Egypte: l'excision meurtrière d'une fillette provoque un tollé

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                  Egypte: l'excision meurtrière d'une fillette provoque un tollé

Le 11/07/07,Cela fait plus de deux semaines que la polémique sur la mutilation sexuelle des femmes s'enflamme en Egypte, suite à la mort dramatique de la petite Badour Shaker. Cette fillette âgée de 12 ans est décédée suite à son excision dans une clinique illégale de la région de Minya, dans le sud du pays. De nombreuses manifestations se sont déroulées ces derniers jours en Egypte et le débat est largement évoqué dans la presse nationale.

L'autopsie indique que l'enfant serait morte d'une overdose de produits anesthésiants. La mère de Badour Shaker a confié au journal Al-Masry Al-Youm qu'elle avait donné neuf dollars au médecin pour infliger cette opération à sa fille, ajoutant qu'après la mort subite de l'enfant le docteur lui aurait proposé une forte somme d'argent pour la convaincre de ne pas porter plainte pour meurtre.

Rappelons que l'excision des filles est une pratique cruelle malheureusement très répandue dans les zones rurales en Egypte, comme le décrit en détails l'une des victimes de cette "coutume", la militante féministe égyptienne Dr. Nawal el-Saadawi, dans son livre "Les Femmes et le Sexe". L'Organisation mondiale de la Santé avait déjà dénoncé ce genre de mutilations sexuelles, même médicalisées, qui sont dangereuses pour la santé de la femme.

L'épouse du président égyptien, Suzanne Moubarak, est connue pour ses activités en faveur des droits des femmes musulmanes et n'a pas manqué de réagir au tollé suivant la mort de Badour Shaker. "L'excision est un exemple criant des violences physiques et psychologiques infligées aux femmes, contre lesquelles nous investissons des efforts considérables", a déclaré Mme Moubarak. "Il faut espérer que la mort tragique de la petite Badour signifiera la fin de ces pratiques et nous ferons tout pour inculquer à la société une culture de protection des enfants", a-t-elle ajouté.

Les dirigeants musulmans en Egypte, restés autrefois très neutre dans le débat concernant l'excision, ont été poussés à modifier leurs positions suite à ce scandale. Le grand mufti du pays, Ali Juma, s'est décidé à publier un ordre religieux interdisant catégoriquement ces terribles mutilations sexuelles. Un autre haut dirigeant de l'islam sunnite en Egypte, le sheikh Mouhammad Tantawi de la mosquée Al Azhar, avait précédemment qualifié l'excision de "coutume sans fondement dans la loi islamique" sans toutefois interdire cette pratique.

Du côté du gouvernement égyptien, le ministre de la Santé a publié un avis interdisant l'excision "que ce soit dans les hôpitaux ou tout autre endroit". En outre, des membres du Parlement élaborent actuellement une initiative de loi qui transformera l'excision en acte illégal punissable de 5 ans de prison et d'une amende de 200 000 livres (35 000 dollars).

La petite Badour Shaker n'aura donc peut être pas perdu la vie pour rien, même si le changement de mentalité risque de prendre du temps. En effet, de récentes études d'opinion indiquent malgré tout qu'environ 80 % des femmes égyptiennes soutiennent toujours cette coutume étrange.

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