Delanoë au Zénith, les indépendantistes corses se font menaçant, la gauche donnée gagnante à Reims...

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Delanoë au Zénith, les indépendantistes corses se font menaçant, la gauche donnée gagnante à Reims...

Article paru dans "libération",le 28/02/08

«Je ne veux être dépendant d'aucune arrière-pensée politicienne et d'aucune stratégie à géométrie variable», a affirmé hier soir le maire de Paris (Reuters).
Entouré d’Axel Kahn, Raymond Aubrac et en présence de Lionel Jospin, le maire de Paris a défendu son bilan. François de Panafieu veut elle mettre en œuvre le jumelage Paris/Jérusalem.
 
Toute campagne électorale se doit d’avoir sa grande réunion publique, son meeting. Pour se rassurer, ou montrer sa force. Bertrand Delanoë a ainsi choisi de rassembler ses supporteurs hier au Zénith de Paris. Pour son grand meeting à dix jours des municipales, le maire de Paris avait tenu à s'entourer du généticien Axel Kahn, qui a accusé Nicolas Sarkozy, sans le nommer, d'avoir défendu le principe de la «détection génétique précoce des délinquants», de Lionel Jospin, ou encore du résistant Raymond Aubrac, 94 ans.
«La gratuité pour les musées municipaux, ce n'est pas bling-bling»

Bertrand Delanoë s’est surtout tenu à défendre son bilan. Devant moins de 4000 personnes, dont beaucoup de jeunes, il a passé en revue les grandes réalisations de sa mandature depuis sept ans: «30.000 logements sociaux financés», le tramway, les pistes cyclables, le Vélib. «La gratuité pour les musées municipaux, ce n'est pas bling-bling», a-t-il ironisé. Les réalisations culturelles de la ville ont longuement été détaillées, du centre 104 Aubervilliers à la Maison des Métallos.

Concernant ses relations avec les Verts, partie prenante de la majorité sortante au Conseil de Paris, il leur a lancé: «La gauche rassemblée est là ce soir. (...) Je mets les Verts dans les formations progressistes.» Sans jamais citer une seule fois le MoDem qui a dépassé les Verts dans de récents sondages, le maire socialiste a dit: «Je ne veux être dépendant d'aucune arrière-pensée politicienne et d'aucune stratégie à géométrie variable.» «Je suis un homme de gauche. J'aime trop la démocratie pour lui proposer de faire des zigzags. La démocratie, c'est tout droit», a lancé Bertrand Delanoë, alors que les Verts s’inquiètent d’une possible alliance du maire de Paris avec le parti de François Bayrou.

Cavada dénonce des «spadassins mal inspirés»

Françoise de Panafieu, elle, tenait hier soir meeting au gymnase Japy, dans le 11e. En cas de victoire, elle y a formulé une promesse: mettre «en œuvre» le jumelage de Paris et Jérusalem. Un vœu déposé en 2005 par l'UMP au conseil de Paris, «adopté mais pour autant jamais mis en œuvre par l'actuelle municipalité», a regretté la candidate UMP. Au cours de la même réunion, Jean-Marie Cavada, candidat soutenu par l'UMP dans le 12e arrondissement, a fustigé les«spadassins mal inspirés» qui ont selon lui déclenché la polémique l'entourant à propos du «vote juif». Après la diffusion d'une vidéo sur Internet, Jean-Marie Cavada avait été accusé d'avoir écouté sans réagir l'auteur d'un livre sur la gestion de la capitale dénoncer les subventions municipales à des associations juives pour s'attirer le «vote juif». Le député européen avait ensuite affirmé ne pas avoir entendu ces propos. «Je ne suis pas juif, mais l'Histoire d'une part et mon fils qui lui est juif, d'autre part, m'ont appris à me soigner», a lancé l’ex-journaliste. «Le jour où mon petit-fils est né, c'était le samedi 4 novembre 1995, il est né à 9 heures du matin. Le même jour, à 18h30, M. (Yitzhak) Rabin périssait sous des balles (...) barbares et en tout cas fanatiques. Mon petit-fils s'appelle donc Robin».

La candidate PS à Reims devant Dutreil et Vautrin

A Reims, ville détenue par la droite, une grosse surprise n’est pas à exclure. Selon un sondage TNS-Sofres pour le journal L’Union, la candidate socialiste Adeline Hazan l'emporterait au second tour face aux anciens ministres Renaud Dutreil, candidat de l'UMP, et la dissidente Catherine Vautrin. Hadeline Hazan, à la tête d'une liste PS-PCF-Verts, serait en tête au premier tour avec 36% des intentions de vote. Elle profite de la division de la droite, où deux anciens ministres de Raffarin se font la guerre. Renaud Dutreil (soutenu par l’UMP), ancien ministre des PME, et Catherine Vautrin, l’ex-ministre déléguée à la Cohésion sociale soutenue par le MoDem et le maire sortant DVD Jean-Louis Schneiter, sont au coude à coude avec 26% des suffrages. Au second tour, Adeline Hazan, proche de Martine Aubry, l'emporterait de peu devant Catherine Vautrin (51% contre 49%), mais nettement contre Renaud Dutreil (54% contre 46%). En cas de sacre de la candidate PS, Reims retrouverait pour la première fois depuis 25 ans un maire de gauche. A l’époque, c’était même le communiste Claude Lamblin qui dirigea de 1977 à 1983 la capitale économique de Champagne-Ardennes.

Estrosi bien placé à Nice

Autre sondage, celui-là favorable à la droite. A Nice, le secrétaire d'Etat Christian Estrosi (UMP) remporterait l'élection face au candidat de gauche Patrick Allemand (34%) et le maire sortant (ex-UMP) Jacques Peyrat, selon le sondage TNS-Sofres pour Nice Matin. Mais la victoire se ferait au second tour, alors qu’un précédent sondage le donnait vainqueur dès le premier tour. Si même à Nice la droite baisse…

«La colonie française de peuplement ne peut décider du destin politique de la nation corse»

On dit parfois que tous les coups sont permis en politiques. Mais la bataille peut parfois prendre des dimensions véritablement graves. En Corse, le FLNC-Union des combattants (FLNC-UC), l'une des principales organisations indépendantistes clandestines de l'île et partisan de la lutte armée, a lancé hier un avertissement aux «Français» résidant en Corse: «Nous conseillons aux Français étrangers aux intérêts vitaux de notre terre de ne pas se rendre aux urnes», écrit le FLNC-UC, dans un communiqué transmis à France3 Corse. Le FLNC-UC estime que «la colonie française de peuplement ne peut en aucun cas décider du destin politique de la nation corse». «Elle n'a aucun droit sur cette terre. Nous saurons lui répondre de manière adéquate le moment venu», poursuit le groupe indépendantiste qui revendique régulièrement de nombreux attentats dans l'île. Il avait revendiqué fin novembre seize actions de ce type dont des tirs de roquette contre des bâtiments publics.

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