Comment le Dr. Orna Berry, est devenue la première et unique femme scientifique en chef en Israël

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Dr. Orna Berry pose avec certaines de ses récompenses.

DR. ORNA BERRY, PREMIÈRE ET UNIQUE FEMME SCIENTIFIQUE EN CHEF D'ISRAËL

Briser les plafonds de verre et surmonter les obstacles personnels

Dr. Orna Berry est informaticienne , entrepreneure et femme d'affaires. Elle est la première - et jusqu'à présent la seule - chef scientifique. Elle a réalisé de nombreuses premières, accumulant en cours de route de nombreuses récompenses.

Felice Friedson, de Media Line, a interviewé à Orna Berry sur sa vie,  sa carrière,  ce qu'elle a appris au fil de son parcours et de ce qu'elle peut, aujourd'hui, enseigner aux autres, en particulier aux femmes dans les domaines de la science et de l'entrepreneuriat.

Felice Friedson: Dr Orna Berry, vous êtes l'une des pionnières de premier plan qui a eu du mal au fil des ans à façonner le chemin pour les femmes. Était-ce vraiment si difficile?

Orna Berry: Il est très difficile de dire si c'était difficile que pour moi.
Quand les gens sont disposés et compétents, je ne vois pas de problème à continuer. Et je pense que pour ces femmes, nos relations de travail ou notre amitié ont ouvert la voie, elles étaient aussi disposées que je le voulais et, par conséquent,  c'était plus facile, en ce sens, qu'on ne peut d'aider les personnes qui veulent s'aider elles-mêmes.

FF: Les femmes qui sont les premières dans leurs domaines ont encore du mal à gravir les échelons. Si Orna Berry commençait sa carrière en 2019, pensez-vous que cela aurait été plus facile?

OB: Peut-être, mais je ne peux pas en être certaine, car je peux encore voir beaucoup de préjugés et de discriminations vis à vis des femmes, sinon à cause d'autres problèmes tels que des dirigeants dysfonctionnels qui craignent qu'une fois certains problèmes sociaux résolus, ils ne maîtrisent pas les autres. Donc c'est difficile à dire.

FF: Quelles ont été les luttes que vous avez dû affronter et qui ont rendu ce chemin si difficile ?

OB: La lutte était continuelle je peux vous l'assurer: une fois, j'ai pris l'avion d'Ouro Puerto au Brésil avec mes enfants pour me rendre à Sao Paolo et à Iguazu.
À ce moment-là, nous avions des billets avec des bons de réduction et le préposé au guichet a supprimé deux bons de réductions de mes enfants.
Je lui ai dit que ma fille avait moins de trois ans et que, par conséquent, le tarif était différent et qu'elle devait bénéficier du bon de réduction.
Je lui ai dit soit de nous donner deux cartes d'embarquement, soit de me rendre l'un de ses vouchers. Après lui avoir expliqué logiquement, il me regarde et me rétorque : «Toi, tu n'es pas une femme! Les femmes ne parlent pas comme ça! »

En tout cas, il n'a rien voulu savoir. Il a appelé son directeur et je n'ai pas eu à payer le billet de ma fille. Quand nous sommes arrivés à Sao Paolo avant de continuer à Iguazu, même problème cette fois  ils ont appelé au Puerto et nous ont permis de prendre l'avion.
Ils ne m'écoutaient pas, Ils me regardaient. Tu es juste une femme et les femmes n'ont pas de de cerveau et si elle parle et que ça a du sens alors elle ne parle pas comme une femme. Et j'ai beaucoup d'exemples comme celui-ci.

Parfois, j'avais le choix de contourner ces personnes qui ne pouvaient pas intégrer ce que j'étais.
En fait, le choix que j'avais était soit de me minimiser pour rentrer dans leur mode de pensée, de fonctionnement  soit d'aller chercher ailleurs .
Au bout du compte, il y avait suffisamment de personnes intelligentes qui se trouvaient ailleurs sans que j'ai eue besoin de me minimiser et de me conformer à la discrimination.

FF: Si vous pouviez penser à un mot, quel serait ce mot? Quel serait l'obstacle qu'il faut surmonter pour ouvrir la voie à toutes ces femmes qui ont besoin d'être aidée pour progresser. 

OB: Pensez résultats. Ne pensez pas au patrimoine. Ne pensez pas comment c'était avant. Pensez résultats et pensez compétences. Si vous pensez ainsi, vous surmonterez toute forme de discrimination. Il s'agit de préférence sexuelle c'est tout.

FF: Mais si vous définissiez l'obstacle, quel serait ce mot?

OB: L'obstacle est le biais. Les gens vous regardent comme une femme. Ils ne sont pas capables d’examiner le résultat de votre prise de position.

FF: Vous avez chevauché deux mondes, le public et le  privé, vous avez créé la première startup rachetée par un géant européen, Siemens, et vous avez passé une grande partie de votre vie professionnelle au ministère de l'Industrie et du Commerce, en tant que scientifique en chef. Je suppose que vous pourriez dire que vous avez était une pionnière tant dans l’industrie qu'en création d’entreprise?

OB: Je pense que tout d'abord, il y avait déjà des start-ups avant. Mes amis, mes collègues et moi étions des experts en communication de données. La société dans laquelle nous travaillions n'écoutait pas ce que nous disions au sujet des orientations du marché et de ce qui devrait être fait ensuite. Nous nous sommes donc levés et partis. Nous étions cinq.
Et oui, puis je suis allée travailler avec la personne qui est devenue notre président, pour obtenir les fonds initiaux, pour le financement de démarrage. Et puis ils nous ont rejoint un par un.

FF: Quel était le nom de cette compagnie ?

OB: Nous avons quitté Fibronics. J'ai continué à travailler pendant une période intérimaire en tant que consultante chez Intel et chef de projet chez Elbit simultanément. 
Et puis j'ai travaillé avec notre président pour être sur le projet du financement initial, qui venait d'une société de logiciels. Et cette société de logiciels nous a essentiellement fourni le premier demi-million de dollars, fait de nous des employés de cette société jusqu'à ce que le secteur du capital de risque soit créé et que le premier investissement réel vienne du fonds Gemini Israel.

FF: Etes-vous surprise par le nombre de sorties des entreprises israéliennes ?

OB: Je ne suis pas étonnée, car je viens tout juste de terminer un projet national visant à mettre en place une structure de recherche et de développement en sciences et technologies quantiques, en prenant appui sur ce qui existe dans les universités, la défense, l’industrie et les sciences, et en les reliant plus étroitement.

Non pas pour contrôler ce que chacun fait, mais pour les relier plus étroitement, pour accélérer le passage, par exemple, des compétences à l'exécution.

Et quand je vois à quel point notre communauté est petite et quand je vois l'intelligence de beaucoup de gens qui sont vraiment des experts de calibre mondial, je ne suis pas surprise de cela. Je dois dire que c'est un problème de ne pas pouvoir grandir en Israël, et c'est un problème dont tout le monde est au courant. 

Certes, l’Autorité israélienne de l’innovation sait aujourd’hui que nous aurions aimé voir plus de sociétés générer de la croissance et une productivité élevée dans le pays, mais rappelez-vous que la plupart des investissements dans le secteur de la haute technologie proviennent de l’étranger; il existe donc un processus global, étroit et économique d’investissements et de sorties par  le fait que moins d'entreprises sont en croissance, alors ils sortent du pays.

Donc, je ne suis pas surprise par cela. Je pense que lorsque nous atteindrons la maturité, nous pourrons faire plus, mais entre-temps, je suis vraiment heureuse de dire que chaque ordinateur que nous voyons sur chaque bureau et la plupart des téléphones portables que nous voyons contiennent notre technologie, la technologie israélienne. 

FF: Il existe un exode des cerveaux dans ce domaine. Et certains des jeunes vraiment talentueux finissent par aller partout dans le monde, en particulier dans des endroits comme Silicon Valley , Austin, Texas. Pensez-vous qu'ils reviendront en Israël ?

OB: Certains ne reviendront pas parce qu'ils ont une belle vie là-bas. D'autres reviendront parce qu'ils aiment mieux l'engagement social en Israël.
Je dirais que dans le monde global, pour un petit pays qui dépend beaucoup de ses exportations, ces voyages sont parfois très utiles.
Le réseau israélien, en Israël et à l'étranger, est utile et les entreprises se développent de cette façon. Je ne suis pas vraiment concernée. Vous savez la bureaucratie est la bureaucratie. Fermer la société et laisser les ultra-orthodoxes contrôler le ministère de l'Intérieur est une source de préoccupation. Vous m'avez  posé une question sur les femmes. Je veux que l'avenir soit plus libéral que par le  passé pour elles.

FF: D'accord, regardons les avancées du côté des et dans ce domaine en particulier. Le retard n'est toujours pas rattrapé. C'est très, très différent de ce que cela devrait être.

OB: C'est très vrai, mais ce n'est pas seulement sur le lieu de travail. Cela tient beaucoup au fait que les femmes sont toujours éduquées pour être la force et la colonne vertébrale de la famille. Voici un exemple,  j’avais une jeune femme que j’étais en train de mentorer, très talentueuse. Ses parents étaient favorables. Son mari était favorable. Elle a eu beaucoup de succès. Elle a eu un enfant.
Qui pensez vous qui l'a vraiment culpabilisée à ce moment là ? Sa baby-sitter «Tu es une mauvaise mère. Tu ne viens pas assez. Tu n'es pas ça, tu n'es pas ceci … ».
La solution fut donc que son mari gère la baby-sitter jusqu'à ce qu'ils puissent placer l'enfant à l'école maternelle et que la femme reprenne le sourire et soit heureuse. La solution était donc très simple.

Dans ce cas  il ne s'agissait pas de la qualité de la personne; il ne s'agissait pas de ses compétences professionnelles ou de la famille mais, de sa baby-sitter. Une fois l'enfant rentré  l'école maternelle, au revoir la baby-sitter.
Lorsque nous avons essayé de comprendre ,comment se fait- il qu'une personne aussi compétente, appréciée au travail, appréciée à la maison, bien soutenue soit aussi stressée , elle nous a expliqué que son problème n’était ni professionnel, ni un problème de couple ni même un  problème de famille. mais un problème avec sa baby-sitter qui a déclenché le sentiment de culpabilité. Le problème était un conditionnement interne.

FF: Alors, comment vous Orna Berry, avez-vous pu gérer cela en tant que mère avec vos enfants ?

OB: Premièrement, il y a des compromis, mais pour des raisons biologiques - la différence d'âge entre mes enfants est assez importante - mes enfants étaient mes partenaires. Parce que j'étais aussi une mère célibataire pendant de très nombreuses années, Ma fille Yael, qui vit maintenant à Beersheba et qui vient d'avoir 40 ans, a dit que dans notre famille, chacun faisait ce qu'il a de mieux. Je suis très fière que mes enfants ont pu avoir tout ce dont ils avaient besoin pour grandir et aller dans les universités.
S'ils ne m'avaient  pas soutenus durant ma carrière, nous n'aurions pas eus les moyens économiques pour qu'ils soient là où ils sont.

FF: Et lorsque l'on vous a proposé de devenir le poste de chef scientifique, Dr. Berry ,quel a été votre sentiment ?

OB: Quand on m'a proposé le poste de scientifique en chef, j'ai dit que je n'étais pas faites pour ce poste, car je suis une entrepreneure et je n'aime pas les grands systèmes. Mais mon collègue, qui était mon prédécesseur, a joué sur mon sionisme. Alors je lui ai dit qu'il aille parler à mes enfants. Et en effet, il est allé parler à mes enfants. Et mes enfants lui ont répondu  «Si maman t'a envoyé à nous cela veut dire qu'elle est intéressée par ce poste et qu'elle veut juste s'assurer que nous y participons aussi."

FF: Quel âge avaient-ils à ce moment là  ?

OB:  Ma grande fille avait environ 18 ans. Mes enfants aujourd'hui ont pour l'aîné  46 ans, le deuxième 40 ans, le dernier 29 ans.

FF: Vous êtes un exemple en tant que entrepreneure, qui a réussi, qui croit en la reddition, au tissu social de la société. Qu'est-ce qui vous a incité à penser que vous devez aussi vous investir dans le  secteur public ?

OB: Certaines choses ne se passent pas dans la société malgré les bonnes volontés.
Les gens peuvent en vouloir, et beaucoup déclarent même avoir l’intention de le faire, mais ils ne sont pas en mesure de trouver un moyen de le faire.
Tout d’abord, malheureusement, je dois le dire,  je peux faire beaucoup de choses que d’autres ne sont pas capables de faire. Alors je les ai fait.
L'autre chose est que la justice sociale est bien ancrée en moi, qu'il s'agisse de mes gènes mutés ou de mon éducation à la maison. Je ne pense pas que nous puissions tracer une ligne de démarcation claire, car si vous regardez mes avantages et inconvénients, ils sont beaucoup plus proches des avantages et inconvénients de mon père que de ceux de ma mère, ce qui signifie que, à bien des égards, j'ai suivi les traces de mon père. 

Maintenant, mes deux parents étaient attachés à la société, tout comme mes frères, donc peu importe le fait que nous sommes souvent découragés et déçus par la politique actuelle, nous croyons tous être en Israël parce que les juifs ont besoin d'une patrie.

Ma définition de «Juifs» est légèrement différente entre moi et ceux qui pensent que les femmes ne peuvent pas servir à la Knesset.
Mais il est très important que nous croyions tous que nous devons être là pour améliorer la société et que nous consacrons tous beaucoup de temps à faire le bien - chacun dans son domaine de compétence, que ce soit à la périphérie, dans les sciences, que ce soit dans les arts, dans l'économie, dans la justice, peu importe - mais nous sommes tous là pour améliorer Israël.

FF: Votre père, Yoash Tzidon, était lui-même un leader légendaire, l'un des premiers pilotes de chasse, responsable de la planification des armes pour l'armée de l'air. Il a servi à la Knesset. Est-ce qu'il c'est lui qui a fait de vous un chef?

OB: Tout d’abord, il n’a certainement pas fait de moi un leader. Et je vais vous dire pourquoi… Il a vraiment fait un effort pour que mes frères acquièrent des compétences en technologie, ce qu'il n'a pas fait pour moi.
 À un moment donné, alors que j'avais plus de 30 ans, je le lui ai fait part de ma déception et il m'a répondu la chose suivante :
: «Oh, tu te  trompes car que je savais que  tu allais t'en sortir alors que tes frères avaient plus besoin de mon soutien.»
Je pense deux choses. Je pense d’abord que j'étais l’aînée, c’était donc différent. Il était beaucoup moins à la maison quand je grandissais. Il y avait aussi la tradition.

Il pensait vraiment que les garçons devaient être les piliers économiques de leur famille, ce qu'ils sont. Il a oublié le fait que pour moi, c'est pareil. Dans l’autre cas, j’ai certainement beaucoup appris de lui, y compris dans des domaines où je souhaiterais être plus douce que lui.
Aucun de nous n'a besoin de mentir. Je peux tout négocier, mais quand quelqu'un essaie de me mentir ou de voler quelqu'un de plus faible, je ne peux pas  supporter et je vais l'exprimer très, très clairement. Il existe des problèmes de leadership,  mais aussi des styles de leadership qui sont définitivement hérités, que ce soit génétiquement ou socialement.  

FF: En 1948, votre père* était chargé de diriger les convois à destination de Jérusalem.

OB: Il a dirigé des convois à Jérusalem. Il était dans le convoi vers Hadassah avec cette terrible tragédie, avec les infirmières et les médecins brûlés. Le fait était qu'il se trouvait dans la queue du convoi et il a été rappelé à Jérusalem pour une autre mission.
il a accompagné les convois à Jérusalem.

FF: Revenons à votre mère, à t-elle joué un rôle vital dans votre formation?

OB: Ma mère a une double personnalité, car  mon père n'était pas souvent au pays pendant la période où il bâtissait l'armée de l'air israélienne.
De notre point de vue, en son absence, elle était la maîtresse de toute la maison.
Mais,  lorsqu'il revenait à la maison elle n'occupait plus que le poste de commandant en second.
Elle était la colonne vertébrale de la famille. Après le décès de mon père, elle parlait continuellement de lui. Elle est intelligente. Elle travaille vraiment dur. Elle a beaucoup de valeurs. Mais elle se considérait comme le numéro deux. Elle a été numéro un pour de nombreux aspects de sa vie, puis, lorsque mon père revenait à la maison, elle se retirerait. Je n'aimait pas cela et je lui ai dit plusieurs fois.
Elle ne pouvait pas comprendre pourquoi j'étais en colère et je ne pouvais pas comprendre pourquoi elle ne pouvait pas changer, c'était certainement une différence de générations.
Ils avaient une bonne relation, il est donc faux de juger ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, mais à mes yeux, une personne de sa stature devait être numéro un. Vous pouvez avoir deux personnes numéro un dans une famille. Mon père la soutenait entièrement si elle disait quelque chose. Même quand c'était faux, elle était soutenu par lui.

FF: Apparemment, rien ne peut arrêter Orna Berry, même s’il s’agit d’une maladie insidieuse comme le cancer. Il y a plus d'un an, vous avez parlé de TEDx. Vous avez été en mesure de révéler le fait que le médicament que vous prenez régulièrement ne vous a pas été remis dans le panier de services de la sécurité sociale israélienne. Pourquoi?

OB: Il y avait une valeur économique, mais aussi une valeur opérationnelle qui influence l’économie, et également une valeur morale. Maintenant, le panier de la sécurité sociale ne comprendra jamais ce que j'ai, parce que j'ai trois ou quatre types de cancer différents.
Il n'y a même pas un point de référence similaire dans la base de données des National Institutes of Health ou de la FDA, il n'y a donc pas de traitement systémique.

Que voulez vous faire dans de tels cas où vous n'avez pas de données, pas de référence vous devez passer par une une expertise de votre cas et sept experts ont validé le fait que je devais essayer ce traitement.
Pourquoi devrait-il être essayé à un stade précoce? Parce que ça influence l'effet de la chimio à un point que si la chimio est efficace, le cancer devient moins résistant à la chimio et que je vivrai plus longtemps.
La réponse que j'ai reçue n'était que sur l'aspect financier; ce n'est pas prévu dans le panier des dépenses.
Mais il y a souvent des maladies qui ne peuvent pas être - elles n'existent tout simplement pas.  Sauf que en ce qui me concerne,  c'était une situation plus complexe. J'ai décidé d'accepter de faire l'expertise. Et je l'ai accompagné de beaucoup d'autres traitements alternatifs - je fais de l'acupuncture, j'ai changé ma nutrition, ceci est complémentaire au médicament.
La médecine conventionnelle est la clé, et mon médecin m'a opéré.

Quand je suis venue à l'hôpital pour le bilan de santé annuel, Je leur ai demandé de mesurer les autres facteurs afin de savoir s'il y avait d'autres facteurs de risques supplémentaires. Vous ne payez que pour cela et ce n'est pas un coût si important. Mais quand je suis arrivée à la Betouah leumi  ils ne voulaient pas le faire.

Nous avons donc fait ses examens en privé, nous avons montré que cela avait un impact. Ensuite, ils ont dû l'approuver. Je pense que j'ai été refusé trois fois avant d'y aller en personne.
Et ils m'ont demandé: «Pourquoi êtes-vous venue?» J'étais chauve et il faisait chaud. J'ai dit: «Je suis venue parce que mon médecin a écrit que je devais obtenir ce médicament et que vous ne l'avez pas approuvé. Je voulais donc savoir pourquoi ?»
Et ensuite j'ai donné une explication différente, une explication quantitative de la raison qui a semblait plus efficace que tous les autres arguments avancés, et je l'ai obtenu. 

FF: Vous êtes une exception, mais cela a-t-il changé les choses pour les autres?

OB: C'est une  question intéressante. Il y a très peu de personnes qui contractent une des maladies parmi les trois ou quatre, et j'ai écrit une lettre au ministère de la Santé pour leur demander s'ils recommanderaient aux Betouah Leumi de fournir ce traitement aux personnes qui contractent ces maladies. . Ils ne voulaient pas me répondre par écrit. Ils m'ont rappelé et ont dit oui, si une femme est dans votre situation ou similaire et demande le traitement, elle l'aura.

FF: Vous avez certainement gagné votre titre de scientifique en chef.

OB: Oui. Je l'ai certainement gagné. Mais le problème est que je comprends les mathématiques mais pas la biologie, alors ma relation avec le personnel médical est très importante car je reçois une explication et je les pousse à être plus curieux et ne pas se contenter de ce qui est dit, ou fait mais d'aller plus loin.

FF: Cela me ramène aux jeunes, aux jeunes femmes. Dr. Berry, vous êtes une femme très forte et vous avez ouvert la voie aux femmes qui vont diriger. Nous avons parlé de résultats. Quel est le conseil le plus judicieux que vous puissiez donner aux jeunes femmes qui ont beaucoup de mal à briser le prochain plafond de verre?  

OB: Nous avons tous des émotions et une image de soi. Je suggère de se concentrer sur ce que vous voulez vraiment obtenir. Pensez simplement à ce qui vous fera vous sentir bien et quelle est votre mission, puis développez-vous et forcez-vous à devenir moins sensible aux forces destructrices le long du chemin…. Assurez-vous que chaque matin, quand vous vous levez, vous savez où vous allez. Suivez les étapes dans les 24 heures qui suivent. pas à pas, vérifiez chaque jour que vous avez atteint l'objectif fixé du jour.

FF: Quel est votre point d’honneur?

OB: Mes enfants, mes petits-enfants, ma famille. C'est un environnement très heureux. Mes frères et leurs familles. Ma mère est toujours en vie, nous avons donc un "parlement hebdomadaire" chez elle et c'est bien.

FF :  Dr Orna Berry je vous souhaite une bonne santé et encore de belles réussites 

OB: Merci beaucoup.

*Né en 1926 à Yoash Chatto, à Focşani , en Roumanie , Tzidon fit son aliya à la Palestine mandataire en 1941. Il fréquenta l'école de la marine hébraïque au Technion , puis à l'école de guerre aérienne en France . Entre 1944 et 1948, il était membre du Palmach et impliqué dans l'immigration juive illégale d'Égypte et de Chypre entre 1945 et 1947. En plus d'aider les immigrants juifs illégaux dans leurs tentatives de gérer le blocus britannique de la Palestine, Tzidon participait opérations de sabotage contre des navires britanniques à Chypre. [1] Pendant la guerre israélo-arabe de 1948il était un commandant impliqué dans des convois à destination de Jérusalem . Il a ensuite servi en tant que pilote de combat dans l' armée de l'air israélienne avant de devenir pilote d'essai, entraîneur de vol, commandant d'escadron et commandant adjoint de la base aérienne. Il est ensuite devenu chef des systèmes d'armes et de la planification dans l'armée de l'air, avant d'être démobilisé en 1966 [2].

Il a rejoint le Mouvement pour le Grand Israël , puis le parti Tzomet . Il a été élu à la Knesset en 1988 sur la liste Tzomet et a été l'un des instigateurs de la loi qui a conduit à des élections directes pour le Premier ministre . Il a perdu son siège aux élections de 1992 .

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