des manuscrits et des inscriptions anciennes sont situées à l'extérieur d'Israël, ce qui exige des chercheurs de s'appuyer sur des photostats. Plus récemment, beaucoup d’images ont été mises en ligne, y compris le calendrier de Gezer, considéré par certains comme l'écriture hébraïque la plus ancienne connue datant du 10e siècle av.

Toute la littérature ancienne y sera incluse car les exemples sont relativement peu nombreux, mais pour les années suivantes, des échantillons représentatifs sont triés sur le volet.

Au début, les chercheurs ne se sont pas concentrés sur la Bible parce que des dictionnaires bibliques fiables existaient déjà. Ils ont opté pour l’approfondissement d'autres ouvrages anciens tels que le Talmud. Depuis lors, des textes bibliques ont été ajoutés. Les chercheurs étudient les textes et entrent les mots manuellement.

Quelque 50 000 entrées sont déjà incluses grâce à l'analyse linguistique, et les définitions ont commencé à être écrites en 2005.

"L'idée est de fabriquer une base de données électronique", a déclaré Steven Fassberg, l'éditeur associé du projet, ajoutant que personne ne pouvait se risquer à évaluer le nombre d’années nécessaires à sa réalisation.

Charlotte Brewer, professeur au Collège Hertford d'Oxford, chercheuse pour le Oxford English Dictionary, a déclaré que le projet "a été évidemment soigneusement planifié".

"Les projets de dictionnaires ayant pour objectif de tracer l'histoire de la langue d'une nation sont habituellement étroitement liés aux croyances culturelles et idéologiques sur la nationalité, le patriotisme, etc., et ce projet ne fait pas exception", a-t-elle déclaré.

Birnbaum est fier du travail commencé par Eliezer Ben-Yehuda. Il désigne une plaque, apposée sur le mur de la pièce où les meubles de Ben-Yehuda sont rassemblés. On peut y lire un enseignement traditionnel juif: «La journée est courte et la tâche est considérable» (Maximes des Pères, 2:15)

Source : Arutz 7

Copyright: Alliance

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