Incapacité européenne à opérer un contrôle des fonds de l'aide pour la paix ou calcul machiavélique ?

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Yona : Incapacité européenne à opérer un contrôle des fonds de l'aide pour la paix ou calcul machiavélique ?

Le dossier que nous présentons cette semaine constitue une ligne de réflexion que nous soumettons à nos lecteurs devant un certain nombre d'anomalies répétitives dans l'usage fait par les Palestiniens de l'aide internationale pour leur développement et pour l'établissement de la paix au Moyen Orient.
Ces anomalies concernent une apparente incapacité européenne à contrôler l'usage des fonds, à ne pas exiger de la part de Yasser Arafat des rapports systématiques sur cet usage, alors que l'Europe a sû, dans d'autres circonstances, exiger des rapports financiers strictes, opérer un contrôle de l'établissement d'institutions démocratiques dans les pays où la démocratie n'avait jamais existé, aider à l'organisation de vote démocratique...
Il n'a jamais été question dans ces précédents historiques, d'humilier les pays pris ainsi en tutelle pendant une période donnée. Il n'aurait pas plus été question, dans le cas de l'Autorité palestinienne, d'humilier la démocratie naissante.
L'hypothèse que nous ferons donc, et que nous développerons à la suite de l'exposition de tous les faits, est que nous ne pouvons accuser les dirigeants européens d'être soudain dépourvus de jugement. La situation actuelle est donc le résultat d'un calcul, d'un enjeu à la fois politique et économique, dont nous tenterons d'esquisser les grandes lignes.

I. L'extraordinaire incapacité européene à exercer un contrôle sur les fonds versés à l'Autorité palestinienne
1. L'historique
2. Les fonds concernés
3. Les signes visibles de la préparation de guerre palestinienne
II. Les sommes astronomiques versées depuis dix ans à l'Autorité palestinienne
III. Les enjeux politiques et économiques du silence européen
L'enjeu de la négligence : Flatter l'orgueil des pays arabes en traitant l'Autorité palestinienne d'égal-à égal, comme une démocratie ancienne
I
V L'enjeu politique de l'échec des pourparlers : Profiter de l'échec des pourparlers de paix sous l'égide américaine pour « doubler » les USA sur un certain nombre de marchés des pays arabes
Obtenir une place privilégiée en tant que client des pays pétroliers
L'enjeu économique de l'échec des pourparlers : le marché d'armes
4. Le marché d'armes palestinien
5. Le marché d'armes moyen oriental
6. Les fonds européens et leur rôle dans le désarmement d'Israël

I. L'extraordinaire incapacité européene à exercer un contrôle sur les fonds versés à l'Autorité palestinienne

1. L'historique

Dès avril 1995, un émissaire britannique du parlement européen écrivait un rapport dénonçant le détournement des fonds palestiniens versés par l'Union européene pour le développement de la paix. Cet émissaire apportait des preuves dans son rapport que les fonds versés avaient été d'une part détournés au profit des membres de l'Autorité palestinienne, mais aussi et surtout utilisés pour acheter des armes, ce qui constitue une perspective en soi contradictoire avec les buts de paix devant être soutenus par ces fonds. L'émissaire britannique représentant l'Union européenne fait un rapport, mais personne ne semble entendre.
Depuis cette date, les organisations israëliennes de monitoring de la paix n'ont cessé de transmettre des informations aux gouvernants européens à l'échelle nationale et internationale. Le lien, pour ne citer qu'un exemple de nos confrères ayant agi dans ce sens, journal diffusé à partir de Grenoble, envoit depuis 10 ans ces informations aux députés et sénateurs français, ainsi qu'aux parlementaires européens francophones. Après ne pas avoir entendu, il semble que certains n'aient pas lu ce qui leur était envoyé bénévolement.

2. Les fonds concernés
D'après les sources de Israel Resource Review, l'Union Européenne a versé 3 milliards de dollars, soit approximativement 21 milliards de francs à l'Autorité palestinienne depuis 1994. Ces fonds ont été versés par le programme d'aide financière européenne à l'Autorité Palestinienne, et par la Banque européenne d'Investissement, et ne comprennent pas les sommes versées par le biais de la Banque mondiale et son organisation de « joint donors » dont nous avons déjà rapporté les chiffres dans un autre dossier : 346,84 millions de dollars, dont il n'était pas précisé s'il s'agissait d'une somme globale dpuis 1994, ou du budget de l'année venant de s'écouler.
Actuellement, selon les sources de l'Union européene elle-même (minutes de la réunion du comité de sélection tenue le 29 septembre 1999, rapport de la direction des relations générales extérieures de la commission européenne), le budget de financement des projets de paix (liés au processus de paix ?) du Moyen Orient, s'élevait à 5 millions d'Euros, soit 32,95 millions de francs.
Pour être parfaitement honnête sur ce dossier, le détail de ce financement de 1999 révèle que toutes les attributions faites n'étaient pas entièrement négatives, puisque certaines concernaient par exemple l'association Yaari d'études arabes, dont l'initative consistait à développer des cadres de jeunes leaders formés pour développer des projets bi-communautaires israëliens et palestiniens.
Mais certaines autres attributions, comme celles faites pour les écoles palestiniennes, doublon des attributions par la Banque mondiale, dépassent l'imagination, puisqu'en 1999, on connaissait déjà depuis cinq ans l'utilisation des fonds de l'éducation faite par l'Autorité palestinienne pour léducation de la haine.
D'autres attributions sont clairement des soutiens politiques indirects, soutenant des mouvements inactifs au Moyen Orient, comme par exemple « The Four Mothers Movement to Leave Lebanon in Peace » dirigé par Yossi Beilin, financé à 10O% par l'Union eurpéenne, alors qu'Israël n'a pas eu besoin de M. Beilin ni de son mouvement pour quitter le Liban et que son association de pacotille ne peut rien à présent contre l'agressivité du hezbollah contre Israël. Autant dire qu'outre les détournements de fonds palestiniens, les projets financés par l'Union européenne n'ont rien fait pour assainir le climat politique israëlien, et constituent une forme de corruption occulte de ministres comme M. Beilin.
Résumons. Depuis 1995, la corruption du système de gouvernement palestinien est connu, et l'Union européenne persiste à fermer les yeux, et à verser des sommes évaluées à 5 millions d'Euros par financement de projet, et totalisant 3 milliards sur 7 ans. Nous reviendrons plus loin sur la question du financement occulte de mouvements politiques israëliens en contradiction avec le devoir de non-ingérence dans la politique intérieure d'un pays
Plus grave encore que la corruption du système palestinien, on savait dans tous les milieux concernés que l'Autorité palestinienne cultivait la haine et l'incitation à la violence, et organisait un réarmement massif.

 

3. Les signes visibles de la préparation de guerre palestinienne
Contrairement à ce que peuvent prétendre nos dirigeants, il fallait être sourd, aveugle, et stupide (au sens latin du terme, hébété, et dans ce cas précis, par une dégéneresence précoce du cerveau), pour ne pas voir les préparations de guerre palestiniennes. L'Autorité palestinienne ne cache pas ses intentions, mais les proclame sur les médias financés par l'Union Européenne, La Voix de la Palestine, radio palestinienne, et la Télévision Palestinienne, financée en particulier par la France.
A Gaza, le 12 Novembre 1994, à peine un an après les accords de Washington, sous les feux des caméras, Arafat annonce : « Notre peuple va poursuivre son jihad ». L'événement n'est pas retransmis en Europe, mais le journal israëlien le plus lu par des hebdomadaires comme Le Courrier International, Ha'aretz, retranscrit les paroles d'Arafat en s'alarmant de leur portée sur une foule hystérique, et étonné de l'indifférence européenne.
Le 16 novembre 1994, lors d'un discours à Gaza couvert par la presse internationale, Arafat déclare : « Aujourd'hui, nous célébrons notre indépendence pour la première fois sur le sol de la Palestine, et nous continuerons à la célébrer sur des territoires palestiniens libérés de l'ennemi sioniste. Nous prendrons tout territoire ouvert et libéré, et nous établirons notre état sur les territoires quittés par l'ennemi israëlien. » Le Yediot Aharonot rapporte les propos du dirigeant palestinien, et la presse européenne ne commente pas, choisissant apparemment de donner le bénéfice du doute à Arafat concernant le sens des termes de son discours.
En décembre 1994, Arafat s'adresse sur les ondes de la Voix de la Palestine, dans une adresse à l'Organisation de la Conférence islamique : « la glorieuse solidarité islamique, associée au jihad de notre peuple nous encourage à nouveau à réaliser nos espoirs. » (Voix de la Palestine, 15 décembre 1994).
Le 1er janvier 1995, lors d'un discours prononcé à l'occasion du 30e anniversaire de la fondation du Fatah (sa présence festive aurait dû dessiller les yeux de ceux qui parlent du Fatah en tant que dissidant de l'Autorité Palestinienne), Yasser Arafat déclare : « Nous allons continuer la révolution palestinienne jusqu'au dernier martyr pour créer un état palestinien » (Agence Française de Presse, 1er janvier 1995). Il ajoute : « Nous cherchons tous le martyr Je dis aux martyrs qui sont morts, et à tous les martyrs qui sont encore en vie, nous nous en tenons au serment, nous respectons l'engagement à poursuivre la révolution. » Faut-il préciser que tous les journalistes couvrant le Moyen Orient, savent, et savaient à l'époque, que le terme « martyr » désigne dans le contexte toute personne sacrifiant sa vie dans un attentat suicide, ou dans une attaque terroriste. L'Europe ne bouge pas. L'AFP retransmet l'information sans commenter, laissant ainsi le vague planer dans les esprits des auditeurs quant à la nature de ce discours, dont la visée est cependant clairement terroriste.
Arafat répète son discours incitant à la violence en janvier 1995 à Gaza : « Nous sommes tous prêts à être martyrs tout le long de ce chemin, jusqu'à ce que notre drapeau flotte sur Jérusalem, la capitale de la Palestine. Que personne ne s'imagine pouvoir nous effrayer avec des armes, parce que nous avons des armes plus puissantes ­ l'arme de la foi, l'arme du martyr, l'arme du jihad. » Le discours est rapporté par un journal américain, Parade Magazine, New York Newsday, le 25 juin. Pourquoi un tel décalage dans le temps ? Pourquoi la presse européenne n'en a-t-elle pas parlé ?
Le 30 janvier 1995, Arafat déclare sur les ondes de la Voix de la Palestine radio financée par la France : « Nous sommes tous sur notre chemin pour mourir en héros sur la voie menant à Jérusalem, la capitale de l'Etat de la Palestine. » L'AFP est muette, les médias européens se taisent. Pourtant, tout le monde sait que les principes d'Oslo 1 signés par Ytshak Rabin et Arafat comportent le statut israëlien et indivisible de Jérusalem. Tout le monde sait donc qu'Arafat bafoue sa propre parole, et fonde les dissenssions futures en reniant les premiers accords israëlo-palestiniens. L'Europe n'entend pas. L'Europe ne commente pas.
Toujours sur les ondes de La voix de la Palestine, Arafat déclare dans un rassemblement organisé le 14 février 1995 à Hevron : « Notre nation est une nation de sacrifice, de lutte, et de jihad. » Quel meilleur moyen de mettre le feu aux poudres dans la ville d'Israël d'où sont issus la majorité des commandos fanatiques du Hamas ? L'Europe et ses médias ne commentent pas.
Le Ministre de la Plannification de l'Autorité palestinienne, M. Nabil Shaath, dans une interview effectuée par Al-Watan le 28 février 1995, déclare : « S'il apparaît que les négociations avec Israël se dirigent vers un échec, il n'y aura plus d'autre option que le jihad. » (cité dans FBIS, 1er mars 1995). Pourtant les Palestiniens se sont engagés à des négociations, à un processus de paix, impliquant la notion de compromis. Moins de deux ans après Washington, la menace de guerre est explicite. L'Europe ne commente pas, ni ses gouvernants, ni ses média.
Le 31 mars 1995, dans un discours retransmis sur les ondes de La Voix de la Palestine, Yasser Arafat lance un message pour marquer l'anniversaire du Jour de la Terre, jour nationaliste palestinien, régulièrement à l'origine d'émeutes sanglantes anti-israëliennes : « Nous te promettons, oh notre grande nation, nous te promettons, oh nos purs martyrs, que nous continuerons la révolution jusqu'à la victoire et jusqu'à ce que le drapeau de mon pays flotte sur les tours de Jérusalem. C'est une révolution jusqu'à la victoire. » (Voix de la Palestine, 31 mars 1995).
Progressivement, le terme de jihad va voir son sens précisé par les différents membres de l'Autorité palestinienne, qui ne cachent pas qu'il s'agit d'une guerre au sens réel du terme, dont la charge émotionelle est aussi religieuse, et dont les visées concernent les points que les négociations de paix n'auront pû obtenir. La stratégie à double vitesse de l'Autorité palestinienne est donc ouvertement affichée, mais aucun journal ne la commente, ni aucun gouvernement européen.
Le 7 avril 1995, le mufti de l'Autorité Palestinienne, le Sheikh Ikhram Sabri, déclare : « Jérusalem est occupée, et les musulmans du monde entier devraient la libérer par le jihad, et la placer sous l'autorité islamique et arabe. Le jihad n'est pas seulement un jihad au sens de guerre. Il s'agit ici de mettre tous les moyens possibles en uvre pour reprendre Jérusalem. » (rapporté dans Al-Sharq al-Aswat le 7 avril 1995, et dans le Jerusalem Post, journal anglophone accessible à la plupart des journalistes, disponible en Europe, dans l'édition du 3 mai 1995.
Le 16 avril 1995, Yasser Arafat, dans un discours public lors d'un rassemblement à Gaza, compare les accords d'Oslo au traité de paix temporaire établi par Mohamed avec la tribu des Quraish, traité violé plus tard par Mohamed. Arafat déclare : « Nous avons signé cet accord à Oslo, et si quelques uns d'entre vous ont une objection à ce traité, moi j'en ai une centaine. » Le discours est retransmis sur les ondes de La Voix de la Palestine le 16 avril 1995, et il est cité par FBIS le 18 avril 1995.
Ce dernier discours précise le programme de l'Autorité palestinienne. Les accords d'Oslo consistent dans leur esprit à gagner du terrain par la voie de la négociation, avant de déclencher les hostilités.
Feissal Husseini, (récemment décédé et encensé par la presse comme un des personnages pivots des accords de paix), déclare dans une interview accordée à l'hebdomadaire égyptien Al-Arabi le 1er mai 1995 : « Si Israël continue à saper le chemin de la paix, il n'y aura pas d'autre alternative que ce que l'opposition islamiste palestinienne réclame, l'option militaire. » L'agence France Presse rapporte ces paroles sans commentaire le 1er mai 1995. On feint d'accepter l'étrange position d'un dirigeant palestinien qui se présente comme soumis aux pressions islamiques. On feint d'ignorer que la famille Husseini est le gardien traitionnel des lieux de l'Islam à Jérusalem, et que Husseini a fait de la reconqûete de Jérusalem son cheval de bataille. On ne s'insurge pas que l'Autorité Palestinienne, qui ne peut encore, en 1995, se plaindre que les accords de paix soient bloqués, menace ouvertement de guerre Israël. On feint d'ignorer ces menaces de guerre, tout simplement.
Le 12 mai 1995, la Voix de la Palestine diffuse un discours de Yasser Arafat lu au centre culturel Sahawa de Gaza par le ministre palestinien de la Justice, Freih Abu Middein : » Je répète qu'Israël demeurera l'ennemi principal du peuple palestinien, pas seulement actuellement, mais aussi à l'avenir. » Personne ne commente ces étranges perspectives de paix.
Un mois plus tôt, à l'Université Al-Azhar de Gaza, Abu Middein avait déclaré quant à lui « nous devons nous rappeller que l'ennemi principal du peuple palestinien, à présent et pour toujours, est Israël. C'est une vérité qui ne doit pas quitter nos esprits. » (rapporté par An-Nahar le 11 avril 1995, puis en anglais dans le Jerusalem Post le 17 avril 1995.)
Dès le 2O mai 1995, les plans de la seconde intifadah sont débattus en public par l'Autorité Palestinienne. La radio du Caire diffuse une interview du ministre palestinien de la justice Freih Abu Middein : « Nous avons un comité permanent pour suivre la question de Jérusalem et les développements récents d'importance. Il y aura aussi des mouvements populaires pour mobiliser les ressources dans Jérusalem, en Cisjordanie, à Gaza, et tout cela appelle à une nouvelle intifadah, quel que soit l'impact qu'elle aura. » (radio du Caire, 2O mai, cité par FBIS le 22 mai 1995.)
Feisal Husseini annonce quant à lui le 21 mai, en anglais, sur Kol Israel, radio israëlienne la même information, confirmant que l'annonce faite au Caire n'est pas l'idée d'un seul individu :
« Il y aura une intifadah, pas seulement à Jérusalem, mais dans tous les territoires occupés, et dans tout le Moyen Orient. » L'interview est par ailleurs rapporté par écrit le 22 mai 1995 par le journal israëlien Ha'aretz.
Faut-il ajouter que ces annonces confirmaient déjà les informations du rapport Saxton concernant l'existance d'un accord offensif entre Iran, Irak Egypte, Syrie, et l'Autorité Palestinienne, où le rôle palestinien consistait à occuper Tsahal au centre du pays pendant que les frontières étaient attaquées par les autres pays de cette alliance ?
Les incitations à la haine et les déclarations d'inimitié, voire de guerre, ont été on ne peut plus publiques, et nous arrêtons là la liste précise, par souci du côté fastidieux de cette lecture. Avec les années, le nombre de ces discours de haine et de guerre augmente. 3 discours de guerre en 1994, 18 en 1995, 22 en 1996, 42 en 1997 et nous arrêtons là le décompte. En effet, on peut toujours prétendre qu'en 1998, c'est le blocage réel des négociations qui a suscité ces paroles. On ne peut rien affirmer de tel pour 1994, 1995, ou 1996
Parallèlement au dossier de plus en plus pesant de ces déclarations répétées de vélléités de guerre, l'Europe peut, si elle n'est pas sourde, entendre dès 1994-95 les informations touchant au réarmement palestinien.

Le réarmement palestinien
Dès 1994, un article de Ha'aretz interviewant Ytshak Rabin révèle que contrairement aux accords officiels d'Oslo, des policiers palestiniens en civil, armés, circulent à Jérusalem.
Parallèlement à l'armement officiel des forces palestiniennes, la quantité d'armes introduite en fraude à Gaza, et avec la complicité de l'Autorité palestinienne est en croissance continue.
En juin 1995, le journal El Pais est le premier à révéler en Europe un fait très briévement traité par la télévision israëlienne, puis étouffé au nom de la censure militaire, en vérité, afin de protéger l'image de réussite des accords d'Oslo du gouvernement israëlien : 5 tunnels de 3 mètres de haut creusés entre Gaza et l'Egypte et permettant l'introduction d'armes lourdes, ont été explosés par Tsahal en présence de l'ambassadeur égyptien en Israël. Aucun journal européen ne reprend l'information de l'agence de presse espagnole, pourtant non démentie ni par Israël, ni par les Palestiniens. Actuellement, Tsahal mène un combat harassant contre le creusement incessant d'une cinquantaine de tunnels de la taille d'un homme, renforcé par des barrils de pétrole vides, et permettant l'entrée en fraude d'armes légères.
En 1995, lorsque l'aide européene s'accroît de façon exponentielle, les gouvernants, les parlementaires savent donc tous que l'Autorité Palestinienne possède déjà 10 fois plus d'armes que conlu dans les accords d'Oslo, et que cette même autorité gouvernementale fait profession de foi de mener la guerre contre Israël. Nous ne reviendrons pas sur la mauvaise foi des média européens, que nous pensons avoir démontrée. Nous abordons à présent la question des intérêts européens à cette conspiration du silence. Car à moins de faire injure à l'intelligence de nos gouvernants, il est clair que nous sommes face à une politique, et donc à des intérêts sous-jacents à cette politique.

II. Les sommes astronomiques versées depuis dix ans à l'Autorité palestinienne

Il faut rappeller que l'Union européenne ne pratique pas la politique de la transparence, et que ce problème a même été débattu dans de nombreux articles et manifestations.
Les sommes que nous avançons sont donc les sommes connues officiellement, et cela signifie concrétement que les 3 milliards de dollars donnés à l'Autorité Palestinienne depuis 1994 et cités par l'ONU, aussi bien, ne recouvrent pas la totalité des aides versées par le biais de missions du type de celles que nous citons de septembre 1999.
On peut avoir un aperçu du dépassement des sommes déclarées officiellement, en jetant un regard attentif aux sommes affichées par ailleurs sur le site de la Banque Mondiale, qui cite nomément les pays ayant versé des dons à l'Autorité Palestinienne. On consultera à ce propos le dossier présenté par Alliance sur la Banque Mondiale et le système des « joint donors ».
On remarquera simultanément que la Banque Mondiale elle-même joue sur le flou de ses présentations, en ne précisant pas si ses tableaux désignent en résumé tout ce qui a été versé à l'Autorité Palestinienne depuis 1994, ou s'il s'agit de versement annuel de la Banque Mondiale auprès de l'Autorité Palestinienne par les pays concernés.
Si l'on s'en tient aux sommes annoncées officiellement, et en considérant que le versement de la Banque Mondiale est un versement unique et non renouvelé, on obtient quand même la somme de 3 milliards, 450 millions de dollars versés en 7 ans à l'Autorité Palestinienne, puisque les sommes versées par la Banque Mondiale sont aussi des sommes versées par l'Union Européenne, mais individuellement par pays.
On constate aussi que le flou des fonds européens, ne permet pas non plus de savoir si les 3 milliards de dollars incluent ou non des aides officielles (à la TV palestinienne, à la radio palestinienne, aux manuels scolaires palestiniens, etc).
Le Parlement européen se replie aussi derrière des lois d'interdiction de publication de « document sensibles », dont la définition est assez large pour couvrir tout ce qu'on souhaite dissimuler.
Il est donc clair que tout est mis en place pour verser des fonds, sans contrôle par les gouvernés européens, fonds destinés à être laissés au détournement libre par l'Autorité Palestinienne, afin d'être ensuite récupérés de façon occulte par les fabricants d'armes, les grosses industries européennes.

III Les enjeux politiques et économiques du silence européen
L'enjeu de la négligence : Flatter l'orgueil des pays arabes en traitant l'Autorité palestinienne d'égal-à égal, comme une démocratie ancienne
Si le silence européen a un sens, si la négligence apparente du parlement européen n'est pas le fruit du hasard (ce qui est difficile à concevoir dans le contexte d'un problème de détournement de fonds durant depuis près de dix ans), c'est parce que cette désinvolture sert les intérêts des pays européens. Ce silence est servi pas la confidentialité de nombreuses informations du Parlement européen, l'interdiction par exemple en France de publier des documents déclarés « sensibles » la classification des documents variant avec les options politiques. Quel peut donc être l'intérêt de l'Europe à se plier aux désiderata de l'Autorité palestinienne ?
Il s'agit tout d'abord de flatter, à la fois l'Autorité palestinienne et les pays arabes, en leur faisant miroiter une forme de rapport pseudo-égalitaire. Nous ne contrôlons pas vos fonds. Vous êtes assez grands pour les gérer. Et alors que les alliés, après la guerre, ne se sont pas gênés pour mettre en place une démocratie allemande sous leur contrôle, on feint dans le cas palestinien de croire que la démocratie naîtra seule. On feint de croire que les fonds atteindront leurs buts, alors que l'expérience de l'aide au Tiers Monde nous a depuis longtemps appris qu'un contrôle est nécessaire à toutes les étapes de versement de fonds, et qu'un rapport détaillé de l'utilisation réelle des fonds est indispensable.
En fait, on met tout en place pour corrompre un régime, pour faire capoter les accords de paix menés par ce régime, et c'est cette vérité qu'il nous faut à présent aborder : les intérêts européens à l'échec des accords de paix.

IV L'enjeu politique de l'échec des pourparlers :
L'échec des accords de paix constitue une stratégie européene subtile et à multiples facettes. Il est claire que c'est là le but recherché par des gens qui ne sont pas des imbéciles, et qui versent sans cesse depuis dix ans des fonds, tout en sachant pertinament que ces fonds vont servir à la guerre. Cessons d'être naïfs et de croire encore que tout cela n'est qu'un accident. Considérons plutôt les causes de cette politique.
Les négociations israëlo-palestiniennes ont placé l'Amérique en position de médiateur qui entraîne des avantages considérables pour les USA. L'idée explicite de Bush, lors de son annonce, après la guerre du Golfe, concernant l' »établissement d'un nouvel ordre mondial », était de faire du Moyen Orient un marché commun américain. Il est clair que ce marché américain moyen oriental constituait un contrepoids embarassant pour l'Europe, dans une région géographiquement proche. Ce marché commun risquait aussi de signifier la mise hors jeu de l'Europe et de ses productions pour une région vaste du globe, région qu'elle s'était attribué comme un marché naturel comme les USA considèrent le Pacifique et l'Asie comme leur chasse gardée. Si l'on prend l'exemple de Boeing, imposé comme avion courant à Israël par les USA à la suite des aides financières et militaires, on comprendra comment la politique américaine peut très vite aboutir à une exclusion des produits européens.
L'échec des négociations israëlo-palestiniennes constitue donc du point de vue européen l'échec de ce marché commun américian du Moyen Orient.
D'autre part, contrecarrer la politique américiane vis-à-vis des pays arabes aboutit souvent à permettre à des pays européens à se présenter comme les amis éternels des pays arabes, et à souffler des marchés à l'Oncle Sam. Que l'on considère un instant la rupture par la France et l'Allemagne de l'embargo onusien contre l'Irak , et l'on a une démonstration claire du phénomène, puisque les Etats Unis, en continuant à respecter l'embargo se sont mis eux mêmes hors jeu dans une course ouverte par Saddam : les premiers arrivés seront les premiers servis La France et l'Allemagne ont ainsi damé le pion aux USA sur un bon nombre de marchés pétroliers
Eh oui, le pétrole, toujours le pétrole Quand on n'a pas de pétrole, on a des idées, disait la publicité La France dépend du pétrole arabe, il ne faut pas l'oublier Tout est bon pour s'assurer des relations privilégiées avec PLUSIEURS pays arabes afin de ne pas être dépendant d'un seul fournisseur. La question n'est donc pas détablir des relations avec un seul fournisseur, mais d'avoir de bonnes relations avec le plus grand nombre possible de pays arabes pétrolifères

L'enjeu économique de l'échec des pourparlers : le marché d'armes
Cherchez des chiffres sur le marché d'armes de la France vous n'en trouverez pas Défense nationale On peut donc toujours vous accuser d'affabuler Il reste que la France accepte d'agréer son rang de deuxième fournisseur d'armes de la planète. Or le Moyen Orient constitue 1/3 du marché mondial d'armes.

4. Le marché d'armes palestinien
Cela met en évidence un petit jeu subtil pour ne pas dire honteux de l'Europe avec les fonds d' «aide» aux Palestiniens. Cela explique le silence de circonstance à chaque annonce d'achat d'armes par les Palestiniens, ou concernant les détournements de fonds de l'aide internationale.
Plus on verse de l'argent aux Palestiniens au nom de l'aide internationale, plus ceux-ci ont des fonds pour acheter des armes européennes. Simultanément ces achats d'armes, poussant à la guerre, confortent la politique européenne contre le marché commun américain
Fonds d'aide immenses. Fonds détournés Europe enrichie, Europe renforcée Qui ne serait pas silencieux à ce prix ?

5. Le marché d'armes moyen oriental
Deuxième conséquence économique et politique : ce faisant l'Europe et la France gagnent d'autres marchés d'armes importants : ceux des pays arabes, qui à cause du soutien financier et politique européen aux Palestiniens, vont à leur tout accorder leurs préférences aux fournisseurs d'armes européens

6. Les fonds européens et leur rôle dans le désarmement d'Israël
Dans ce contexte, nous associons dans notre analyse notre prochain dossier, qui concernera l'aide eurpopéene à toute tendance politique pouvant mener à l'affaiblissement israëlien dans ce conflit. Cela explique les fonds considérables versés aux partis et lobbies « pour la paix » au Moyen Orient en dépit du danger croissant menaçant Israël, et précisément parce que ces factions idéalistes proposent des solutions mettant en danger Israël.

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