Haïm Léone d’Almeyda (Livourne 1770 – Paris 1838) : Capitaine sous l’Empire

Actualités, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, Israël - le - par .
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Haïm Judas Jacob Leone d'Almeyda

Dans mon étude consacré à Leone d'Almeyda du 19ème siècle en France, il y a un lien avec l'antisémitisme d'aujourd'hui que nous qualifions d'antisémitisme masqué et caché, je me référe des travaux de Mr Haïm Musicant et de Mr Jean-Pierre Hallali qui firent une conférence le 18 janvier 2018 au sein des associations B'nai B'rith Emile Zolta, Joseph Kessel, Harmonie et Louis Kahn Eyran Picard une conférence sur le thème "Masques et réalités de l'antisémitisme en 2018".Finalement rien n'a véritablement changé, l'officier Léone d'Almeyda pour gravir les échelons de l'armée sous l'Empire va changer ses prénonms de Haïm à Jean, en dépit de la constitution du Grand Sannhédrin.

Bien que converti au christinasime, pour les gens cet officier restait un Juif : par conséquent, il n'aura pas l'importance qu'il aurait tant voullu pour ses écrits historiques d'Aigues Mortes ! J'ai analysé les propos de factum évoquant un antisémitisme courant chez les magistrats français. Non seulement, il ne pourra hériter des biens de sa mères décédées parce qu'il est néophite, mais en plus sera oublié de son rôle d'histoirien, même qu'il fut obligé de retranscrire à la main ses notes d'Aigues Mortes égarés au Tuileries ...

Comme il est mentionné dans le Talmud, un Juif reste un Juif...Pour le cas d'Almeyda : Juif ou Jeune Chrétien, la situation ne changea pas, à la même époque un ami sous le même nom décida de quitter la France pour aller en Grèce et rejoindre Salonique. Je rappelle au passage que ces Juifs Portugais s'était installés à Salonique, d'ou l'existence de ce rabbin et auteur turc : Isaac Almeida. (18ème siècle).

La Morale de cette histoire se conjugue avec celle d'aujourd'hui, oùla plupart de nos corelligionnaires finissent par faire leur Alya ou de vouloir faire comme Léone d'Almeyda : "vivons caché, vivons heureux" afin d'éviter d'être la cible d'un antismétisme masqué évoqué par Mr Haïm Musicant et Mr Jean-Pierre Hallali qui sont les auteurs de l'ouvrage "Les Combats de la LICRA".

Source : http://www.editions-glyphe.com/livre/combats-de-licra/ , c'est avec émotion que les auteurs retrace le passé de mon arrière cousin Herschel Grysnzpan, ainsi que d'autres personnalités plus connus.

Haïm Léone d’Almeyda (Livourne 1770 – Paris 1838) : Capitaine sous l’Empire. (1)

Le capitaine Léone d’Almeyda arrive pour la première fois en France en 1787. (2)Le capitaine Haïm Juda Jacob Léone d’Almeyda de confession juive va se convertir au catholicisme à l’église Ste Merry  le 5 mai 1803, il résidait au 32 rue du Sentier à Paris. (2)

A cette époque le prénom Paul ne se trouvait pas dans l’acte de baptême, il a été ajouté, l’archevêque de Paris se nommait le Cardinal Jean – Baptiste de  Belloÿ(Beauvais 1709 – Paris 1808) . Bonaparte nomma le Cardinal de Belloÿ au siège de Paris.(2)

Converti au christianisme, il devient franc maçon , nous trouvons une fiche de lui en juillet 1805, rue Saint-Roch dans le 1er Arrondissement de Paris, ce militaire fit partie de la Loge du  «Cercle des Amis de la Tranquillité » qui va devenir la loge « Les Amis de la Vertu ». (4) Nous pensons qu’il devient franc – maçon lorsqu’il est réformé après la paix d’Amiens en 1802 pour reprendre son service en 1806. (2&3) Leone d’Almeyda attaqua Itri (Petit village du Royaume de Naples)  , délivra Mr de Haupt de Fra diavolo [(1771 Naples – 1806 Naples) chef des insurgés calabrais pendu à Naples)].(3 bis).

« Le 25 mars 1802, à Amiens, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et la France signent un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition  européenne contre la France ». Il s’agit en réalité d’une paix éphémère !(3)

Ce soldat fit son service militaire le 1er janvier 1790, rentre en service en 1791, devient lieutenant en 1792, Aide de Camp en 1793, passé dans les Etats Majors en 1800, reprenant son activité militaire en 1806, il est nommé capitaine le 7 mars 1810. Mr Leone d’Almeyda a participé au siège de Venise en mars 1814 où il était rentré dans la Grande Armée en 1812, proposition faite par le Général Baron de Morand {(1757 Allemans (dordogne) – 1813 Boizenburg (Allemagne)}. En novembre 1814, Leone  résidait à Grenoble où il était l’Aide de Camp du Lieutenant Général Leconte Charpentier. (2)

Il obtiendra la nationalité française par ordonnance du 5 août 1818 sous les prénoms Pierre – Jean – Joseph par Mr le Baron Etienne Pasquier ( 1767 – 1862), Garde des Sceaux de janvier 1817 à décembre 1818.Le père du Baron Pasquier, Conseiller au Parlement de Paris, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire en 1794, meurt sur l’échafaud en 1795.

Aussi Mr le Ministre de la Guerre : Le Marquis Laurent Gouvion Saint-Cyr (Toul 1764 – Hyères 1830)  par la lettre qu’il reçut le 20 juillet 1818 donnera également son appui sur le Chef de Bataillon d’Etat – Major Léone d’Almeyda qui a servi 27 ans dans l’Armée Française et qui se trouvait dans la 7ème Division Militaire à Grenoble.(2)

Mme la Duchesse d’Abrantès ( Montpellier 1784 – Paris 1838).

Mme la Duchesse d’Abrantès cite le capitaine Léone d’Almeyda dans ses Mémoires sur la Restauration (Volume 3). Nous y apprenons que ce militaire a connu le Général Bonaparte en Italie. Les opinions républicaines de d’Almeyda était déjà connu à cette époque. La veille où le Sénat déclara Napoléon Empereur au Palais de l’Elysée, Mr d’Almeyda lui prédit la souffrance et le malheur à porter la couronne le 18 mai 1804. Napoléon choquée fera en sorte qu’il parte 10 ans plus tard en Italie pour participer au siège de Venise. Huit mois plus tard, il reviendra en France pour s’installer à Grenoble. On reprochait à cet officier d’avoir été au devant de Bonaparte (Ajaccio 1769 – Ile Sainte Hélène 1821)  et d’avoir fait partie de l’un des Bataillon, dit Sacrée. (2)

La demande de sa  naturalisation française et le règlement de sa solde de retraite seront suivi par Mr le Baron Pasquier (Paris1762-Paris1862), Garde des sceaux de janvier1817 à décembre 1818 et par le Marquis Laurent Gouvion Saint-Cyr (Toul 1764 – Hyères 1830), Ministre de la Guerre en 1818 . (2)

Tour de Constance d’Aigues – Mortes dans le Gard (Dessin de Léone d’Almeyda1830). (1Bis)

Le Capitaine Léone d’Almeyda de la 9ème Division Militaire était très impliqué dans la conservation de la Place Forte d’Aigues – Mortes, encouragé par le Lieutenant - Général Vicomte d’Armagnac (1766 – 1855), il rédige une notice historique d’Aigues – Mortes ; cette notice manuscrite n’a jamais été édité, de même que le 13 juillet 1830, Mr d’Almeyda a été amené à écrire au Ministre de la Guerre pour que cette place soit réintégrée dans les Places de Guerre.(2)

Ce manuscrit a failli ne jamais voir le jour puisqu’il a été égaré aux Tuileries  dans les 3 jours de juillet 1830 : ce dernier lieutenant du Roi jusqu’au 4 octobre 1830 sera amené à le retranscrire.(2)

Ce capitaine est Chevalier de la Légion d’Honneur par Décret du 30 avril 1833.(7)

 

Ancien chef de bataillon, il sera dans le civil Interprète auprès du Tribunal de Première Instance de Paris pour communiquer en italien, espagnol et en portugais.(2)

Son dernier domicile se trouvait au n°8  rue Cassette dans le 1er arrondissement de Paris. Fils d’Abraham Leone (Ancien banquier à Livourne), sa femme Marie Angélique Dupin touchera une pension à son décès. (2 & 5)

Haïm Leone D'Almeyda

Haïm Leone D'Almeyda

Ce chevalier de Saint-Louis, héritier de sa mère  Esther Léone, juive, a été frustré de son héritage par le sieur Ambron , héritier de Moïse – Vita Racah. Le litige se ramène à la question de savoir si les successions des juifs en 1794 – date du décès d’Esther Léone- étaient réglées selon les lois de Toscane ou selon les lois hébraïques. (6).

Tout comme son père Abraham Léone, le sieur Samuel dit Leone Ambron (Rome 1756 – Florence 1832) était banquier à Florence. Au moment du litige d’héritage, Léone d’Almeyda était officier d’état-major en disponibilité, naturalisé Français. (5 & 6)

Sa dernière résidence servait de Bureau d’Affaires lorsqu’il était interprète. (2)

Selon les relevés de police, cet ancien militaire ne faisait pas de politique. Nous savons qu’il avait des origines portugaises. Nous constatons que ce marrane quand il était militaire et interprète dans le civil voyagea en Italie, dans des villes du sud de la France comme à Toulon où il était l’aide de camp du Général Dugommier. (8) . Nous apprenons qu’il avait obtenu  le 4 mai 1824, l’autorisation de s’absenter, pendant 6 mois, pour se rendre à Antibes et en Corse. (9). Tout donne lieu à penser que Mr Léone d’Almeyda était un excellent cavalier pour se rendre à Naples, Itri , Livourne (Italie), en Corse,  Montpellier (Hérault), Aigues – Sur – Mortes (Gard), et dans les deux localités : Dreux (Eure et Loire) et Nantes (Seine et Oise) pour affaire d’intérêt pour une durée de deux mois le à partir du 14 août 1823 (9).

Cet homme issue de la bourgeoisie juive avait fait le nécessaire pour rejoindre l’aristocratie parisienne à travers la loge maçonnique « du Cercle des Amis de la Tranquillité » tenue par Mr Ascagne Borghese appartenant à cette célèbre famille de Sienne (Toscane). (10). La conversion de ce marrane avait pour but de devenir un français assimilé  mais il ne pourra pas hériter des biens de sa mère décédée.(6)

Par Franck d’Almeida,

Le 26 décembre 2017.

Source 1 : Bulletin des Lois du Royaume de France 9ème Série – Règne de Louis Philippe 1er, Roi des Français – Août 1832.

Source 1 Bis : Source : Notes Historiques sur Aigues - Mortes de Léone d’Almeyda , commandant de cette place, consultées à la Bibliothèque de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français à Paris.

Source 2 : Document BB/11/102/B dossier 4378B2 Pierre Jean Paul Léone d’Almeyda Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine.

Source 3: https://www.herodote.net/25_mars_1802-evenement-18020325.php

Source 3 bis : http://napoleon1er.over-blog.org/article-11-novembre-1806-le-rebelle-fra-diavolo-pendu-a-naples-112436566.html

Source 4: Cote : FM Fichier Bossu (195) Loge Maçonnique.

Source 5: L’Echo des Carrières n°51 / Recherche Historique : Filiations Juives à Montpellier de la fin du XVIIe siècle au Second Empire par Pierre Burlats – Brun

http://www.acjp.fr/uploads/articles/ffee0958210c024fbf90cb3bce7cc21c.pdf

Source 6: Factum. Léone, Esther , Mme Moïse – vita Racah Succession, signé par l’avocat Cabanis le 22 mars 1824. Notice n° : FRBNF367934

Source 7 : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH129/PG/FRDAFAN83_OL1592027v001.htm

Source 8 : « Le Général Dugommier : sa vie, sa correspondance de Paul Pineau (Capitaine), Editeur : H. Charles – Levauzelle (Paris) 1902.

Source 9 : Archives Nationales de Pierrefitte-sur-Seine Cote : F7/6736 Dossier 6

Source 10 : http://www.romepratique.com/les-grandes-familles-romaines-les-borghese/

Préface :

Cette biographie à pour objet de montrer le parcours d’un juif afin d’accéder à une position sociale dans l’Armée Française et obtenir la reconnaissance de dirigeants militaires qui vont lui octroyer la Médaille de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1833.

Le fait de mon homonymie n’est que pur hasard.

Ce fils de banquier juif de Livourne va gravir les échelons militaires à partir de 1796, (cet officier arriva la première fois en France en 1787) jusqu’à abandonner sa judéité en rentrant dans la loge maçonnique ; en effet Mr Leone d’Almeyda figurait dans la loge du Cercle des Amis de la Tranquillité aux côtés de l’officier Haupt qu’il délivra de l’insurgé Fra Daviolo en 1806 en attaquant Itri.(1). Cette loge était tenue par son ami Ascagne Borghese (ancien militaire - parent de la célèbre famille aristocratique romaine de Sienne : http://www.romepratique.com/les-grandes-familles-romaines-les-borghese/), né comme lui en Toscane dans la localité de Sienne, il était domicilié au 10 faubourg Poissonnière à Paris où d’Almeyda (Maître Orateur) recevait également son courrier, bien qu’habitant rue Saint – Roch. Cette loge appartenant à l’Orient de Paris au Grand Orient de France va être dissoute et sera remplacée par la loge « des Amis  de la Vertu ».(2).

A travers la biographie de Haïm Léone d’Almeyda, nous avons l’exemple d’une intégration chaotique car ses notes historiques d’Aigues Mortes que nous pouvons consulter à la Bibliothèque de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français à Paris, ne seront pas éditées,  il s’agit de notes manuscrites. Son travail historique a été critiqué par d’autres historiens à tort ou à raison.

La situation des Juifs à l’époque se heurtait à des préjugés : si bien que l’algébriste Mathias Mayer d’Almbert enfin reconnu va aider ses coreligionnaires Juifs en fondant aux côtés d’ Elie Halévy (1760 – 1826) en 1816 le journal « L’israélite Français ». Cet algébriste a rédigé avec Charles Choquet [(Abbeville 1798 – Paris 1880 - Docteur en astronomie en 1842, beau-père du physicien français Joseph Charles d’Almeida (1822-1880)]un Traité d’Algèbre en 1835. (3).

Mathias Mayer d’Almbert (1786 – 1843) et son frère Simon Mayer d’Almbert (1776 – 1840 - Président du Consistoire de France) comptent parmi les premiers juifs de France à mettre en valeur le Judaïsme dans la France du 19ème siècle qui n’est pas qu’une religion mais aussi un peuple. (3) .

Par Franck d’Almeida

Le 26 décembre 2017.

Sources :(1) : http://napoleon1er.over-blog.org/article-11-novembre-1806-le-rebelle-fra-diavolo-pendu-a-naples-112436566.html

(2) : Bibliothèque Nationale de France : Département des Manuscrits – Communication à Richelieu. Cote : FM2 – 39 Paris – Les Amis de la Vertu – Demande en Constitutions : 1805 – 1808.

(3) Archives Israélites de 1840. Volume 1.

(3) Revue Orientale . Recueil Périodique d’Histoire, de Géographie et de Littérature, publié par Eliakim  Carmoly (Rabbin de Bruxelles en 1832) – Tome 1er Bruxelles – Au Bureau de la Revue Oriental, n°26 Montagne de la Cour – 1841.

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