Alyahstory: Le poids du mot "monter" par Bernard Zanzouri

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En retouchant cette semaine le plan de mon bouquin sur les adolescents, je me suis rendu compte, une fois de plus, de l'impact des mots et autres verbes employés au quotidien sur la coloration définitive de nos trames éducatives. Plus simplement, ma façon de parler à mon enfant représente non seulement un contenu pédagogique précis - amplifié par l'impact de ma diction et par le débit de mon propos - mais donne aussi à ces jeunes une direction et des points de repère cardinaux qui éclairent leur avenir.


Le monde a été créé par des paroles, ne l'oublions pas. L'intérieur de l'enfant, c'est le petit secret du jour, se construit mot à mot. Vedibarta bam, nous ordonne le Chema Israël, "tu parleras en eux".


Lors de ma tournée en France la semaine dernière, un ado me confiait que ses parents et lui même "partiraient" en Israël en juillet prochain.
J'ai sursauté. Le verbe était erroné. On part en Australie ou on émigre aux États-Unis si bon nous semble.


Et sur le pont d'Avignon, on y danse.


Mais Israël c'est différent: Israël on y monte.


L'alya n'est pas une émigration. Pas un simple retour à la maison non plus. Pas seulement la dernière phrase du Seder, celle qui nous remplit de fierté. Pas uniquement le lekh lekha, cette seule façon "d'aller à la rencontre de nous même".


L'alya est une montée. Une véritable élévation. Un passage dans une dimension autre. Une mutation.


La véritable justification de l'alya et plus encore pour nos enfants, c'est de leur expliquer que monter en Israël est un mérite. Une récompense. Le prix Nobel de ta vie de juif. Pour celui qui ne comprend pas ça, celui qui "part" en Israël ou pire, qui "fuit" vers Israël, cette dimension restera à jamais cachée.


Faire l'armée deviendra "une galère",
trouver du boulot sera un "cauchemar", chercher une bonne école pour ses ados se changera en "parcours du combattant"; le tout sur un fond de conflit israélo-arabe violent qui vous fera trembler.


Mais quand on entame sa montée, le passage à l'étage, au niveau au dessus, on inverse aussi le sens de son regard. Ce qu'on regardait de bas en haut et qui semblait immense, insurmontable, on va le voir désormais depuis le haut vers le bas. Une vue d'ensemble qui va nous permettre de distinguer, en parallèle de notre construction personnelle, le chantier enfin renouvelé de notre identité nationale.
Et c'est un plaisir quotidien.


Dans lequel la pluie est une bénédiction. Une nouvelle route, le miracle du retour d'Israël.
Et le sourire de notre enfant, la victoire de la lumière sur l'obscurité.

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