Des fichiers anciens révèlent l’existence d’un Oscar Shindler bolivien

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Des fichiers anciens révèlent l’existence d’un Oscar Shindler bolivien

De vieux dossiers ont révélé l'histoire d'un homme d'affaires salué comme le "Schindler bolivien", ayant aidé des milliers de Juifs à fuir vers son pays pour échapper aux nazis.

De nombreux documents empilés pendant des décennies ont été retrouvés au siège d'une société minière autrefois dirigée par l'entrepreneur juif allemand Mauricio Hochschild.

En son temps, Hochschild a été vilipendé comme un magnat impitoyable, mais quand des décennies plus tard les chercheurs ont commencé à trier la paperasse, ils ont découvert la manière dont il a aidé des Juifs à fuir les persécutions dans les années 1930.

"Il a sauvé beaucoup d'âmes de l'Holocauste en les amenant en Bolivie et en créant des emplois spécialement pour eux", a déclaré à l'AFP Carola Campos, responsable de l'unité d'information de la Société minière bolivienne.

Avec ses compatriotes Victor Aramayo et Simon Patino, Hochschild a fait régulariser sa société minière en 1952 par le gouvernement bolivien. Il les accusait de piller la nation en exploitant ses réserves d'étain pour son propre profit.

Mais les documents révèlent également une autre histoire.

« Ils comprennent les contrats de travail rédigés pour les juifs d'Europe par l'entreprise minière dans les années 1930 », dit le chef des archives de la société, Edgar Ramirez.

Mauricio Hochschild

Mauricio Hochschild

« Il y a une lettre d'un jardin d'enfants accueillant des enfants juifs à La Paz demandant l'aide de Hochschild pour agrandir l'établissement "compte tenu du nombre d'enfants présents et de ceux qui veulent venir".

Une lettre émanant des autorités françaises lui demandait d’accueillir mille orphelins juifs.

Il y a des lettres envoyées à l'époque par l'ambassade britannique à Hochschild avec des listes noires d'entreprises liées aux puissances de l'Axe, avec lesquelles il était interdit de faire affaire.

Parmi les nombreux Juifs qui ont fui la répression sous Adolf Hitler dans l'Allemagne des années 1930, des milliers sont venus en Bolivie. Pour beaucoup, c'était un tremplin vers les États-Unis, le Brésil, l'Argentine ou Israël.

«En 1938, Hochschild a calculé qu'il avait rapatrié entre 2 000 et 3 000 Juifs, mais sept mois plus tard, en 1939, il a calculé qu'ils étaient en réalité 9 000», a déclaré l'historien Robert Brockmann.

Cela représente bien plus de personnes que celles que l'industriel allemand Oskar Schindler a sauvé de la déportation vers les camps de la mort, comme raconté dans le film de 1993 de Steven Spielberg, «Schindler's List».

Ramirez et Udler font écho à la phrase utilisée par les médias boliviens pour désigner Hochschild comme «le Schindler bolivien».

Brockmann écrit un livre sur Hochschild et son amitié avec German Busch, le président militaire bolivien de 1937 à 1939. Il dit que Hochschild a aidé Busch à ouvrir le pays aux migrants juifs en 1938.

"Hochschild a dit à Busch que la mesure apporterait des ouvriers à la Bolivie pour aider son développement agricole. Mais cela a également permis à Hochschild de sauver la vie de poètes, d’écrivains et d’historiens fugitifs", dit Ramirez.

Hochschild a payé le passage des Juifs vers la Bolivie et les a logés après leur arrivée.

Dans les années 40, il y avait environ 15 000 Juifs en Bolivie, dit Ricardo Udler, président du Cercle israélite bolivien.

"Certains d'entre eux arrivèrent en Bolivie avec l'aide de Hochschild, tandis que d'autres s'y rendirent par différents moyens. Beaucoup ont émigré dans d'autres pays, et aujourd'hui le nombre de juifs dans le pays a chuté à 500 seulement", dit Udler.

«Nous sommes très reconnaissants à la Bolivie, qui a été l'un des rares pays à avoir ouvert ses portes aux réfugiés de la guerre», a déclaré Monica Blankitny, dont le père Jacobo est arrivé en Bolivie après avoir survécu à l'internement au camp d'Auschwitz.

Les documents d’Hochschild ont été certifiés en octobre par l'Organisme des Nations Unies pour le patrimoine culturel de l'UNESCO. Le musée minier bolivien prévoit de les publier en ligne en mars.

Hochschild est né à Biblis en Allemagne occidentale en 1881 et a émigré en Bolivie en 1921. Il est décédé en 1965 à Paris, quatre décennies avant que l'histoire de l'aide apportée à ses compatriotes juifs ne voie le jour.

Source : Arutz 7

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