L'histoire des oeuvres volées par les nazis

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objetsvoles.jpgArticle paru dans "Le Monde", le 25/09/08

Le Musée juif de Berlin retrace l'histoire d'oeuvres appartenant à des juifs et accaparées par les nazis

De la spoliation à la restitution, il retrace pour la première fois l'histoire complexe de milliers d'oeuvres, à travers 15 cas concrets.

L'exposition "Pillage et restitution, les biens culturels issus de collections juives de 1933 à nos jours" met en lumière la politique de pillage systématique et tente de raconter le destin des oeuvres après 1945.

Avec de nombreux documents et photos d'époque, l'exposition raconte les victimes et les nombreux profiteurs de ce vol d'Etat, mais s'intéresse également aux efforts consentis par les Alliés après la guerre pour recenser les biens pillés, puis pour retrouver leurs propriétaires ou  héritiers.

Les panneaux explicatifs, installés sur des caisses en bois brut évoquant les emballages utilisés pendant la guerre pour déménager discrètement les oeuvres d'art, soulignent l'extrême diversité des situations.

Parmi les pièces maîtresses de l'exposition figure "Garçon devant deux filles debout et une assise", une toile du peintre expressionniste allemand Otto Mueller. Confisquée en 1935 par la Gestapo lors d'une vente aux enchères organisée par la famille du collectionneur juif allemand Ismar Littmann, elle est exposée deux ans plus tard à Munich en tant qu'oeuvre "dégénérée", puis vendue. Le tableau avait été acheté de bonne foi par une fondation qui l'exposait dans un petit musée allemand. Les héritiers d'Ismar Littmann ne sont parvenus à faire valoir leurs droits et à obtenir une indemnisation qu'à la fin des années 1990.

"Notre but n'était pas de prendre parti, souligne le directeur du Musée juif de Berlin, l'Américano-Allemand W.Michael Blumenthal. Nous avons voulu nous en tenir aux faits, tenter de présenter avec objectivité l'Histoire et la situation  actuelle", ajoute M. Blumenthal.

Il est impossible de chiffrer précisément la quantité d'oeuvres d'art qui pourraient encore à l'avenir faire l'objet d'une contestation en  raison d'un éventuel passé mouvementé sous le nazisme, estime Inka Bertz, l'une des commissaires de l'exposition berlinoise.

Le fait est que, ces dernières années, les cas de contentieux  juridiques se sont multipliés. Ainsi en 2006, une toile de l'expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner, qui pendant des années avait été le fleuron d'un  petit musée berlinois, a finalement été restituée aux héritiers de son ancien  propriétaire juif. Ils en ont obtenu 38 millions de dollars aux enchères à New York.

L'affaire avait défrayé la chronique, certains acteurs du milieu culturel allemand accusant les maisons d'enchères d'être à l'origine de ces procédures judiciaires, dans le but selon eux d'empocher de juteuses commissions en cas de succès.

Face à la complexité du problème, les auteurs de l'exposition berlinoise se gardent de trancher. En guise d'épilogue, ils proposent au visiteur de prendre part à un jeu de rôle multimédia, où il peut se mettre à la place, au choix, de l'héritier spolié ou du directeur de musée confronté à une réclamation. "A leur place, que décideriez-vous?" interrogent les auteurs du jeu.

Le site du Musée juif de Berlin
Jusqu'au 25 janvier

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