L'ONU critique l'absence de surveillance à la frontière libanaise

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                           L'ONU critique l'absence de surveillance à la frontière libanaise

Article paru dans " Le Monde" , le 26/06/07

Dans un rapport qui devait être remis, mardi 26 juin, au Conseil de sécurité des Nations unies, et dont Le Monde a obtenu une copie, cinq experts internationaux mandatés par l'ONU estiment que le dispositif de surveillance mis en place par les autorités libanaises à la frontière avec la Syrie est "insuffisant pour prévenir la contrebande, en particulier celle d'armes".

Le groupe, dirigé par le Danois Lasse Christensen, estime que seul "le déploiement d'experts internationaux de la sécurité aux frontières" permettrait de remédier aux nombreuses lacunes observées au cours d'une mission d'évaluation qui s'est déroulée au Liban du 27 mai au 15 juin.

Les experts jugent "troublant" qu'"aucune saisie d'armes de contrebande à la frontière ou près de la frontière" ne leur ait été rapportée. Cette absence totale de résultat, "ne serait-ce que par chance", soulève selon eux "des questions sur l'intégrité des agences et des personnels attachés à la sécurité de la frontière".

"Des décisions illégales sur la gestion de la frontière sont prises, motivées par des sympathies politiques, des connexions familiales ou de clan ou la corruption traditionnelle", affirme le document.

MANQUE D'ORGANISATION

Dans un rapport remis en mars, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'inquiétait d'informations israéliennes "détaillées" et "substantielles" faisant état de "centaines de livraisons" d'armes, "y compris des roquettes de longue et de courte portée et de systèmes de défense antiaériens et antitanks, qui ont traversé la frontière libano-syrienne".

M. Ban suggérait l'envoi d'une mission d'évaluation de la frontière, qui a été approuvé le 17 avril par le Conseil de sécurité. La résolution 1701, qui avait mis fin aux combats entre le Hezbollah et Israël, le 14 août 2006, appelait le Liban à "sécuriser ses frontières".

Les experts ont visité les cinq postes-frontière principaux, l'aéroport international et le port maritime de Beyrouth. Ils ont inspecté plusieurs points de passage le long de la frontière de 320km entre le Liban et la Syrie, notamment lors d'un survol en hélicoptère au cours duquel ils ont observé "un certain nombre de véhicules suspects".

Selon le rapport de 46 pages, de "multiples chemins et passages" rendent "possible pour des trafiquants et des terroristes ou agents infiltrés étrangers de traverser la frontière". Même aux postes-frontière, le manque d'organisation "a pour résultat un flux de cargaisons de véhicules et de passagers incontrôlable".

Les techniques de contrôle sont telles qu'"un trafiquant ingénieux pourrait trouver relativement facile de dissimuler non seulement des explosifs, des armes légères ou des munitions, mais aussi des armes lourdes assemblées ou désassemblées, telles que des missiles ou des roquettes".

Selon les experts de l'ONU, "les bastions militaires palestiniens lourdement armés qui couvrent les deux côtés de la frontière" posent aussi "un problème majeur en termes de sécurité". L'armée libanaise ne peut pas entrer dans les camps palestiniens –à l'exception, actuellement, de celui de Nahr Al-Bared– et se borne à en contrôler les alentours.

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