Celui qui ne tabasse pas sa femme n'est pas un homme déclare un chanteur marocain

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Au Maroc, c’est normal, chacun peut faire ce qu’il veut de sa femme, la frapper, la tuer

Maroc : un chanteur fait l’apologie de la violence contre les femmes et suscite un immense émoi.

« Celui qui ne tabasse pas sa femme n’est pas un homme ». Ces mots qui claquent, telle une gifle cinglante et choquante donnée à l’intégrité de la gent féminine, ont été prononcés le 29 juin dernier par Adil El Miloudi, un chanteur marocain.

Plus de deux mois se sont écoulés depuis que l’artiste qui, semble-t-il, n’est pas à son premier dérapage sexiste, a osé franchir un palier supplémentaire dans l’abjection sur la chaîne ChadaTV, et ce, en toute décomplexion : il a fait l’apologie de la violence faite aux femmes !

Après s’être vanté de « tabasser sa femme » sur le plateau de l’émission Kotbi Night, il a révélé d’un air bravache que cela lui avait valu une garde à vue en Espagne. « Elle a dit aux flics que je ne lui avais rien fait, il m’ont relâché 24 heures après. Au Maroc, c’est normal, chacun peut faire ce qu’il veut de sa femme, la frapper, la tuer », a-t-il fanfaronné sur la petite lucarne cathodique devant des téléspectateurs atterrés.

 Au Maroc, c’est normal, chacun peut faire ce qu’il veut de sa femme, la frapper, la tuer

Au Maroc, c’est normal, chacun peut faire ce qu’il veut de sa femme, la frapper, la tuer

Plus de deux mois sont passés, mais la petite musique grinçante, inaudible du machisme primaire, orgueilleux et brutal qu’a fait entendre Adil El Miloudi, continue de trotter dans la tête de ses concitoyens, dont la vive indignation n’est toujours pas retombée. Et pour cause !

A l’heure où la parole des femmes, victimes de tyrans domestiques et de leur déchaînement de fureur, se libère progressivement, dans toutes les langues, et où la lutte contre les violences subies dans l’intimité des foyers n’est plus un sujet tabou mais pris à bras-le-corps, notamment en France, les propos d’Adil El Miloudi ont une résonance terrifiante, d’un autre âge.

Ils lui reviennent aujourd’hui en pleine face comme un boomerang, alors que des internautes marocains, encore sous le choc, montent au créneau pour exiger qu’il soit traduit en justice, boycotté par les médias et interdit de se produire sur scène. Ils en appellent aussi aux associations défendant les droits des femmes pour qu’elles condamnent publiquement le chanteur qui, en 2019, se fait une gloriole de les bafouer allègrement.

Au Grenelle contre les violences conjugales qui s’est déroulé à Paris, cette semaine, sous l’égide de la ministre Marlène Schiappa, le cas Adil El Miloudi, s’il avait été abordé, aurait été l’illustration effrayante de la banalisation de l’abus de pouvoir au masculin et de ses graves dérives.

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