Des milliers de convertis de Diaspora risquent la non-reconnaissance d'Israël

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Des milliers de convertis de Diaspora risquent la non-reconnaissance d'Israël

Les critères publiés par le grand rabbinat mardi pour reconnaître les tribunaux rabbiniques orthodoxes aux fins de conversion et de divorce signifient que des milliers de convertis orthodoxes ne seront probablement pas reconnus en Israël.

Le grand rabbinat a également publié une liste de 69 tribunaux rabbiniques orthodoxes dont la conversion est actuellement reconnue dans le monde entier, ainsi que de 83 autres rabbins américains travaillant en coopération avec le Rabbinical Council of American et le Beth Din of America – que le grand rabbinat reconnaît - et 84 tribunaux qui sont reconnus pour les divorces.

L'organisation de services religieux ITIM s'est battue pendant six ans pour forcer le grand rabbinat à révéler de quelle manière il détermine quels tribunaux rabbiniques orthodoxes il accepte pour effectuer des procédures critiques relatives au statut personnel, telles que la conversion et le divorce, et l'organisme a finalement rendu ces critères publics.

Le directeur de l'ITIM, le rabbin Seth Farber, a vivement critiqué les critères, affirmant qu'ils n'étaient pas basés sur la loi juive mais qu'ils avaient été conçus pour créer un monopole politique sur les questions relatives au statut personnel juif.

«C’est une question de pouvoir, d’institutions et de centralisation, sans précédent dans l’histoire juive», a déclaré Farber.

La question de la reconnaissance des tribunaux rabbiniques orthodoxes dans la diaspora est devenue un problème majeur ces dernières années, de nombreuses affaires dans lesquelles des conversions effectuées par des rabbins orthodoxes bien connus et respectés ont été rejetées par les tribunaux rabbiniques en Israël, selon des critères indéfinis.

L'affaire la plus médiatisée fut l'annonce par un tribunal rabbinique suprême du rejet par la Cour rabbinique suprême d'une conversion effectuée par le rabbin Haskel Lookstein devant un tribunal rabbinique ad hoc, remettant en question la conversion d'Ivanka Trump, fille du président américain Donald Trump, également convertie par ce même rabbin.

Un tribunal rabbinique composé de 3 rabbins

Un tribunal rabbinique composé de 3 rabbins

L’incident était extrêmement embarrassant pour le grand rabbinat, qui a ensuite publié une déclaration dans laquelle il avait pris la décision inhabituelle de déclarer explicitement que la conversion d’Ivanka Trump serait approuvée.

Lookstein figure sur la liste des rabbins approuvés publiée mardi, bien que les deux grands rabbins David Lau et Yitzhak Yossef lui avaient d'ores et déjà accordé leur approbation.

Les nouveaux critères stipulent notamment que seuls les tribunaux rabbiniques permanents «qui se réunissent régulièrement et sont dotés de trois juges rabbiniques permanents» seront reconnus, bien que la majorité des tribunaux rabbiniques de la diaspora soient ad hoc, non permanents, et ne correspond pas aux critères du grand rabbinat.

Cela signifie que les nombreuses conversions qui ont été et sont encore effectuées aux États-Unis par des tribunaux rabbiniques orthodoxes ad hoc dans les communautés locales ne seront pas reconnues par le grand rabbinat et ces personnes non reconnues comme juives ne seront pas autorisées à se marier en Israël.

En outre, les milliers de personnes qui ont divorcé devant ces tribunaux  ne seront pas considérées comme divorcées par le grand rabbinat.

Cette situation risque de créer des ravages chez les convertis et les divorcés orthodoxes de la Diaspora et leurs descendants qui tentent d'immigrer en Israël.

Les enfants de personnes ayant divorcé devant un tribunal rabbinique ad hoc puis se sont remariés pourraient bien être considérés comme illégitimes, un statut hautement problématique dans la loi juive ayant de graves répercussions personnelles pour les personnes impliquées.

Les nouveaux critères rendent également extrêmement difficile l'obtention d'une reconnaissance par le grand rabbinat pour tout nouveau tribunal rabbinique établi à l'avenir, et stipulent qu'aucun nouveau tribunal rabbinique établi dans une ville où il en existe déjà un tribunal ne  sera reconnu, sauf dans des circonstances rares.

Dans le cas de tribunaux rabbiniques existants qui, jusqu’à présent, n’ont pas été reconnus par le grand rabbinat, les juges rabbiniques devront se rendre en Israël et se faire examiner par des juges rabbiniques du Tribunal rabbinique suprême d’Israël.

Réussir les examens peut ne pas suffire à obtenir la reconnaissance, car les critères stipulent explicitement qu’un comité spécial décidera d’approuver ou non la candidature en fonction des résultats de l’examen et de « l’impression du comité quant aux qualifications du tribunal rabbinique pour servir de juges rabbiniques. "

Farber a souligné que cette stipulation signifie qu'il n'y a toujours pas de critère concret pour reconnaître les tribunaux rabbiniques, car «l'impression du comité» est une norme subjective.

La reconnaissance dépendra également d'une consultation avec les tribunaux rabbiniques à proximité du tribunal qui demande l'approbation, ce qui, selon Farber, renforce le monopole centralisé des tribunaux approuvés par le grand rabbinat.

«Les critères imposent des réalités sur le terrain qui ne correspondent pas aux besoins de la communauté juive locale», a déclaré Farber. "Je ne m'attends pas à ce que le grand rabbinat comprenne les nuances de chaque communauté, mais ils ont besoin de comprendre que la création de monopoles est une politique mauvaise et contraire à la loi juive."

Source : Jpost

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