Interview d'un Iraquien sur la Guerre du Golfe

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                            Interview d'un Iraquien sur la Guerre du Golfe

Alliance a interviewé pour vous un Iraquien, qui a tenu à tenir son identité cachée, mais qui a accepté d'évoquer pour nous la guerre du Golfe, côté iraquien. L'interview est brève, mais nous a paru importante, dans la mesure où elle redonne un visage humain au conflit. On s'aperçoit aussi, que comme dans tout conflit, les expériences des deux parties sont en miroir: alors que les Israëliens craignaient l'utilisation des armes chimiques à chaque envoi de scud, les Iraquiens vivaient la même angoisse après chacune de leur attaque, dans l'attente tendue d'une hypothètique riposte atomique israëlienne. D'autres aspects, mis en exergue par les médias européens comme par exemple le manque de tout, sont ici contredis. L'atmophère effervescente de soutien extatique à Saddam Hussein, mise en scène par CNN, est aussi relativisée par cette interview. L'extrème surveillance que subissent les Iraquiens est aussi évoquée ici, et explicite le silence de l'opposition pendant le conflit, mais aussi depuis.

Alliance: comment avez-vous vécu la guerre du Golfe en Irak?

X: J'étais à Bagdad. Plus d'électricité, plus d'eau, plus d'essence. Imaginez brusquement un pays d'où les voitures disparaissent progressivement.

Alliance: La guerre était une chose effrayante?

X : Je ne peux pas dire pas du tout, mais la vie était normale ou presque. On trouvait tout ce qu'il fallait pour vivre, on voyait ses amis. Le problème était qu'on n'avait plus de téléphone. Les lignes étaient coupées, on ne pouvait pas avoir de nouvelles de nos familles dans une autre ville. Certains ont quitté les grandes villes. Ce qui a fait peur à tout le monde, c'était la menace atomique. on savait que lorsque Sadam envoyait des bombes en Israël, et qu'il y avait un risque de réponse très forte, et même atomique.

Alliance: Comment est-ce que les gens ont compris que c'était un effort énorme pour Israël de ne pas riposter?

X: Lorsque les gens apprenaient chaque fois qu'Israël n'avait pas frappé, on était terriblement soulagé. Pas méprisants. Reconnaissants, vraiment. On avait peur d'une riposte atomique sur les villes. Beaucoup de gens ont quitté les grandes villes. Une grande partie de la population était furieuse contre Sadam, et pensait que c'était une bétise de frapper Israël, que ce pays n'avait rien à faire dans ce conflit, et que cela allait entraîner un conflit majeur. Nous avons été très reconnaissants qu'Israël ne bouge pas et nous étions conscients de cet effort.

Alliance: En Israël, on a présenté l'Irak comme soudée autour de Sadam dans ce conflit.

X: C'est faux, même les gens autour de Sadam étaient contre, et ne pouvaient rien faire.

Alliance: Comment ça se passe en Iraq en ce qui concerne la liberté d'expression, concrétement?

X: Si on ne connait pas bien les gens qui sont présents dans une réunion, une soirée, même à présent, on ne parle pas, c'est trop risqué. Il y a des policiers en civil partout. Il y a plusieurs sortes de police. Même les polices sont concues pour se surveiller les unes les autres. Mais je ne souhaite pas continuer cette interview, pour cette même raison. Je ne veux pas faire de politique, et j'ai peur pour ma famille. Tout ce que je veux à présent, c'est vivre en paix.

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