La Syrie ne participera pas à la réunion internationale sur le P-O si la question du Golan n’est pas abordée

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La Syrie ne participera pas à la réunion internationale sur le P-O si la question du Golan n’est pas abordée

Article paru dans "L'Orient", le 02/10/07

Le président syrien, Bachar el-Assad, a déclaré hier que Damas se réservait « le droit de répliquer de différentes façons » au récent raid israélien contre son territoire. Il a également posé des conditions à la présence de la Syrie à la réunion internationale sur le Proche-Orient.
« Répliquer ne veut pas dire missile contre missile, bombe contre bombe », a déclaré le président syrien dans une interview à la BBC, dont des extraits ont été diffusés par la chaîne de télévison britannique BBC World. Selon la BBC, Bachar el-Assad a ajouté que l’objectif du raid israélien du mois dernier était « un bâtiment militaire désaffecté » et n’avait atteint « rien de conséquent ». « Nous disposons de nos propres moyens pour riposter, soit politiquement, soit autrement.

 
Mais nous avons le droit de répliquer de différentes façons », a souligné M. Assad. « Mais si nous ripostions militairement, nous serions en train de réagir conformément à l’agenda israélien, ce que nous rejetons. Cela ne veut pas dire que nous voulons dilapider les chances d’une paix dans un avenir prochain », a-t-il ajouté. Interrogé si son pays comptait frapper Israël, il a répondu : « C’est possible, mais nous ne pouvons pas dire que nous allons adopter cette option maintenant. Nous avons des moyens variés. » Quant à l’éventuel réarmement et renforcement du système de missiles de la Syrie notamment sur le plateau du Golan, dont une partie est occupée par Israël depuis 1967, M. Assad a estimé « normal et évident que nous nous préparions ». « Nous ne construisons pas une armée pour lancer des attaques mais pour défendre notre pays, et cela est normal notamment après la guerre contre le Liban l’an dernier (...) », a-t-il ajouté.

De son côté, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a accusé, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, certains responsables américains d’avoir répandu de fausses informations au sujet du raid israélien. « L’incapacité de la communauté internationale, notamment celle du Conseil de sécurité (de l’ONU), à condamner cet acte d’agression va encourager Israël à persister dans cette voie hostile et conduire à l’accroissement des tensions dans la région », a-t-il ajouté.


En outre, M. Assad a posé des conditions à la présence de la Syrie à la réunion internationale sur le Proche-Orient prévue en novembre aux États-Unis, indiquant que Damas n’y participerait que si l’ensemble des contentieux israélo-arabes étaient abordés. « Il devra être question d’une paix totale et la Syrie est une composante de cette paix générale. Sans cela, nous ne devrions pas y aller, nous n’irions pas », a-t-il prévenu. « S’ils ne discutent pas du territoire syrien occupé (le Golan), il n’y a aucune raison pour la Syrie de participer », a-t-il précisé. Il s’agit de la première réaction du président syrien au projet de Washington d’inviter Damas à participer à la conférence. « Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune invitation et nous n’avons obtenu aucune clarification à quelque titre que ce soit », a encore fait valoir M. Assad.
 
Il a néanmoins reconnu que ce rendez-vous représentait une occasion d’avancer vers la paix. « Nous n’avons pas le loisir de gaspiller les opportunités, car plus on en gâche et plus la paix sera difficile » à conclure, a-t-il relevé. « Cette conférence, comme n’importe quelle autre conférence, constitue une opportunité, mais elle devrait avoir des objectifs précis et conséquents », a-t-il poursuivi. « Je ne vois pas où est le but, quelle est la substance de cette (nouvelle) conférence, de quoi on va parler, quels sont la méthode et les moyens, tout, ce n’est pas clair », a-t-il dit, concluant : « Donc, quelle sorte de conférence... La Syrie a besoin de davantage de clarifications pour prendre une décision. »

Abbas souhaite un accord rapide avec Olmert
D’autre part, à Amman pour des consultations avec le roi Abdallah II de Jordanie, le président palestinien Mahmoud Abbas a souhaité hier que les négociations avec Israël débouchent sur un accord quant aux questions relatives au statut final d’un État palestinien, deux jours avant une nouvelle réunion avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert. « Un tel accord doit porter sur des questions-clés telles que Jérusalem, les frontières, les réfugiés, les colonies, la sécurité et l’eau », a-t-il déclaré. « Nous négocions avec Israël pour parvenir à un accord que nous puissions présenter à la réunion internationale avant d’en discuter les détails », a-t-il dit. MM. Abbas et Olmert, qui se retrouvent mercredi, doivent tenter d’élaborer une « déclaration commune » avant la réunion internationale, selon un porte-parole israélien. Les deux dirigeants divergent toutefois sur le contenu de ce document, M. Abbas souhaitant un « document clair et précis » sur le statut d’un futur État palestinien, à Gaza et en Cisjordanie, alors que M. Olmert veut un texte plus vague et non contraignant.


De son côté, la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a appelé la communauté internationale, notamment le monde arabe, à soutenir les efforts d’Israël et des Palestiniens pour parvenir à une « paix véritable » sur la base de deux États. « (...) Nous attendons (...) qu’ils apportent leur soutien, pas qu’ils dictent des conditions », a-t-elle déclaré dans un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a précisé que le soutien international devait notamment consister en « une aide économique et politique au nouveau gouvernement palestinien, engagé en faveur de la coexistence et cherchant à établir les fondations d’un État pacifique et prospère ».
 
Ce soutien doit également impliquer « l’approfondissement des relations et de la coopération régionales entre le monde arabe et Israël, tandis que parallèlement nous avançons vers une paix israélo-palestinienne », a-t-elle ajouté.

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