Antisémitisme : inscriptions antisémites sur la maison de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une victime de Merah

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tags antisémite sur les murs de la maison d'une des mères des victimes de Merah

« C’est bientôt ton tour », clament les inscriptions peintes en noir sur la maison de Latifa Ibn Ziaten.

« Juif. Bientôt mort », « C’est bientôt à toi ! », « Vive Merah ». Ces menaces prosélytes et antisémites, truffées de fautes d’orthographe, ont été découvertes ce lundi matin sur les murs de la maison de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une des victimes de Mohamed Merah. Imad Ibn Ziaten avait été le premier des trois soldats que le terroriste avait tués à Toulouse le 11 mars 2012 avant de s’en prendre à une école juive. Depuis, cette femme d’origine marocaine sillonne les écoles, les centres sociaux et les prisons, pour lutter contre le développement de la haine et des extrémismes chez les jeunes.

Tags antisémites sur la maison d'une des mères des victimes de merah

Tags antisémites sur la maison d'une des mères des victimes de merah

« En me réveillant ce matin, c’est sous le choc que j’ai découvert ces tags sur les murs de ma maison. Une nouvelle fois, je suis prise pour cible. J’ai déposé plainte. J’espère que les coupables seront retrouvés et punis de leurs actes haineux », a-t-elle écrit sur Twitter. La police est venue constater les faits dans la matinée dans la banlieue de Rouen (Seine-Maritime).

Me Méhana Mouhou, l’avocat de Latifa ibn Ziaten et de sa famille, a porté plainte pour menaces de mort, dégradations aggravées et apologie du terrorisme. Selon lui, des menaces de mort avaient déjà été laissées sur le répondeur de l’association il y a deux ans; ce message vocal de 7 minutes avait été conservé. « Je demande au ministère de l’Intérieur le renforcement de sa protection dans tous ses déplacements, en France et à l’étranger », indique encore au Parisien Me Mouhou.

Ces tags, c’est un peu la genèse de l’engagement de Latifa Ibn Ziaten. Après la mort de son fils, la mère de famille, aujourd’hui âgée de 59 ans, se rend aux Izards, la cité toulousaine où avait grandi Merah, pour tenter de comprendre comment il avait pu abattre sept personnes au nom de sa vision radicale de l’Islam. Un groupe d’adolescents, ignorant qui elle est, lui parle du terroriste comme d’« un héros, un martyr de l’islam ». Elle décide alors de s’engager pour prôner le « vivre ensemble ».

« Courage, le chemin de l’amour dérange toujours ceux qui cherchent à diviser », a réagi le chanteur Christophe Willem, parrain de son association avec Jamel Debbouze et qui lui a dédié une chanson, « Madame ».

Après s’être entretenu au téléphone avec elle, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est dit « indigné par les menaces et messages de haine ». « Je viens de m’entretenir avec elle pour lui dire mon soutien et ma détermination à ce que les auteurs de cette infamie répondent de leurs actes devant la justice », a-t-il écrit sur Twitter.

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