Comment Blanche Neige et les 7 nains peuvent nous aider pendant le confinement ?de Paul SILLAM

Actualités, Culture, Les Contes, Rendez-vous - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Comment le conte de Blanche Neige peut-il nous aider pendant ce deuxième mois de confinement ? Cette situation d’absence de réponse des experts est inhabituelle pour le genre humain du 21e siècle et c’est en ce sens qu’elle me fait penser au conte de Blanche Neige popularisé par Grimm puis par Walt Disney.

Vous connaissez tous ce conte. Peut-être vous rappelez-vous ce moment palpitant où cette jeune princesse est abandonnée dans la forêt par le chasseur qui n’a pas eu le cran de la tuer ?  Pour moi, c’est à ce moment précis que l’angoisse de Blanche Neige me rappelle celle que nous vivions en ce moment. Ne nous retrouvons pas comme cette princesse abandonnés par notre vie d’avant ?

Dans le conte, ce moment de vide est propice à la rencontre avec les sept nains. Une situation qui ressemble à une rencontre avec soi-même... Voyons comment ce conte peut aider la génération Corona 2020 où toutes nos certitudes nous ont abandonnées ?

Rappelons que notre princesse est une jolie jeune fille. Elle a été éduquée par des tuteurs savants qui devaient lui permettre un jour de devenir reine à son tour. Je dois préciser, à ce stade de mon article, que c’est Walt Disney qui a nommé les nains du conte de Grimm. Vous me permettrez de les faire apparaître un par un. 

Le premier nain que Blanche Neige rencontre est un personnage bruyant à cause de ses séries d’éternuements. La jolie princesse polie lui répète la locution “A vos souhaits, à vos souhaits...”. Cette répétition lui revient comme un boomerang “C’est quoi mes souhaits à moi ? Personne ne me les a jamais demandé !". Blanche Neige se mit à lister ses désirs oubliés dans son existence passée. Atchoum combattrait-il l’oubli de soi ?

Le deuxième est Grincheux… Elle qui ne s’était jamais autorisée à grincher dans son royaume rencontre un grognon. Que ça fait du bien d’oser la mauvaise humeur.

Et si, nous aussi, nous nous amusions à aller chercher les raisons de notre mauvaise humeur. Ne cacherait-elle pas une frustration ? C’est peut être le rôle premier des soutiens psychologique : laisser de la place à nos raz-le-bol pour aller chercher la part de modifiable dans nos vies.  Merci Grincheux !!

La rencontre avec Dormeur est aussi un moment fort dans la nouvelle vie de la princesse. Dans sa vie d’avant, c’était le protocole qui rythmait la vie de Blanche Neige, grâce à Dormeur elle se rend compte qu’elle a un corps qui lui parle. Aujourd’hui, alors que tous les jours ressemblent au dimanche, alors que nos planning sont complètement désorganisés, réapprenons à rester à l’écoute des besoins de notre corps.

Timide a mis du temps à rencontrer Blanche neige.. Ah ça, elle connait la princesse ! Elle qui n’osait rien dire dans sa vie d’avant l'abandon.. “Ah si seulement son père avait pu être timide pour lui laisser un peu de place” se mit-elle à penser devant Timide.  Dans ce moment de confinement familial, Timide nous demanderait-il de temps en temps de disparaître pour permettre de laisser de la place aux nôtres ?

L’arrêt de travail, la pause est propice au développement des idées noires. Joyeux nous montre la beauté des fleurs, du chant des oiseaux et de tout ce que nous offre Dame Nature.  C’est ce que font aussi nos artistes pendant ce confinement, ils arrivent à déposer leur manteau d’angoisse, le temps d'une chanson, pour nous faire partager leur joie. 

Le sixième est Prof… C'était celui avec lequel elle a passé le plus de temps car elle ne comprenait pas bien la différence entre aptitudes et diplômes. Prof lui disait que les diplômes étaient liés au verbe “avoir” alors que les aptitudes revèle notre “être”.

“Ah bon mais alors c’est quoi les qualités d'être ?” lui demanda la belle. Prof lui offrit Le Petit Prince pour l’aider à comprendre comment on peut grandir en mettant de côté le verbe avoir.

Et ajouta “Quand on s'intéresse à nos aptitudes et qu’on les développe, on trouve plus facilement la bonne distance avec chacun des êtres vivants autour de nous. Ni trop près, ni trop loin.” Chacun ne doit-il pas, en ce moment de Coronavirus, trouver la bonne distance avec l’autre ? 

Le dernier personnage Simplay avait une qualité incroyable. C'était le seul à mettre Blanche Neige à l’aise. Grâce à ses questions enfantines, elle osait raconter une histoire, donner du sens aux choses de la vie. Il n’y avait plus de jugement bien ou mal, bon ou mauvais, qui caractérisait sa vie d'avant. Elle se sentait grandir à coté de symplay.

Simplet me rappelle la fonction du psy : aider le patient à trouver ses réponses aux questions les plus incongrues ou difficiles. Par ses interventions, Psy Simplet oblige à faire un pas de côté pour sortir momentanément de sa souffrance en osant donner du sens à son récit.

De part son humilité naturelle, le psy Simplet donne accès à des ressources encore inconnues. Il nous fait devenir philosophe sans faire appel aux penseurs ou aux leçons apprises par l’ancien système ?

La promesse du conte de Blanche Neige est de rencontrer le prince charmant. Pas seulement, ajouterai-je.

Il semblerait que la famille des 7 personnages de petites tailles nous aident à sortir du système d’avant. Rencontrons la, rencontrons nous, pendant ce temps de pause, et offrons une nouvelle définition du fameux "prendre soin de soi" pour faire grandir nos êtres et vivre avec soi et les autres, ensemble, dans un monde plus harmonieux dès qu’il sera débarrassé du coronavirus.

Paul SILLAM

Psychanalyste

 

Président de l’Association CHAAR (Comité psychanalytique Humanitaire d’Aide à l’Autonomie Psychique Retrouvée)

Fondateur avec  Michelle BERGHEIMER de la cellule d’aide et de soutien psychologique au service du divorce religieux du Consistoire de Paris Île de France.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi