Iran : les quatre explosions mystérieuses ont elles éloignées la menace pour d'Israël ?

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Téhéran a fait état jeudi d'un "accident" au sein du complexe nucléaire de Natanz, dans le centre l'Iran, et mis en garde les Etats-Unis et Israël contre toute action hostile à son endroit. La nouvelle de l'accident a d'abord été annoncée dans la matinée par un communiqué relativement confus de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA). Le porte-parole de cette institution, Behrouz Kamalvandi, a ensuite fait une mise au point à l'antenne de la télévision d'Etat, mais aucune explication sur les causes de l'accident n'avait encore été fournie officiellement en début de soirée. "C'était un entrepôt sans matériel nucléaire (à l'intérieur et donc) sans potentiel de pollution", a déclaré M. Kamalvandi, à propos du lieu de l'accident. "Nous n'avons pas de victime", des "équipes d'experts sont actuellement sur place et enquêtent sur les causes de l'accident", a-t-il ajouté, sans préciser la nature du sinistre --un incendie, selon l'agence Tasnim, qui cite le gouverneur de Natanz, Ramézan-Ali Ferdowsi. L'OIEA a ensuite publié la photo d'un bâtiment endommagé, apparemment par le feu, avant que la télévision d'Etat diffuse une courte vidéo de M. Kamalvandi à l'extérieur du bâtiment en briques. Les images montrent des dégâts limités et plusieurs ventilateurs en train de tourner. Entre-temps, et alors que les réseaux sociaux bruissent de rumeurs sur ce qui a pu se passer, l'agence officielle iranienne Irna a publié une dépêche en forme d'éditorial, notant que "certains comptes du régime sioniste" avaient "immédiatement attribué l'accident à un sabotage israélien". - "Lignes rouges" - Sans ce prononcer sur la véracité de telles informations, l'agence a jugé bon d'ajouter que la "stratégie" de la République islamique consistant à "empêcher toute escalade" devrait "être fondamentalement revue" s'il s'avère "que des pays hostiles, en particulier le régime sioniste (Israël, NDLR) et les Etats-Unis, franchissent les lignes rouges fixées par l'Iran", parmi lesquelles figurent "la sécurité" et "les intérêts" du pays. Washington et Israël accusent l'Iran de développer un programme nucléaire militaire secret, ce que la République islamique dément. L'Iran et les Etats-Unis sont apparus par deux fois au bord de l'affrontement militaire direct depuis juin 2019. Dans un article consacré à l'accident, BBC Persian (le service en persan de l'audiovisuel public britannique), média considéré comme "hostile" par les autorités de Téhéran, assure avoir reçu "plusieurs heures avant" les premières nouvelles de l'accident un communiqué d'un groupe inconnu revendiquant une "attaque contre le centre nucléaire de Natanz". La BBC, qui dit ne pas avoir pu authentifier cette revendication, dit que celle-ci est signée des "Guépards de la Patrie", qui se présentent comme un groupe "de dissidents au sein de l'appareil sécuritaire iranien". "S'il y a un feu quelque part, les ennemis de l'Iran affirment qu'il s'agit d'une frappe militaire", a réagi sur Twitter Mohammad Marandi, directeur du département d'études américaines à l'Université de Téhéran et commentateur politique. - "Mauvaise coordination" - Une succession d'incendies récents à Téhéran ainsi que deux explosions dans la capitale survenues au cours des sept derniers jours, dont l'une près d'un site militaire, ont suscité sur les réseaux sociaux des rumeurs selon lesquelles ces événements, présentés par les autorités comme des accidents, seraient en fait le résultat d'actes hostiles israéliens. "BBC Persian prétend qu'il s'agit d'un sabotage commis par une organisation secrète tandis que leurs camarades de la propagande israélienne affirment qu'ils s'agit d'une frappe de drone. Mauvaise coordination", a raillé M. Marandi. Le porte-parole de l'OIEA, a assuré qu'il n'y avait "pas eu d'interruption de l'activité du centre d'enrichissement" de l'uranium de Natanz. Depuis mai 2019, en riposte à la décision prise un an plus tôt par les Etats-Unis de se retirer unilatéralement de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, l'Iran s'est progressivement affranchi de ses obligations prévues par ce texte. En septembre 2019, le pays a ainsi relancé les activités de production d'uranium enrichi qu'il avait accepté de suspendre à Natanz en vertu de l'accord.

Quatre explosions ont-elles éloigné l'Iran d'une bombe nucléaire? Analyse

L'IR-9 - la centrifugeuse la plus avancée est loin de pouvoir produire quoi que ce soit.

Parmi la myriade de questions fascinantes entourant les quatre explosions mystérieuses récentes en Iran, reste à savoir si tout cela a  considérablement éloigné l'Iran d'une arme nucléaire?

À ce jour, la première réponse devrait être: probablement pas.

Depuis le rapport de mars de l'AIEA selon lequel la République islamique a franchi le seuil d'avoir suffisamment d'uranium enrichi à faible niveau pour une bombe nucléaire, le temps estimé pour Téhéran d'enrichir suffisamment de cet uranium jusqu'à un tel niveau armé est passé de 12 mois à seulement 4 mois.

Mais cette estimation avec l'explosion de Natanz jeudi dernier qui a endommagé de façon importante les centrifugeuses  des ayatollahs est évidemment a réévaluer

Les centrifugeuses sont des machines qui tournent à des vitesses extrêmement élevées pour enrichir l'uranium et éventuellement fabriquer une bombe nucléaire. Les centrifugeuses plus avancées, telles que les IR-4, IR-6, IR-8 et IR-9, peuvent enrichir l'uranium entre quatre et 50 fois la vitesse des centrifugeuses moins avancées, telles que l'IR-1.

L'Iran a déjà fait beaucoup de ce travail essentiel.

Il possède déjà suffisamment de matières nucléaires enrichies pour au moins une et probablement deux bombes nucléaires. Ce qui lui reste  à faire est principalement la décision d'enrichir le matériel de bas niveau à un niveau armé plus élevé.

De plus, bien que la République islamique aime se vanter de ses centrifugeuses avancées - et il y a des responsables des renseignements israéliens qui ont exprimé des inquiétudes à ce sujet, la plupart des experts nucléaires, y compris les faucons iraniens, ont déclaré que les centrifugeuses avancées n'étaient pas le principal problème .

L'IR-9, la centrifugeuse la plus avancée, est loin de pouvoir produire quoi que ce soit.

Il y a un débat en cours pour savoir si les IR-4 et IR-6 fonctionnent correctement et s'ils peuvent aider l'Iran à se rapprocher de la ligne d'arrivée des armes nucléaires, car ils étaient déjà connus pour leur dysfonctionnement.

Les experts nucléaires ont déclaré que la plupart des pays qui optent sérieusement pour les armes nucléaires choisissent un modèle plus avancé à maîtriser. Ils disent que plus Téhéran parle publiquement de centrifugeuses avancées, plus cela ressemble à un coup de marketing.

En outre, l'Iran ne dispose que de quelques centaines de centrifugeuses plus avancées, alors qu'il a près de 20 000 IR-1 et IR-2 ms.

De nombreux experts affirment que ces modèles moins avancés constituent toujours la véritable menace, car ils sont nombreux.

Si l'Iran rattachait tous ses IR-1 et IR-2 ms - dont 75% environ sont actuellement hors ligne - ce serait beaucoup plus menaçant que le petit nombre de modèles plus avancés.

Et encore une fois, beaucoup d'uranium est déjà enrichi.

Il y a également eu beaucoup de discussions sur Stuxnet et la cyber-guerre.

Selon des informations étrangères, la cyberattaque de Stuxnet en 2010 par les services de renseignements américains, israéliens et néerlandais a fait reculer la République islamique concernant ses progrès vers une bombe.

Mais Téhéran a finalement dépassé le point où il était en 2010.

Si l'une des quatre explosions était une attaque de quelque nature que ce soit de la part des États-Unis, d'Israël, des Saoudiens ou autre, l'objectif est tout au plus de gagner un peu de temps, peut-être jusqu'aux élections américaines - et de préfigurer davantage de menaces en fin de compte si le les ayatollahs se rapprochent d'une arme nucléaire.

Mais que ce soit dans les domaines diplomatique, militaire ou de sanction, il faudra bien plus que ces quatre explosions pour arrêter la marche de l'Iran vers une arme nucléaire à long terme.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi