Agression antisémite de trois jeunes juifs à Paris

Antisémitisme/Racisme - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

bernheim.jpgPARIS ,le 08/09/08 - "Il y a de grandes chances" que l'agression dont ont été victimes samedi trois jeunes juifs, dans le XIXe arrondissement de Paris, ait un caractère antisémite, a affirmé dimanche le directeur de cabinet du préfet de police de Paris.

"Les trois jeunes portaient des kippas. Il y a de grandes chances" que l'antisémitisme soit le motif de l'agression, a répondu Christian Lambert à une question d'un journaliste, au cours d'une conférence de presse organisée à la mairie du XIXe arrondissement.

Selon une source policière, les trois jeunes, âgés de 17 à 18 ans, agressés par un groupe de 6 ou 7 personnes se sont vus notifier trois à quatre jours d'ITT (incapacité totale de travail).

Présent à la conférence de presse, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a une nouvelle fois estimé que l'agression était "incontestablement antisémite", se demandant "comment une agression ne serait pas antisémite" quand "ceux à qui l'on jette des pierres portent une kippa" et que d'autres qui n'en portent pas sont laissés en paix.

Il a dénoncé, "dans cet arrondissement, un problème de vie au quotidien, pourrie par des insultes, des incivilités" qui "témoignent de la profondeur des préjugés antisémites".

Même si cela ne concerne qu'une "partie des jeunes", les "familles en ont assez et envisagent de quitter l'arrondissement", a-t-il affirmé.

"On n'a plus de sentiment de bien-être, on n'a plus envie de se promener", a témoigné le père d'une des victimes. "On a envie de vivre tranquille. On travaille, nos enfants font des études, on demande que les autres fassent pareil (...) A force de nous pousser à bout, nos jeunes en ont marre aussi", a-t-il ajouté.

Le maire du XIXe arrondissement, Roger Madec, a reconnu qu'il y avait dans son arrondissement "plus de difficultés que dans d'autres où la population est moins mélangée", mais a estimé qu'on pouvait y "vivre ensemble".

Il a souhaité que "cette tradition perdure" et qu'il "conserve son visage divers et varié".

L'élu socialiste a appelé à un "sursaut de solidarité" et à ce que le "dialogue intervienne" car "si les auteurs d'agressions relèvent des forces de police", "on ne peut pas mettre un policier derrière chaque habitant". Il a suggéré l'organisation de débats dans les écoles et collèges de l'académie de Paris.

Christian Lambert a souligné pour sa part que le dispositif policier "avait été considérablement renforcé depuis plusieurs mois", notamment suite à l'agression dont avait été victime Ruddy, un jeune juif de 17 ans, roué de coups le 21 juin, près du square Petit.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi