Photographe juif : August Sander exposition au Mémorial de la Shoah

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Persécutés persécuteurs portrait d'August Sander, exposition au mémorial de la Shoa

 Portraits  d’un humaniste

August Sander, « Persécutés / persécuteurs des Hommes du XXe siècle », Exposition, Mémorial de la Shoah, Paris  du 8  mars  au 15 novembre 2018

August Sander, « père » de la photographie documentaire, a vu, observé et pensé de près l’horreur.
Il l’a cartographié et  radiographier en captant en Allemagne des années 30 puis plus tard les hommes dans la rue ou dans des lieux d’enfermement.
L’exposition sort des photos connues pour montrer le travail de l’artiste et de son fils Eric.

Ce dernier est largement présent dans ces fragments des hommes du XXème siècle.
Sander y oppose les juifs venus dans son studio pour des photos obligatoires et spécifiques d’identité, et les nazis qui s’y rendaient afin de faire des portraits pour leur famille.
Existe implicitement tout un jeu de regard. Les uns de biais - afin de distinguer leur nez et leur oreille-, les autres de face.

Sander montre ainsi – sans besoin de mots - combien dès 1938 les juifs sont déjà partis ailleurs de manière bouleversante. L’artiste suggère qu’ils n’ont plus le droit d’exister face à de jeunes bourreaux qui ont le droit de vivre absolu sur les autres. L’émotion des plus terribles et puissante.

Le Memorial de la Shoah met aussi en lumière les noms des personnages photographiés afin de les humaniser dans uns scénographie certes un peu pesante  mais pédagogique afin d’appuyer l’objectif d’une photographe « qui se couche en pleurs et se réveille en larmes » après la mort de son fils.

masque mortuaire de August Sander

Masque mortuaire de August Sander

Eric Sander est lui même un persécuté dont le masque mortuaire clôt l’exposition. Si bien qu’à travers ses propres images d’homme plus radicalisé que père, il prouve combien la photographie resta vitale. C’était pour lui la seule raison pour continuer à exister.

Ses photos complètent celle de son père.  Expressions et mises en scène montrent un monde tel qu’il fut. Là où dans ce face à  face il n’existe plus de dominants et de dominés qui ne peut que remuer le visiteur.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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