Affaire PSG: la justice épargne le policier, vise les supporters

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         Affaire PSG: la justice épargne le policier, vise les supporters

PARIS - Le policier qui a tué un supporter du PSG après une agression raciste jeudi près du Parc des Princes bénéficiera du statut de "témoin assisté", a décidé samedi un juge d'instruction.

Le magistrat Henir Pons, qui a entendu Antoine Granomort à l'issue d'une journée et demi de garde à vue à l'Inspection générale des services (IGS, la "police des polices), a décidé de ne pas le mettre en examen, a déclaré une source proche du dossier.

L'information judiciaire pour "coups volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et violences avec armes" se poursuit.

Antoine Granomort, en poste à la police des transports, ne sera pas suspendu judiciairement et si les investigations n'apportent pas de charge nouvelle, il ne sera pas jugé.

Le juge, qui a suivi les réquisitions du parquet, s'est appuyé sur un article du code pénal qui prévoit qu'une action en légitime défense, hypothèse retenue à ce stade de la procédure, exonère le policier de toute responsabilité pénale.

La procédure visera également les violences commises contre le policier et le jeune supporter de l'Hapoël Tel Aviv qu'il protégeait.

Selon des témoignages concordants, Antoine Granomort, d'origine antillaise, a ouvert le feu une seule fois pour protéger un supporter français du club israélien, Yanniv Hazout, poursuivi par une centaine de fans du club parisien hurlant des injures racistes et antisémites.

Selon les premières constatations, c'est la même balle qui a tué Julien Quemener, 25 ans, atteint au coeur, après avoir blessé Mounir Bouchaer, 26 ans, dont le poumon a été transpercé. Ce dernier a été hospitalisé et sa vie n'est pas en danger.

UN SUPPORTER POURSUIVI

Le parquet a décidé par ailleurs de poursuivre dans le cadre de cette même information judiciaire les faits concernant l'agression raciste, qualifiés de "violences en réunion contre agent de la force publique avec la circonstance que ces faits ont été commis en raison de l'appartenance de la victime à une race, une ethnie, une religion déterminée".

Aucun suspect n'a encore pu être identifié mais les enquêteurs vont tenter de remonter la piste par des interrogatoires et espèrent mettre à profit les enregistrements vidéo amateurs qui circulent sur internet.

Par ailleurs, une seconde information judiciaire a été ouverte sur les violences commises autour du Parc des Princes durant toute la soirée de jeudi, avant et après l'épisode impliquant le policier.

Dans ce cadre, un supporter du PSG devait être présenté à un juge d'instruction samedi soir en vue de sa mise en examen pour "violences sur agent de la force publique, dégradation de biens public et privés, violences en réunion".

La justice a aussi retenu le racisme avec la circonstance aggravante "que ces faits ont été commis en raison de l'appartenance de la victime à une race, une ethnie, une religion déterminée".

Selon des témoins, des supporters du PSG avaient engagé dès la fin du match perdu 2-4 par leur équipe une "chasse" aux supporters de Tel-Aviv, sans cacher leurs buts antisémites.

Après la mort de Julien Quemener, ils ont dévasté la façade du restaurant McDonald de la porte de Saint-Cloud où s'étaient retranchés le policier et le supporter qu'il protégeait.

Enfin, deux autres supporters du PSG dont l'implication dans ces violences n'a pu être démontrée, seront convoqués à une date ultérieure devant un tribunal correctionnel de Paris pour y être jugés pour "outrages à agent de la force publique".

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