Artiste juif : l'anthroposcène inquiétante de David Kutz

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DUMBO Iconic View, Brooklyn, NY; October 2018;  40°42'11.19"N    73°59'22.81"W

Le paysage est une partie majeures de la photographie. Kutz se la réapproprie en ses prises et ses montages narratifs. Le nom même de la série - "Cultural Landscapes"- est d'ailleurs issu de la géographie.

Otto Schlüter l'introduit dès 1908 en Allemagne. Elle est reprise plus tard par un autre géographe (américain) Carl O. Sauer pour définir combien il existe dans tout paysage des traces qui ne sont pas uniquement celles de la nature mais du lien qui unit un regard à son époque.

L'anthroposcène inquiétante de David Kutz

L'anthroposcène inquiétante de David Kutz

Toute représentation physique du paysage est en effet induite par les modifications humaines et ce qu'une culture ambiante ou officielle en retient ("Meurtre dans un jardin anglais" de Peter Gtreenaway le soulignait déjà).

Si bien que très vite les théoriciens de divers champs ont retenus dans tous paysages les aspects anthropomorphiques en prouvant que la nature y disparaît.

Et ce plus que jamais dans l'Anthroposcène que Kutz propose - en particulier en ses grands panoptiques. L'artiste y annonce la future obsolecence du monde mais de manière originale plus ludique que catastrophique. Le photographe montre comment le monde se transforme dans son "miroir" et les narrations qu'elles renvoient loin des bruissement d'elfes.

La photographe ne se contente pas de donner avoir "du" réel mais illustre comment il s'étend dans une coexistence entre ce qui est et qui n'est pas encore. A sa manière David Kutz, sortant des écoles américaines du paysage, change de focale. Il offre des lieux repérables mais qui deviennent des non-lieux dans ce qui devient pour reprendre Marc Augé une "anthropologie de la supermodernité".

A cheval entre le réel et le virtuel, entre aussi l'existant et ce qui est en passe de disparaître avant une sorte de précipitation dans le chaos, Kutz croit encore à la beauté pour sauver notre monde. Il le saisit dans sa banalité mais selon une position particulière dans l'histoire de l'humanité et ses repères iconiques. Une émotion s'étend dans cette sorte de quasi science-fiction mais où les être imaginaires sont remplacés par les pauvres acteurs - ou victimes consentantes - que nous sommes.

David Kutz, "culural Landscapes", Soho Photo Gallery, New-York, janvier 2019

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