Comment moi chauffeur de taxi j'ai réussi en Israël ?

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Chauffeur de taxi à Tel Aviv

Bien-sûr il ne faut pas généraliser, mais cette petite anecdote permet d'avoir une meilleure perpective des immenses possibilités d' Israël pour peu que l'on sache comment gérer son argent.

Mon analyse a débuté par un  constat simple, lorsque je cherchais, pour moi-même, un appartement à Bat-Yam, petite ville balnéaire à quelques kilomètres de Tel-Aviv.

La plupart des propriétaires rencontrés pour visiter les appartements susceptibles de m'intéresser, étaient des Russes.

Quoi d'étonnant, sachant qu'ils sont arrivés en Israël vers la fin des années 80, et ont "envahis" Bat-Yam , avec sa plage et avec un parc immobilier encore accessible.

Mais tout de même ,comment ont ils pu avoir autant d'appartements ?
Tous ceux que j'ai entendus me racontaient leur histoire , en avaient au moins deux appartements !
Ce n'est pas rien lorsque l'on sait qu'il faut un acompte de 50% de la valeur marchande du bien pour les Russes et pour les Français seulement 25%, ou l'art de relativiser 😉
Hier je prend un taxi.
Ça tombe bien mon  chauffeur de taxi est  Russe d'origine, il est âgé de 52 ans ,  il parle un excellent hébreu et me raconte son histoire :
Lorsqu'il est arrivé en Israël il a eu tout de suite un emploi dans la Société emblématique General Electric.
Son épouse, quant à elle, occupait un poste à la mairie de Bat-Yam a eux deux, leur salaire mensuel s'élevait à 25 000 NIS.

Habitués à vivre dans des conditions difficiles dans l'ex-URSS, ils n'ont aucun problème d'économiser 10 000 NIS chaque mois soit 2500 euros.

Puis chance ou malchance, quelques années plus tard, la General Electric, décide de se délocaliser.
Mais lui  refuse de partir à l'étranger, il perçoit donc, selon la loi israélienne, des  indemnités.
qu'il place avec ses économies sur leur salaire. Nous sommes en 1994.

En 2006, l'immobilier s'effondre à Bat-Yam ainsi il achète sans crédit, son premier appartement à 350 000 Nis puis un autre 4 ans plus tard et ainsi de suite jusqu'à 4 appartements.

Je lui pose la question mais comment avez vous fait pour acheter sans les 25% exigés par les banques ? 
" Nous les Russes on nous demande 50% d'acompte et non pas 25% car on ne fait pas confiance aux Russes en Israël en général " 20 ans plus tard il est propriétaire de 4 appartement dont un à Ramat-Aviv.

Formidable ! Mais là ne s'arrête pas sa success story.
Il ajoute fièrement "j'ai également des actions en bourse avec les laboratoires Pfizer ! Quand j'ai compris qu'ils étaient les premiers à avoir commercialiser le VIAGRA, je me suis dit "mais tout le monde aura toujours besoin de Viagra les actions sont montés à 97% de leur valeur initiale"

Je l'interroge tout en m'interrogeant 
" Et selon vous, comment avez vous réussi en si peu de temps dans un pays où vous ne connaissiez ni la langue ni la culture et sans argent ou presque ?"

Sa réponse fuse " L'assurance "BETARON" je n'ai pas peur, je me suis toujours dit qu'aucune peur ne peut être plus forte que moi. Je n'ai jamais laisser la place à la peur"

Je lui fais la remarque qu'il est vrai que les Russes sont considérés comme des cerveaux en règle générale.
Le  communisme a eu des aspects positifs notamment dans l'obligation des études très poussées, le sport de haut niveau, les concours d'échecs internationaux, d'ailleurs toujours ou presque remportés par des soviétiques.

Sur cette remarque il me répond "oui c'est vrai il y a de vrais cerveaux chez nous.
J'ai un couple d'amis dont la femme est ingénieur elle perçoit un salaire de 80 000 Nis.
Son mari est responsable d'un "pool" dans une grande société de High Tech à Tel-Aviv il perçoit un salaire de 40 000 Nis."

Mais , en ce qui me concerne, je suis quelqu'un de plutôt simple, je n'ai pas fait d'étude, j'ai un un esprit pragmatique, je me fie à mon intuitio,, je sens quand une affaire est bonne et je n'hésite pas.
Pour le Viagra, par exemple, pour moi c'était une évidence d'acheter des actions avec le plus grand laboratoire d'Europe.

Et puis vous savez chez nous nous ne sommes pas dans le "CHOUFFANI" expression tunisienne qui veut dire "regardez-moi" ou plus prosaïquement  "bling-bling"

Par exemple, dans 3 jours nous fêterons l'anniversaire de ma fille et de ma femme, nous irons  au restaurant avec notre famille proche.
Les anniversaires c'est la famille ! On ne va pas inviter 40 personnes.
Un cadeau pour chacune, et ça suffit.
Nous ne sommes pas dans le "matuvu", ce n'est pas dans notre culture.
Je suis RADIN est fier de l'être me dit-il. Nous ne manquons de rien, nous vivons plutôt bien, sans peur du lendemain. Nous connaissons la valeur de l'argent.

Que pourriez-vous dire aux jeunes qui arrivent en Israël ?

Ce que je viens de dire, de mettre de l'argent de côté, toujours, ne pas acheter ce qui est superflu,  des restaurants pour des grandes occasions, oui... sinon on cuisine , on mange à la maison, on invite les amis à la maison, et après on n'a pas peur d'acheter son premier appartement, car on a réussi à se dépasser et on n'a pas peur de payer son crédit ! "

"Selon moi ceux qui ne réussissent pas sont des fainéants ou attendent un miracle. Même si l'on dit que nous sommes dans le pays des miracles il n'empêche qu'il n'y a pas de miracle sans que nous l'ayons nous même provoqué.
Le miracle c'est nous qui le faisons, tous les jours, avec notre travail et aussi savoir saisir les bonnes opportunités. Ne jamais laisser la peur prendre votre place.

"Je suis chauffeur de taxi aujourd'hui, ce taxi n'est pas le mien, ce que je gagne me permet de ne pas toucher à toutes mes économies! "

Prudemment, je m'avance à lui préciser qu'une certaine mafia russe sévit tout de même en Israël 
"Oui je sais ...mais je n'ai jamais eu besoin de la mafia car j'ai toujours travaillé et j'ai toujours eu un bon salaire aujourd'hui j'ai 52 ans je pourrais arrêter de travailler avec les loyers que je perçois mais je continue"

Peut-être que son histoire paraît trop belle pour être vraie, qui peut savoir ce que peut raconter un chauffeur de taxi, mais la vérité à un accent et le fait qu'il ajoute à la fin "maintenant le fisc me tient en me prenant 20% de tout ce que je gagne' confirme d'une certaine façon la probité de son histoire.

L'assurance, la foi en soi,, ne laisser aucune place à la peur est la façon de vivre en Israël.

Je me souviens également de ce que me disait mon cher avocat Maître Johann Habib il y a quelques mois dans un souffle "C'est très dur".
Il y a quelques semaines je le revois et je lui dis vous vous souvenez lorsque vous m'aviez dit que c'était dure la vie en Israël .
il rétorque dans un sourire ", Moi j'ai dit ça ? " et il ajoute en guise d'explication
"La vérité est que j'ai compris qu'il fallait entrer dans la culture israélienne, dans leur façon de penser pour arriver à ses fins et finalement bien s'en sortir. L'erreur que nous faisons, tous sans exception, c'est d'arriver avec notre système de pensée et vouloir l'appliquer ici. Ça ne marche pas."

Tout d'abord il faut parler l'hébreu, pour pouvoir écouter, comprendre, apprendre puis appliquer, c'est un théorème et il fonctionne parfaitement.

Alors, écoutez les chauffeurs de taxi ils vous apprennent les codes de la vie israélienne, c'est passionnant !

 

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