Antisémitisme: la demi-sœur d’Anne Frank se révolte contre les contenus négationnistes sur Facebook

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Eva Schloss, survivante d'Auschwitz et demi-sœur d'Anne Frank, lors d'un discours devant les médias en Californie, le 7 mars 2019. (archives)

Facebook: la demi-sœur d’Anne Frank lance une campagne contre les contenus négationnistes

Neuf survivants de l’holocauste ont demandé  à Mark Zuckerberg, fondateur et directeur de Facebook, de retirer du réseau social les contenus négationnistes. Parmi eux figure Eva Schloss, demi-sœur d’Anne Frank, aujourd’hui âgée de 91 ans.

Les rescapés témoignent dans une vidéo mise en ligne sur le plus grand réseau social au monde. Elle a été réalisée en partenariat avec la Claims Conference, organisation créée en 1951 notamment pour œuvrer à la récupération de biens spoliés.

«Quand des gens disent en ligne que l’holocauste n’a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n’ont pas été assassinés par les nazis.»

LEA EVRON, SURVIVANTE.

D’origine polonaise, Lea Evron a échappé aux camps d’extermination de même que sa mère, lorsque son père et sa sœur ont été déportés, en 1943. «Quand des gens disent en ligne que l’holocauste n’a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n’ont pas été assassinés par les nazis», explique la survivante de 85 ans.

Négationnisme pas interdit

Dans un document publié au début juillet, l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti Defamation League (ADL) a donné plusieurs exemples de groupes Facebook au sein desquels des usagers mettaient ouvertement en doute l’existence de l’holocauste ou son étendue.

Parmi eux le groupe CODOH ou «comité pour un débat ouvert sur l’holocauste», où étaient encore visibles mercredi des messages niant que le génocide des juifs d’Europe a bien eu lieu durant la seconde guerre mondiale.

Aux Etats-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi et la jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la constitution, qui garantit la liberté d’expression. Dans de nombreux Etats européens, en revanche, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales.

En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu’il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook.

Sollicité par l’AFP, Facebook a indiqué qu’il supprimait tout contenu qui «défendait» l’holocauste, «essayait de le justifier», «accusait les victimes de mentir» ou incitait à la haine ou la violence contre les juifs. Mais la plate-forme ne retire pas du contenu «uniquement parce qu’il est faux», a précisé un porte-parole, et ne supprime donc pas les contenus négationnistes.

 

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