Procès du gang des barbares: Fofana se mure dans le silence

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ilanh.jpgLe fourgon de gendarmerie arrive au tribunal de Grande Instance de Créteil, le 02 novembre 2010, où l'ancien chef du Gang des barbares, doit être entendu pour la première fois comme témoin par la Cour d'assises des mineurs.

Le fourgon de gendarmerie arrive au tribunal de Grande Instance de Créteil, le 02 novembre 2010, où l'ancien chef du Gang des barbares, doit être entendu pour la première fois comme témoin par la Cour d'assises des mineurs Fred Dufour AFP.

C'était le témoin que tout le monde attendait: condamné à la perpétuité pour le meurtre du jeune juif Ilan Halimi en 2006, Youssouf Fofana s'est muré dans le silence au procès en appel et à huis clos du gang des barbares où il a été interrogé mardi pour la première fois.

Vêtu d'un tee-shirt où était inscrit "Allah Akbar" et où était dessinée une mosquée, Fofana, 30 ans, a refusé de répondre aux questions du président de la Cour d'assises des mineurs, se contentant de lever sa main droite, gantée de noir, ont indiqué plusieurs avocats à l'issue d'une audition qui n'aura duré que quelques minutes.

"A la première question du président, il a mis un gant noir et levé sa main à la manière des Black Panthers et il a refusé de répondre à toute question (...). Il n'a pas même répondu aux questions sur son identité", a déclaré Didier Seban, un des avocats de la défense.
Simple témoin

"Il a gardé le silence", lui a fait écho Francis Szpiner, l'avocat de la famille Halimi. Une nouvelle audition de Youssouf Fofana était prévue mercredi.

Ayant renoncé à faire appel de sa condamnation en juillet 2009, il est cité comme simple témoin à Créteil et ne figure pas dans le box des accusés où 17 de ses complices présumés sont jugés depuis le 25 octobre pour une série d'enlèvements crapuleux.

Lors du premier procès en juillet 2009, Fofana avait reconnu avoir lui-même porté les coups fatals à Ilan Halimi, jeune juif de 23 ans séquestré et torturé pendant trois semaines dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine) en 2006 afin d'extorquer une rançon à sa famille.

Selon Me Seban, le silence de Fofana remet en cause le bien-fondé du procès de Créteil, déjà contesté par des avocats de la défense.
"On ne peut pas le forcer"

Plusieurs d'entre eux accusent la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie d'avoir réclamé et obtenu un procès en appel sous la seule pression des parties civiles qui jugeaient le verdict de première instance trop clément.

Certains ont même cité la ministre comme témoin pour qu'elle vienne s'expliquer devant la Cour.

"Le procès sera totalement tronqué puisque nous ne pourrons pas entendre Youssouf Fofana, entendre ses explications et comprendre le rôle des uns et des autres. C'est un procès qui ne nous paraît pas équitable", a expliqué Me Seban. "On ne peut pas le forcer à parler", a-t-il ajouté.

Avocate d'une des parties civiles, Me Muriel Ouaknine-Melki veut croire qu'"il peut revenir sur sa position et se mettre à parler".

"On a un besoin limité de M. Fofana ", a pour sa part estimé Me Szpiner, selon qui ce silence "n'affecte pas la bonne marche de la justice ni la bonne marche de ce procès".
De nouvelles auditions à venir

"Vous pensez que ce que dit M. Fofana est la vérité révélée devant laquelle il faut se prosterner et que sans lui on ne sait pas ce qui s'est passé?", a-t-il ajouté.

Lors de son procès en 2009, Youssouf Fofana avait déjà multiplié les provocations, laissant éclater un "Allah vaincra!" en pénétrant dans la salle d'audience.

Prié de décliner son identité, il avait ensuite donné pour date et lieu de naissance "le 13 février 2006, à Sainte-Geneviève-des-Bois", en référence au jour et à l'endroit où Ilan Halimi avait été découvert agonisant au bord d'une voie ferrée.

Plus tard dans le procès, il n'avait pas hésité à lancer ses chaussures en direction des parties civiles, en vitupérant contre ses "ennemis", les juifs. Enfin, à l'énoncé du verdict, il avait mimé des applaudissements.

Incarcéré à la prison de la Santé, Youssouf Fofana doit théoriquement être entendu à plusieurs reprises tout au long du mois de novembre.

Le procès, qui doit s'achever le 17 décembre, se tient à huis clos, deux des accusés ayant été mineurs au moment des faits.

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