Chantons sous l'occupation de André Halimi

Actualités, Antisémitisme/Racisme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Chantons sous l'occupation de André Halimi


AU TEMPS DE LILY MARLENE.-.. par L UCIEN BODARD
Chantons sous l'occupation le film de André Halimi
Une pléiade de talents, des vedettes en tout genre des célébrités parisiennes - pourtant voilà un film terrible - ce film, "Chantons sous l'occupation", qui montre avant tout une fête.
Une fête assez étrange, à la vérité, car elle se célèbre sur les malheurs du temps : l'humiliation de la France, Hitler dans la réédition du wagon de Rethondes, les bottes des soldats allemands frappant le bronze sous l'Arc de Triomphe, les files interminables devant les boutiques vides que ne remplissaient pas les tickets de rationnement, les affiches tragiques qui annonçaient les exécufions de partisans ou d'otages, et cet alibi déguisé en suprême justification, le vieux et dérisoirement digne visage du Maréchal.

"Maréchal, nous voilà", aujourd'hui, c'est presque le leitmotiv d'une opérette, et pourtant, des images fugitives viennent ici sonner le rappel d'une dimension tragique, celle de l'histoire, la Milice les Waffen SS, la fièvre nazie qui gagnait l'esprit d'une minorité de Français, la Gestapo, et l'ombre portée des camps de la mort.

Extraits du film d'André Halimi "Chantons sous l'occupation"

Images fugitives, rapides, comme si elles n'étaient que le fond du décor.
Dans ce pays assommé, traumatisé, la Résistance est encore comme un rêve, la Libération, une chimère.
Et là dessus, le film raconte une fabuleuse Nouba. Deux accusateurs, deux avocats éminents viennent nous parler de cette fête, Me Naud, membre du réseau de résistance "Musée de l'Homme", etMe Weil-Curiel, premier français à s'être rallié au général de Gaulle. Ils ne lui trouvent aucune excuse, et certes pas celles qu'on met en avant, "la force des choses", "l'obligation de vivre"... Je crois qu'ils ont raison.

Voici le Tout Parisss, celui du spectacle, des lettres, du cinéma...

Sa gaieté éclate... Mais ce n'est pas la gaieté romantique du désespoir, c'est celle du laisser aller, de la course. à la meilleure adaptation possible aux pires circonstances, ctest la complaisance enthousiaste pour les pires turpitudes.

Ces joyeux fêtards coudoient les maîtres du marché noir, les dénonciateurs qui travaillent pour les allemands, une faune riche et prospère vivant de la défaite, tous ceux qui ne savaient pas... ou ne voulaient pas savoir.

Les yeux fermés sur la tragédie, ces artistes n'ont éprouvé aucune gêne à déguster les petits fours du souriant M. Abetz. Ils ont su goûter les compliments de M. de Brinon. Ils ont accepté de se rendre et de se produire en Allemagne; ils se sont rués sur les marchés des wagons-lits conduisant à Berlin. Echange de bons procédés, des artistes allemands se rendirent à Paris avec le même empressement.

Les rues sont obscurcies, mais, bien à l'abri, des lumières brillent de tous leurs feux, et ces lumières qui scintillent ce ne sont pas celles des étoiles, mais celles de nos stars.

Inutile de citer leur nom, vous, les verrez dans le film. Ce n'est même pas un réquisitoire, c'est un simple constat.

Le générique de la fin évoque une autre France. Pour moi, le "Chant des partisans" qu'on y entend lui restitue heureusement sa place dans ce film aussi affûté qu'un couperet.....

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi