La question d'Abu Dis et son importance sur le processus de paix

Contre la désinformation - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

         La question d'Abu Dis et son importance sur le processus de paix

Le 27 avril dernier, Ehud Barak faisait connaître à la presse, par l'intermédiaire du journal Ha'aretz, son intention de faire passer le village d'Abou Dis, situé près de Jérusalem, sous contrôle palestinien. La cession de ce village était présentée comme une "mikdama" sur le troisième retrait israëlien, soit une avance sur le compte du retrait. On ne citait pourtant pas le porte parole officiel qui avait transmis l'information au journal, ce qui attirait d'abord notre attention comme une anomalie significative: pourquoi prendre cette précaution s'il s'agissait d'un village parmi tant d'autres? Depuis le 27 avril, je cherchais des renseignements sur ce village en pensant que l'explication était peut-être historique. En effet, certains villages palestiniens avaient été selon les Palestiniens le lieu de massacre lors de la guerre d'indépendence, et je pensais que cela pouvait expliquer à la fois l'importance de cette cession, l'insistance du joural Ha'aretz à centrer l'attention du lecteur, en première page, sur un village a priori insignifiant. L'article parlait de la déciion de Barak de présenter cette décision au cabinet de la sécurité, ainsi que "d'autres décisions dramatiques" (citation de la source officielle.

Petit à petit, les informations que je réunissais me confirmait l'importance de l'événement et ses implications.

Le village d'Abu Dis était déjà situé en zone B, c'est-à-dire en zone contrôlée par l'administration palestinienne, et la cession dont il s'agissait consistait en fait à le faire passer dans le territoire de zone A, soit un territoire de contrôle entièrement palestinien, fondement de l'état palestinien futur. Le village d'Abu Dis jouxte Jérusalem, situé entre Talpiot Mizrah et Ras El Amoud. Enfin, ce village aux portes de Jérusalem, plus proche encore que Bethlehem dont on regrettait la proximité à moins de dix minutes de voiture, doit selon nos dernières informations non seulement être une part intégrale du future état palestinien, mais constituer la future part de Jérusalem concédée dans le but d'être la capitale de l'état palestinien.

La petite information nonchalament lancée à la presse le 27 avril consistait donc dans les faits à annoncer que le partage de Jérusalem était lancé, et que le gouvernement avait accepté le principe d'une capitale à deux têtes, et d'un état palestinien jouxtant le territoire de l'état d'Israël. A posteriori, tout nous laisse à penser que ces décisions étaient même prises de longue date, ce qui explique la tohu-bohu suscité par les constructions sur la colline de Ras El Amoud, pourtant juive. Mon opinion personelle me pousse à penser que les Palestiniens comptaient annexer cette colline là aussi, ce qui permettait, dans leur perspective, d'affermir cette enclave, en joignant Abou Dis à Ras El Ahmoud, mais ce qui, dans la perspective de l'état d'Israël, aurait abouti à encercler encore un peu plus Jérusalem, avec d'un côté Ras-El Amoud, Abou-Dis, un peu plus loin, en pivotant, Bethlehem, et terminant ce cercle, Jéricho à quinze minutes de voiture. Construire la paix me semble devoir être l'établissement d'une situation stable, et non un découpage qui peut engager l'autre partie à pousser plus loin son avantage.

La différence de perspectives entre deux parties négociant les pourparlers de paix est une affaire naturelle et entendue, et je ne cherche pas ici à donner raison ou tord aux Palestiniens, qui défendent leurs propres intérêts. Je me permet d'énoncer ici une critique personelle, en regrettant que cette partie des accords de paix, absente de tous les accords écrits, n'ait jamais été soumise à l'accord de la knesset. Cette technique diplomatique a été tout d'abord utilisée par Kissinger, qui procédait par accords secrets avant de mettre le Congrès américain devant le fait accompli et de la faire avaliser ses décisions. Il semble bien que ce soit là la clé de nombreuses décisions prises par Rabin que doit à présent respecter Ehud Barak bien qu'aucun texte officiel ne les mentionne. On peut tout de même se demander si une question aussi importante que celle de Jérusalem ne méritait pas d'être présentée à la knesset.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi