Ils ont vu Auschwitz et ne l'oublieront pas

Antisémitisme/Racisme - le - par .
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Article paru "Maville",le 31/03/08

L'ambiance est lourde, l'atmosphère empreinte d'émotion, le discours captif et l'attention palpable. C'est à Auschwitz-Birkenau, que trois cents lycéens de la région viennent de passer une journée d'étude. Une journée qu'ils n'oublieront jamais.

Même avec un ciel bleu et un rayon de soleil, il règne ici un air pas comme les autres. Comme si toutes les atrocités proférées dans ce petit coin paisible de Pologne étaient restées gravées à jamais dans la terre, la pierre, les arbres et le ciel.

Pour témoigner

On ne vient pas ici en visite, ni même en pèlerinage. On vient ici -sinon pour tenter de comprendre l'incroyable-, au moins pour voir de ses yeux tout ce que l'être humain est à la fois capable de faire et d'endurer, pour se confronter au summum de l'horreur, mais aussi pour pouvoir témoigner de la folie des hommes.

Auschwitz-Birkenau, deux noms qui ont le goût de la mort. Une énorme « usine à tuer » créée par les Nazis au cours de la seconde Guerre mondiale, avec pour objectif d'exterminer les juifs et tous ceux que les Nazis ne jugeaient pas dignes de vivre. Une machine à détruire, à humilier, à faire souffrir, une machine qui n'aurait jamais dû exister.

De leurs yeux

Mercredi et jeudi, pour la troisième année consécutive, la région des Pays de la Loire en collaboration avec le rectorat de Nantes et le Mémorial de la Shoah a invité 300 lycéens de la région à se déplacer dans la banlieue de Cracovie. Tous, depuis le début de l'année, travaillent sur la Shoah, sur la déportation, l'antisémitisme ou la solution finale.

Mais en foulant de leurs pieds cette terre ou plus de 60 ans plus tôt l'histoire s'est écrite, en respirant l'air de ces lieux qui étreint les poumons, en voyant de leurs yeux tous les vestiges de ce douloureux passé mais aussi en écoutant les guides et les témoins, ils ont compris que derrière les livres d'histoire, au-delà des films et des documentaires, il y avait aussi ces camps, bien réels, sordides, monstrueux.

« Nos témoins »

« On ne sort pas indemne d'un tel voyage », résumait jeudi soir une jeune lycéenne de Beaupréau. C'est vrai. « C'est parce que vous serez nos porte-parole d'ici peu qu'il est important que vous soyez venus », leur a dit Charles Zelty, déporté à Auschwitz le 27 mars 1944. Un fabuleux témoin qui les a accompagné toute la journée pour leur parler du quotidien des camps de concentration, de ce qu'il a vécu.

« Lorsque nous serons plus là pour témoigner de la réalité des camps, les négationnistes vont se précipiter », a ajouté Ginette Kolinka, elle aussi déportée le 13 avril 1944. Cette jeune juive de 19 ans qui a échappé par miracle aux chambres à gaz de Birkenau, témoigne, depuis, pour la mémoire, avec lucidité, humanisme et courage.

Six millions de morts

A Auschwitz-Birkenau, plus d'un million de juifs de toute l'Europe ont été gazés puis brûlés, les femmes et les enfants d'abord. Avec pour seul et unique raison que d'être juif. Les tziganes, les communistes, les résistants, internés en ces lieux ont aussi souffert, souvent jusqu'à la mort. Humiliés, asservis, battus, torturés, physiquement et moralement, nombre d'entre-eux n'ont jamais retrouvé la liberté.

Au total, ce sont 6 millions de personnes qui ont été exterminées dans les camps, au nom d'une simple idéologie et par la folie des hommes. Entretenus par les Polonais, restaurés, les camps d'Auschwitz et de Birkenau sont là pour témoigner de ce que l'homme est capable de faire, mais aussi pour qu'une telle barbarie ne se reproduise plus.

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