Dans le judaïsme, la femme décide au lit !

Actualités, International, Israël, Judaïsme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest


Dr. Ruth Westheimer, octogénaire thérapeute et animatrice tv, est célèbre pour ses remarques franches et crues au sujet du sexe.
Mais elle a été vivement critiquée pour des commentaires récents concernant le consentement sexuel - et surtout pour avoir utilisé le Talmud pour appuyer son point de vue polémique.

Avec son nouveau livre, “The Doctor is In: Dr. Ruth on Love, Life, and Joie de Vivre” qui sort mardi, cette fille de victimes de l’holocauste en Allemagne, autrefois membre d’un planning familial, a fêté ses 87 ans cette semaine et est encore dans le circuit média.

Dr. Ruth Westheimer a assisté à la soirée d’ouverture de “Wiesenthal: A New Play,” le 5/11/2014

Dr. Ruth Westheimer a assisté à la soirée d’ouverture de “Wiesenthal: A New Play,” le 5/11/2014

C’est sur le plateau du “The Diane Rehm Show,” une émission radio qu’elle a fait des déclarations jugées inacceptables, expliquant par exemple que le consentement de la femme devenait inutile après avoir retiré ses vêtements.

Elle déclare à Diane Rehm:
« Je suis très inquiète à propos de ce que j’entends sur les campus des universités, des paroles selon lesquelles une femme et un homme - ou deux femmes et deux hommes, mais je parle ici des hommes et des femmes - peuvent être ensemble au lit, Diane, et à un moment, nus, il ou elle, la plupart du temps elle, peut déclarer « j’ai changé d’avis ». »

« Ce n’est pas possible », ajoute Westheimer.

« Dans le Talmud, dans la tradition juive, il est dit que lorsqu’une partie de l’anatomie masculine se réveille et qu’il y a une érection, le cerveau n’est plus maitre et nous devons prendre cela très au sérieux, donc je ne suis pas d’accord avec ça ».

JTA a essayé de contacter Westheimer pour clarifier son point de vue sur le consentement et retrouver précisément le passage du Talmud auquel elle se référait mais elle n’était pas disponible - ce qui n’est pas surprenant étant donné que son livre sortait mardi et qu’elle assistait lundi soir à un diner de collecte de fonds pour le Musée de l’héritage juif.

Cependant, totalement consciente que ces commentaires ont été interprétés comme un feu vert au viol, elle a tweeté mardi :

« je suis à 100% contre le viol. Je disais aux femmes que si elles ne veulent pas avoir de rapport avec un homme, elle ne devraient pas se retrouver nues au lit avec lui ».

Quelques instants plus tard, elle ajoute: « Ce comportement est dangereux, tout comme traverser la route malgré la signalisation. Si un conducteur vous percute, il est en légalement en tord mais vous vous retrouvez à l’hôpital. »

Par ailleurs, de nombreux rabbins se posent des questions sur son utilisation du Talmud. Et ils semblerait que personne ne puisse lui donner raison.

La femme rabbin Danya Ruttenberg, auteur de nombreux ouvrages sur le judaïsme, dont « La Torah passionnée: Sexe et Judaïsme », dit que le Talmud expose un raisonnement percutant selon lequel le sexe sans consentement explicite est un crime.

Le Talmud - Ketubot 51B - va même plus loin en assurant, comme l’explique Ruttenberg, que si la femme a atteint l’orgasme ou décide au milieu de l’acte qu’elle est consentante, si elle n’a pas consenti dès le début, cette action est toujours considérée comme mauvaise.

« Je suis reconnaissante que le Dr. Ruth ait par le passé crée un espace pour parler de sexualité d’une certaine manière mais cette fois-ci c’était très radical », déclare Ruttenberg.

“a) Elle a faux et b) elle ne devrait pas utiliser notre tradition pour renforcer son point de vue.”

Bien qu’elle soit pas sûre de la partie du Talmud à laquelle Westheimer se référait, Ruttenberg a remarqué que cette déclaration était assez semblable à une citation Yiddish disant:
“Ven der Putz shtayt, der saychel gayt,” littéralement (d’après le traducteur yiddish-anglais non-officiel de JTA, l’auteur Shulem Deen, puis traduit en français par Alliance), “Lorsque le pénis se lève, le cerveau s’en va”.

Si les Rabbins disent en effet cela, Ruttenberg imagine, ils essayeront certainement de le présenter de manière descriptive et non prescriptive.

« Les rabbins ont beaucoup à dire sur l’excitation sexuelle et quand cela peut être un problème, et comment gérer votre vie afin que vous ne soyez pas dans cette excitation lorsque le moment n’est pas approprié », dit-elle.

Elle ajoute: «  Je n'ai pas peur de dire, connaissant le corps rabbinique, qu’ils ne disaient pas « les hommes sont des hommes ». Je pense qu’ils disaient plûtot que c’était quelque chose qui pouvait arriver et comment agir pour faire avec ».

Rabbi Shmuley Boteach, dont les livres sur le sexe et le judasime comprennent « Le Sex Casher », « l ‘Adultère Casher » et « le Désir Casher », renforce les dires de Ruttenberg:

« Je connais Ruth et je l’aime beaucoup, mais tout le monde au sein de la communauté juive devrait s’opposer à ces déclarations. Le consentement est offert par la femme et peut être retiré à tout moment ».

“L’idée que les hommes sont des bêtes dévastatrices contrôlées par leurs hormones et qui ne peuvent pas s’arrêter est une vision de Néandertal que le Judaïsme ne cautionnera jamais. Il s’agit d’une excuse choquante et effrayante pour le viol. »

Comme Ruttenberg, Boteach ne savait pas trop quelle était la source précise de la citation talmudique de Ruth Westheimer et s’est demandé si l’interprétation était correcte.

Tout comme Ruttenberg, il a avancé des contre-exemples issus du Talmud:

“Le Talmud dit - Sanhedrin 37A - que si la femme commence à avoir ses règles en plein milieu de l’acte, l’homme doit s’appuyer sur des coudes et se calmer », conformément à l’interdiction juive sur le contact physique durant la menstruation connue sous le terme de « niddah ».

« Le Talmud montre que l’homme peut absolument se contrôler »

Par ailleurs, Boteach dit que le Talmud condamne ardemment le viol, même dans le mariage, avançant par exemple dans le Nedarim 20D qu’un homme ne peut pas coucher avec sa femme lorsque l’un des deux est ivre.

« Le consentement d’une femme dépend totalement d’elle », ajoute-t’il.

« Si elle dit non, stop, c’est tout. Dire « je suis en mode pilotage automatique est ridicule ». »

Le Rabbin Dov Linzer, président de la Yeshivat Chovevei Torah, centre d’étude de la Torah, est d’accord avec Ruttenberg et Boteach, mettant le doigt sur les passages qu’ils ont cité et faisant également remarquer un passage dans le Berachot 62A, disant que même si un homme et sa femme sont tout les deux nus au lit, il est de son devoir d’être certain qu’elle éprouve un désir sexuel avant de commencer »

Egalement connu pour ses opinions et arguments conflictuels, le Talmud est particulièrement fourni en ce qui concerne le consentement sexuel, déclare Linzer, ajoutant qu’il ne pensait pas à un seul passage qui pourrait excuser ou pardonner un rapport sexuel sans le consentement total et que « tout le problème de responsabilité et de culpabilité est un thème majeur du Talmud ».

« Il s’agit d’infliger quelque chose de non-voulu à une autre personne », dit-il.
Même si c’est « une chose » d’utiliser le fait de ne pas être maître de soit même pour s’excuser d’avoir commis certaines transgressions » Linzer dit « c’est une chose différente de dire que tu peux foncer et faire quelque chose à quelqu’un d’autre, que tu n’es pas responsable à l’égard d’autrui ».

D'après JTA.org, photo: démotivateur

Vos réactions

  1. yves_rouen@hotmail.com'Moise

    Bien-sûr que le consentement est primordial dans l acte sexuel, mais quand cela pose problème il y a toujours possibilité de divorcer, que de rester frustré

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi