Espoirs modérés à Naplouse et Tel Aviv avant Annapolis

Actualités - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
                  Espoirs modérés à Naplouse et Tel Aviv avant Annapolis
 
Article paru dans "Le Monde"

TEL AVIV/NAPLOUSE, le 26/11/07- Haïm et Samir ont en commun de porter les armes, de défendre leur peuple et d'aspirer à la paix. Mais l'un est juif, l'autre arabe.

Aucun des deux ne s'attend à ce que la conférence qui réunit cette semaine dirigeants israéliens et palestiniens à Annapolis débouche sur un règlement rapide d'un contentieux vieux de soixante ans.

Réserviste de l'armée israélienne, Haïm Gottfried, 26 ans, interrompra en décembre ses études à Tel Aviv pour rejoindre Tsahal, qui l'affectera probablement à un barrage routier en Cisjordanie occupée.

"Je crois fermement à la paix et aux droits de l'homme en Cisjordanie, mais je suis aussi réaliste et je suis conscient des problèmes de sécurité", confie Gottfried, qui dit savoir "ce que c'est d'être du côté israélien" quand ça "chauffe".

A Naplouse, théâtre fréquent d'affrontements entre soldats israéliens et activistes palestinien, Samir al Chakhchir, 36 ans, est lui aussi familier de l'odeur de la poudre.

Samir a été amnistié récemment par Israël avec une centaine d'autres activistes du Fatah en échange de son renoncement à la violence et a rejoint les forces de sécurité régulières du président Mahmoud Abbas.

Il ne pense pas s'être renié pour autant. "Tant qu'il y aura occupation, il y aura résistance. Je ne crois pas avoir cessé la résistance. Sous ma nouvelle casquette je continue à combattre, rien qu'en aidant mon peuple."

"VIVRE EN PRISON"

Pour Gottfried, sa mobilisation fait partie intégrante de sa vie de citoyen israélien. Quant aux barrages et coups de main de l'armée en Cisjordanie, ils ne sont "pas un remède miracle" mais auraient permis une lente amélioration de la sécurité.

"Je ne pense tout simplement pas qu'il y ait une meilleure manière de maintenir le calme, malheureusement", explique-t-il - un point de vue que ne partage pas Samir.

"Les forces de sécurité palestiniennes sont capables d'imposer l'ordre, mais nous avons le sentiment que la partie israélienne cherche à torpiller notre mission."

D'après lui, Tsahal doit évacuer la Cisjordanie pour laisser les forces de sécurité palestiniennes agir elles-mêmes contre les activistes qui veulent poursuivre la lutte armée au mépris des ordres d'Abbas.

Les contrôles militaires et les barrières de sécurité qui divisent les agglomérations donnent à la population le sentiment de vivre en prison, déplore-t-il.

Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert sont-ils capables de modifier sensiblement cet état de chose à la réunion d'Annapolis, dont l'objectif affiché de hâter l'avènement d'un Etat palestinien?

Samir et Gottried sont circonspects.

"Je pense que tous les Palestiniens et mêmes les Israéliens attendent du bon de cette conférence. Mais j'ai peur de la partie israélienne. Le peuple palestinien paye un lourd tribut, à tous égards", confie Samir.

Pour Gottfried, Olmert et Abbas ne sont ni l'un ni l'autre des "visionnaires" susceptibles d'amener la paix. Mais il pense toutefois qu'Annapolis est un pas vers une meilleure coexistence.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi