Artiste juif : Jean-Pierre Lledo, propédeutique israélienne

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Chronique Cinéma, Culture, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Jean-Pierre Lledo : propédeutique israélienne Jean-Pierre Lledo,"Israel, le voyage interdit", 2020, (en salle en France actuellement)

Jean-Pierre Lledo : propédeutique israélienne

Jean-Pierre Lledo,"Israel, le voyage interdit", 2020, (en salle en France actuellement)

Road movie en quatres parties (et quatre film) pleines d'érudition et d'humour, ce "Voyage interdit" va à l'encontre des idées reçues. "La question juive" est présente au delà des préjugés. Le réalisateur lui-même avait d'abord boycotté Israël pendant cinquante ans. Mais grâce à son film l'auteur y déconstruit ses propres idées admises pour reconstruire une autre vision.

Jean-Pierre Lledo était connu jusque là comme cinéaste algérien, marxiste, anti colonialiste, pro-Palestinien et antisioniste. Mais les idées sur son pays se sont écrasés face à l'idéologie algérienne qui réprima sa trilogie introspective. Il comprit que l'idée d’une Algérie indépendante et multi-ethnique, laïque et fraternelle (qui fut celle de son père, Pied Noir d’origine catalane qui avait choisi de rester dans le pays après l'indépendance) avait vécu.

Un tel voyage a donc changé son auteur. Il l'image" entre autres à travers divers "doubles" juifs mais aussi arabes dont Boualem Sansal qui rappelle qu'en Algérie le mot Israël ne doit pas être signifié mais remplacé par diverses "métaphores". En onze heures le film suit plusieurs mouvement de l'ombre à la lumière, du général au particulier. Ce n'est pas un film sur Israël mais une vision subjective : celle d'un regard qui va d'un endroit à l'autre dans une quête de sens.

Le réalisateur a compris l'exception israélienne et sa profondeur démocratique. D'autant plus que son peuple est venu en majorité des pays les plus anti-démocratiques (URSS, pays arabes entre autres). Lledo montre la complexité et le diversité de cette exception politique en une telle region du monde. Lledo s'y fait narrateur pour que jaillissent son refoulé et ses tabous sur Israël.

Lledo y trouve sa place. Et celui qui se voulait algérien découvre enfin en Israël le lieu multi-partitas qu'il a toujours cherché. Il explique la richesse du pays à travers la galerie de portraits - dont un savoureux "rabbin de la pizza" - et de longues (et superbes) séquences paysagères où se construit la réflexion de l'auteur. La et sa vérité sont en marche dans un tel film qui est autant une suite qu'une réponse à "Shoah" de Lanzmann.

jpgp

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi